Carlos Ghosn, le PDG de Renault, souhaite un nouvel accord de compétitivité pour 2017-2019

Le PDG de Renault Carlos Ghosn a annoncé la création d’un second accord de compétitivité courant 2016. Le précédent accord, signé en 2013, avait assuré le maintien de l’activité du groupe en France, mais n’avait pas résolu pour autant tous les problèmes. La question de l’intérim et l’avenir des sites de mécanique devraient être au centre des débats.

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Carlos Ghosn, le PDG de Renault, souhaite un nouvel accord de compétitivité pour 2017-2019


Carlos Ghosn - Crédits Renault

Ce mercredi 17 février, Carlos Ghosn a affirmé devant l’Assemblée Nationale sa volonté de renouveler l’accord de compétitivité conclu en 2013 entre Renault et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, FO). Le PDG de Renault s’appuie sur les résultats du premier accord, qui couvrait sur la période 2013-2016, pour justifier le recours à un second accord pour 2017-2019.

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Pour rappel, l’accord de 2013 proposait une augmentation du temps de travail et un gel des salaires, en contrepartie du maintien de tous les sites français et d’une augmentation de leur taux de charge. Missions accomplie du côté des usines : aucun site n’a fermé, le taux de charge moyen est repassé au-dessus des 50 %, et l’objectif de 710 00 véhicules produits en France en 2016 est pratiquement atteint. "En termes de volumes comme de taux de charge, Renault a progressé davantage que PSA sur les trois dernières années", confirme Jamel Taganza, directeur commercial et marketing de cabinet Inovev, spécialiste des données de production automobile.

Le progrès est également reconnu par les représentants syndicaux. "Avant l’accord de compétitivité, les sites de Flins et de Maubeuge étaient sur la sellette, nous les avons sauvé tous les deux, donc nous ne regrettons pas d’avoir signé", estime Franck Daoût, délégué syndical central CFDT de Renault.

Peut-on encore parler de compétitivité ?

Toutefois, les députés s’interrogent aujourd’hui sur la pertinence de lancer un nouvel accord alors que le groupe Renault vient d’afficher des résultats en nette progression, avec notamment un bénéfice en hausse de 48,1 % à 2,96 milliards d’euros. Pour Christophe Castaner, député PS des Alpes-de-Haute-Provence, le terme accord de compétitivité ne se conçoit qu’en réaction à des difficultés conjoncturelles.

Certes, le mot accord de compétitivité correspond mal à la période. Il n’est plus question aujourd’hui de sauver l’avenir du groupe en France, mais de pérenniser les métamorphoses qui ont eu lieu dans le paysage industriel français de Renault. Rappelons que le plan a conduit à l’arrivée de véhicules non-badgés Renault dans les usines (plusieurs modèles de Nissan, Opel et Mercedes sont désormais assemblés en France), et aussi à une spécialisation plus nette des sites (les sites de véhicules utilitaires ne font plus que de l’utilitaire, idem pour les sites de véhicules particuliers).

Les questions ne manquent pas

Plutôt que de jouer sur les mots, la question à se poser, c’est : Renault a-t-il besoin d’un nouveau plan ? Carlos Ghosn y trouve un intérêt évident. Il a affirmé souhaiter "des engagements de part et d’autre […] qui garantissent une paix sociale". Les syndicats, quant à eux, voient d’un bon œil le fait d’engager de nouvelles négociations, car malgré les avancées obtenues en 2013, des questions restent sans réponse.

La question de l’intérim devrait sans nul doute se retrouver au cœur des débats. "Le taux d’intérimaires a explosé sur certains sites, comme Douai, Flins et Cléon, et cela pose des problèmes dans certains secteurs, commente Franck Daoût. Nous avons des difficultés à remplir les exigences en matière de qualité, et les reprises en fin de lignes augmentent."

Enfin, il y aura aussi la question de l’avenir des sites de mécanique. Rappelons que Renault ne fait pas qu’assembler des véhicules en France : plusieurs sites sont spécialisés dans les moteurs, les boîtes de vitesses ou encore les éléments de châssis. La stratégie de la direction concernant ces sites serait moins claire, selon les syndicats.

L’avenir de l’usine de Villeurbanne, un site d’usinage qui réalise des éléments de suspension et de direction, est particulièrement incertain. Le site était protégé jusqu’en 2016, mais Carlos Ghosn a d’ores et déjà demandé aux responsables du site de faire des propositions pour l’après 2016.

On le voit, même si Renault a retrouvé la présence industrielle française et la solidité financière qui lui faisaient défaut en 2013, les sujets ne manqueront pas dans les négociations en vue d'un nouvel accord 2017-2019…

Frédéric Parisot

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