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Quotidien des Usines

Carbone Lorraine voit sa croissance en vert

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Le spécialiste du graphite mise sur l'Asie et les énergies renouvelables pour maintenir son rythme de croissance. Il annonce aussi des acquisitions ciblées.

Il y a des non-événements qui détonnent. Mi-septembre 2008, après un premier semestre affichant un chiffre d'affaires et une marge opérationnelle en hausse respectivement de 4 % et de 11,5 %, Carbone Lorraine relevait ses prévisions de ventes à 1,1 milliard d'euros pour 2011, soit 150 millions d'euros de plus que celles prévues initialement. Quatre mois après cette annonce, rien ne bouge : le fabricant français de l'équipement et de la protection électriques (fusibles, balais d'alimentation...) et de blocs de graphite, maintient ses objectifs. Un message d'optimisme dans le paysage industriel actuel.

« Nous avons besoin de nous positionner sur des secteurs qui connaissent des croissances de 10, 15 ou 20 %. C'est le cas aujourd'hui de l'éolien et du solaire. Par ailleurs, nous sommes implantés en Asie, zone où le taux de développement reste élevé. Même si la Chine ne connaît qu'une croissance autour de 7 % l'an prochain, cela restera très intéressant », analyse Ernest Totino, le directeur général adjoint de Carbone Lorraine et dauphin du PDG actuel, Claude Cocozza. D'ici à 2011, le groupe compte investir au moins 220 millions d'euros, dont près de la moitié dans les énergies renouvelables, l'un de ses quatre « capteurs » de croissance avec le marché asiatique (espéré à 30 % du chiffre d'affaires en 2012), l'innovation et, le cas échéant, des acquisitions très ciblées (200 millions d'euros supplémentaires sont prévus à cet effet).

L'implication de Carbone Lorraine dans les énergies propres sera particulièrement visible dans le photovoltaïque. « D'après nos estimations, la part du solaire dans la production mondiale d'électricité passera de 0,1 à 7 % environ à l'horizon 2020, tandis que celles de l'éolien et de l'hydraulique pourraient connaître des progressions moins fortes », avance le dirigeant. Estimé entre 20 et 25 millions d'euros en 2008, le chiffre d'affaires dans le solaire devrait bondir à 160 ou 180 millions d'euros d'ici à 2012. Objectif affiché : devenir le premier fournisseur de graphite dans ce domaine, avec environ 30 % des capacités de production mondiale (contre 20 % actuellement).

UN FORT BESOIN DE GRAPHITE ISOSTATIQUE D'ICI À 2011

L'industrie du solaire souffre d'une pénurie de polysilicium et exige un accroissement massif de la production de ce matériau. Or, son procédé de fabrication requiert de grandes quantités de graphite isostatique - à raison de une tonne pour dix tonnes de polysilicium -, capable de résister aux hautes températures et milieux corrosifs.

Environ 70 unités de production de polysilicium sont en projet dans le monde : 10 en Amérique du Nord, 32 en Europe et 31 en Asie. Le surplus de production de polysilicium en 2011-2012 serait, par rapport à aujourd'hui, de 300 000 tonnes. « Nous estimons que cela entraînera à l'horizon 2011, un besoin annuel de 26 000 tonnes supplémentaires de graphite isostatique », indique Ernest Totino, soit presque un doublement de la production mondiale actuelle. Selon lui, « seules cinq à six sociétés, dont Carbone Lorraine, seront capables de répondre à cette demande », les principaux concurrents étant le japonais Nippon Carbon et l'allemand SGL Carbon. Carbone Lorraine prévoit donc d'accroître massivement sa fourniture de blocs de graphite, passant de 8 000 tonnes en 2008 à 17 000 tonnes en 2011. Une augmentation de capacité qu'il fera progressivement, par tranche de 2 000 tonnes. « Notre production de graphite isostatique passera de 8 000 à 10 000 tonnes en 2009, une augmentation répartie entre notre usine américaine de Saint Mary's et notre usine chinoise de Chongqing, inaugurée fin 2007 », poursuit-il.

Par ailleurs, la société continuera son développement dans le secteur de l'éolien qu'elle fournit en matériels pour les rotors (baguiers collecteurs de courant, balais en graphite, fusibles, etc.). En 2008, cette activité a représenté 20 à 25 millions d'euros de chiffre d'affaires. Elle pourrait atteindre 50 à 60 millions d'euros en 2012, suivant la croissance de ce marché (+ 10 à 15 % par an).

Carbone Lorraine compte également poursuivre une politique active d'acquisitions sur le marché asiatique, notamment chinois. L'an passé, le français a pris, à travers sa filiale Ferraz Shawmut, une participation majoritaire au capital de Zhejiang Mingrong Electrical Protection (15 millions de dollars de ventes en 2008). L'opération lui permet de devenir le leader, en Chine, des fusibles et appareillages pour fusibles. D'autre part, il s'est emparé de 100 % de Xianda, fabricant d'équipements en acier et Inox pour les industries chimiques et pharmaceutiques. D'ici à cinq ans, Carbone Lorraine compte en tripler les ventes (20 millions de dollars en 2008). Au Canada, le groupe a également acquis une part majoritaire de la société R-Theta Thermal Solutions, spécialisée dans le refroidissement par air de l'électronique de puissance. Enfin, en Europe, il a pris, fin décembre, 60 % du capital de l'écossais Calarb, numéro 2 mondial des feutres rigides en graphite utilisés dans le solaire, dont les ventes devraient se chiffrer à 35 millions d'euros en 2009.

CESSIONS D'ACTIFS NON STRATÉGIQUES

Autre pan de la stratégie, les cessions d'actifs qui ne sont plus jugés stratégiques. C'est le cas de l'activité « balais pour l'automobile et l'électroménager » (69 millions d'euros en 2008), suite à une offre du fonds d'investissement américain MidMark Capital. Début 2008, dans la même lignée, le groupe avait cédé son activité « freinage ferroviaire et moto » au groupe Faiveley pour 26 millions d'euros.

Les projets d'Ernest Totino tiendront-ils sur les deux ans à venir ? « Il est difficile d'estimer l'impact de la crise économique et financière sur notre plan d'expansion à l'horizon 2011 », indique-t-il. A cet égard, au moins, Carbone Lorraine est sur la même longueur d'onde que ses concurrents.

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