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L'Usine Auto

Carlos Ghosn écarté, Bruno Le Maire et les dirigeants de Renault dans le flou

Olivier James , ,

Publié le

Bercy martèle que la gouvernance de Renault est assurée, Thierry Bolloré assurant la direction exécutive du groupe. Le ministre de l’Economie, Bruno le Maire, demande à ce que les informations dont disposent Nissan lui soient fournies.

Carlos Ghosn écarté, Bruno Le Maire et les dirigeants de Renault dans le flou
Bruno le Maire, le ministre de l'Economie, aux côtés de Philippe Lagayette et de Thierry Bolloré, a insisté mercredi 21 novembre sur la robustesse de la gouvernance de Renault.

Le message est clair : Renault n’a pas perdu la tête. Lors d’une conférence de presse organisée à Bercy mercredi 21 novembre, le ministre de l’Economie Bruno le Maire, a tenu un discours rassurant : "cette gouvernance est solide, et elle garantit le bon fonctionnement de l’entreprise Renault, un fleuron industriel auquel nous sommes très attachés." La veille au soir, le conseil d’administration de Renault avait nommé "à titre provisoire" Thierry Bolloré en qualité de directeur général délégué. Il dispose dès lors des mêmes pouvoirs que Carlos Ghosn.

Derrière la maîtrise de façade, un point attire l’attention : le ministre de l’Economie, comme les dirigeants de Renault – représentés lors de la conférence de presse par Philippe Lagayette, administrateur référent, et Thierry Bolloré – ne possèdent aucune information concernant les éléments à charge contre Carlos Ghosn, aussi bien de la part des autorités japonaises que du groupe Nissan. Pis encore, le camp français a appris la nouvelle par les médias, lundi matin.

Le conseil d'administration demande plus de transparence

"Nous sommes dans un état de droit et nous sommes attachés à la présomption d’innocence, a expliqué Bruno Le Maire. Nous ne disposons à l’heure où je vous parle d’aucune preuve justifiant les charges qui pèsent actuellement contre Carlos Ghosn. Et j’appuie la requête qui a été faite par le conseil d’administration de Renault qui a demandé à l’entreprise Nissan de lui fournir tous les éléments qui sont à sa disposition, de façon à ce que nous puissions disposer du même niveau d’information." Bruno Le Maire doit recevoir son homologue japonais Hiroshige Seko jeudi 22 novembre.

Même son de cloche de la part de Philippe Lagayette, qui préside actuellement le conseil d’administration de Renault en raison de l’absence de Carlos Ghosn : "nous nous sommes réunis hier et nous avons constaté que nous n’avons pas d’éléments qui nous permettent d’avoir des conclusions sur le fond de cette affaire ni de prendre des mesures qui auraient un caractère définitif." Et d’en conclure que Carlos Ghosn conservait de fait le titre de PDG de l’entreprise. "Le conseil d’administration a demandé à Nissan de bien vouloir lui fournir des éléments qui seraient en sa possession."

Le manque de transparence alimente les rumeurs

Une absence de transparence, et une certaine mise en scène, qui alimentent la thèse d’une volonté délibérée des dirigeants de Nissan de mettre leur patron à l’écart. Alors que Carlos Ghosn avait pour ambition affichée de resserrer les liens au sein de l’Alliance entre Renault et Nissan, les dirigeants du groupe japonais ont-ils cherché à le mettre sur le banc de touche pour éviter de rendre leur fleuron automobile national dépendant d’un groupe français ?

"Je n’y crois pas, plaide une source proche du dossier. Nissan est un groupe coté qui va désormais faire l’objet d’une investigation de la part de la justice au-delà des faits reprochés à son président. L’entreprise s’expose, l’enjeu est considérable." A Bercy, on s’interdit pour le moment de cautionner l’hypothèse d’une orchestration côté Japon. Mais si le manque de communication persiste, le scénario du coup monté n’est pas près de s’estomper.

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