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L'Usine Auto

Carlos Ghosn se résout à déléguer

Frédéric Parisot , , , ,

Publié le

Carlos Ghosn se résout à déléguer
Le PDG de Renault-Nissan devra redresser Mitsubishi, dont il prend la présidence du conseil d’administration. Une lourde tâche qui l’oblige à nommer un co-PDG chez Nissan.

Trois casquettes de PDG, c’était une de trop. Jeudi 20 octobre, Nissan officialisait le rachat, pour 2,1 milliards d’euros, de 34 % des parts de Mitsubishi. Chez ce dernier, l’arrivée de Carlos Ghosn est une bonne nouvelle : le patron y est vu comme l’homme à poigne qui a su redresser Renault en 1997, puis Nissan en 2000. Sitôt le contrat signé, l’actuel PDG de Renault et de Nissan a annoncé qu’il n’occuperait pas de fonctions opérationnelles chez Mitsubishi. Une décision inédite, tant Carlos Ghosn mettait jusqu’ici un point d’honneur à cumuler les fonctions de président et de directeur général. Il s’était d’ailleurs fait connaître du grand public, en 2005, en devenant le premier homme à occuper deux postes de PDG dans deux grands groupes mondiaux. Ces deux fonctions de PDG, il les a défendues bec et ongles, au point d’écarter tous ses potentiels successeurs.

De nombreux « numéros 2 » ont été évincés ces dernières années, notamment l’ancien directeur général de Renault, Patrick Pélata, l’ancien vice-président exécutif de Nissan, Andy Palmer, ou, bien sûr, l’ancien directeur général délégué, Carlos Tavares. Mais avec un groupe automobile désormais à trois têtes, le serial PDG n’a plus d’autres choix que de déléguer. C’est la raison pour laquelle il se contentera du rôle de président du conseil d’administration de Mitsubishi. L’actuel PDG, Osamu Masuko, remplira désormais les fonctions de directeur général. C’est à lui que reviendra la tâche de générer des synergies avec Nissan, avec un objectif de 220 millions d’euros d’économies en 2017.

Carlos Ghosn prend toutefois à cœur sa troisième casquette chez Mitsubishi. Il sait qu’il doit s’attaquer à un lourd chantier : redorer l’image du groupe, salie par un scandale de falsification de données de consommation de carburant, révélé en mai. Aussi a-t-il décidé de se dégager d’une partie de ses responsabilités chez Nissan, en élevant l’un des rares numéros 2 restants, Hiroto Saikawa, l’actuel vice-président, au poste de co-PDG. Pour Carlos Ghosn, c’est donc la fin de l’époque où il pouvait régner seul sur Renault et Nissan. C’était cependant une décision nécessaire pour mener l’alliance vers la troisième place mondiale dans le classement des constructeurs. En effet, avec les ventes de Mitsubishi, le nouveau groupe se rapproche des dix millions de véhicules vendus, et vient tutoyer les trois leaders actuels que sont Toyota, Volkswagen et General Motors.

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