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L'Usine Auto

Carlos Ghosn, le grand architecte de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi

Julie Thoin-Bousquié , , ,

Publié le

Carlos Ghosn a quitté son poste de patron de Nissan le 1er avril, laissant la place à un de ses fidèles au sein du constructeur japonais. 

Carlos Ghosn, le grand architecte de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi
Carlos Ghosn reste le PDG de Renault, et président de Nissan et Mitsubishi.
© Charles Platiau / Reuters

La date a-t-elle été choisie au hasard? Le 27 mars 1999, Renault signait avec son allié japonais Nissan leur fameux partenariat stratégique… Dans la foulée, un certain Carlos Ghosn devenait chef des opérations de Nissan. Dix-huit ans plus tard, presque jour pour jour, le même Carlos Ghosn, qui a depuis contribué à créer un des plus grands ensembles de l’automobile aux côtés des géants Toyota et Volkswagen, a officiellement lâché la direction exécutive du constructeur japonais.

Depuis le 1er avril, c’est en effet son dauphin Hiroto Saikawa qui le remplace aux commandes. Son prédécesseur reste toutefois à la tête du conseil d’administration de Nissan, pour "continuer de superviser et de guider l’entreprise de façon indépendante et au sein de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi", a-t-il expliqué dans un communiqué en date de février. Mais pour l’Alliance comme pour Carlos Ghosn, cette évolution constitue un délicat tournant, tant le patron de Renault a su s’imposer comme chef incontournable du groupe au fil des années.

Populaire au Japon

Arrivé en pleine crise chez Nissan, en perte depuis sept ans, Carlos Ghosn honore en 1999 la réputation de "cost killer" ("tueur de coûts" en français) qui l’a précédée. Avec son plan "Nissan Revival", le nouveau patron du groupe japonais supprime 21 000 postes, ferme cinq usines… Et assure le redressement spectaculaire du constructeur au bout de deux ans. Le groupe écoule désormais près de 5,6 millions de véhicules, permettant à l’Alliance avec Renault de tutoyer les 10 millions de véhicules vendus à travers le monde. Un seuil que le groupe devrait finir par atteindre du fait notamment des positions très solides de Nissan aux Etats-Unis, et surtout en Chine.

Au total, malgré la violence du choc opéré sur Nissan, la popularité de Carlos Ghosn grimpe en flèche au Japon. En 2001, Carlos Ghosn est ainsi intronisé PDG de Nissan, un fait rare au Japon pour un étranger. Pas de quoi rassasier toutefois l’appétit du chef d’entreprise, qui s’arroge la direction de Renault en 2005. Il devient ainsi le premier PDG à occuper cette fonction dans deux entreprises figurant au classement Fortune Global 500, établi par le magazine du même nom.

Peu à peu, l’homme devient indispensable au sein de l’Alliance Renault-Nissan. "Carlos Ghosn a mis en place un management centralisé autour de sa personne, en éliminant notamment la plupart de ses numéros deux", expliquait en mars Frédéric Fréry, professeur de stratégie à l'ESCP Europe. Carlos Tavares, aujourd’hui à la tête du groupe PSA, en a notamment fait les frais en 2013, après avoir confié son "appétit pour devenir numéro un" d’un groupe automobile dans les colonnes de Bloomberg.

Recentrage sur l'Alliance

Si les bons résultats s’affichent dans chacune des marques de l’Alliance, la place que Carlos Ghosn a su se forger au fil des années complique donc l’idée de sa succession. En cédant son poste chez Nissan, le patron de l’Alliance semble donc enclencher un mouvement dans une nouvelle direction.

Entré chez Nissan en 1977, Hiroto Saikawa est présenté comme un fidèle de Carlos Ghosn. "Il a vécu avec moi tout le processus de transformation de l’entreprise. Je lui fais entièrement confiance. Il pense ce que je pense", avait d’ailleurs expliqué l’ancien patron de Nissan lui-même en octobre 2016. Hiroto Saikawa a notamment participé à la réorganisation de la division en charge des achats de Nissan, un poste clef pour assurer le redressement du constructeur en 1999.

Pour autant, c’est bien Carlos Ghosn qui restera le grand architecte de la stratégie du groupe franco-japonais. "Sous la présidence de M. Ghosn, et avec le soutien de l'excellente équipe de direction mise en place chez Nissan, mon objectif sera de maintenir la performance et le développement de notre société, et de poursuivre la contribution de Nissan au succès de l'Alliance", en a ainsi témoigné Hiroto Saikawa dans le communiqué consacrant son évolution dans la hiérarchie de Nissan.

Gérer le redressement de Mitsubishi

Carlos Ghosn, qui cumule les fonctions de patron de Renault ainsi que président de Nissan et de Mitsubishi Motors, devrait notamment consacrer une bonne partie de son temps au redressement de son nouveau bébé, Mitsubishi, qui a avoué en 2016 dans le sillage de Volkswagen avoir "manipulé des tests" de ses véhicules "pour présenter de meilleurs rendements énergétiques".

Plus généralement, le numéro un de l’Alliance a expliqué que son retrait relatif de Nissan lui permettrait "de consacrer plus de temps et d'énergie pour gérer l'évolution et l’expansion stratégique et opérationnelle de l'Alliance, afin de garantir que tous les membres profitent de l'avantage compétitif d'échelle qu'elle procure". Selon Challenges, Carlos Ghosn va devoir notamment gérer le lancement en octobre d’un triple plan stratégique courant jusqu’en 2022 pour les trois marques de l’Alliance, Renault, Nissan et Mitsubishi. Des projets de plates-formes communes avec le nouveau venu Mitsubishi devraient être présentées, ainsi que la mise en commun de certains sites de production, détaille le journal.

Des synergies qui devraient permettre au groupe de continuer sa progression parmi les plus gros constructeurs mondiaux, dans un contexte de faibles marges et de bouleversements majeurs en termes de motorisations et de mobilité. Et peut-être aussi de supporter les éventuelles conséquences des soupçons de tricherie aux polluants qui pèse actuellement sur Renault, s’ils venaient à être confirmés. 

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