Carbone et silicones pour décrocher l’or

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Pendant les jeux paralympiques, les lames de carbone qui ont valu à Oscar Pistorius le surnom de "Blade Runner" ont encore fait parler d’elles. L’occasion pour nous de plonger au cœur des innovations en chimie qui accompagnent et boostent les performances des athlètes handicapés.

Carbone et silicones pour décrocher l’or © Antonin Thuillier - AFP

Le secret de "Blade runner"
Détrôné sur 100 et 200 mètres aux JO paralympiques de Londres, le sud-africain Oscar Pistorius laisse éclater sa colère en remettant en cause les lames de carbone "trop longues" de ses adversaires, alors qu’il fut lui-même au cœur des polémiques il y a quelques années.

Mais revenons sur ces fameuses lames. Fabriquées par la société islandaise Össur, elles équipent de nombreux athlètes depuis 1996. Leur nom : les Flex-foot Cheetah®.  Capables de stocker de l’énergie, elles la restituent à l'utilisateur pendant qu’il marche ou court, améliorant ainsi sa stabilité, son efficacité énergétique et sa démarche. Les analyses approfondies du mouvement réalisées sur ordinateur  permettent d’optimiser le procédé de stratification des couches de carbone et d’obtenir un mouvement proportionnel à l'impact et au poids du porteur de prothèse.

Des fines couches de carbone pour reconstituer la demi-jambe donc, mais le manchon est aussi affaire de technologie. Chez Össur, il s’agit de silicone, un matériau bio-inerte, qui ne réagit pas avec la peau. Extrêmement résistant et facile à nettoyer, il est le seul matériau qui permet différents niveaux de souplesse et de force.

A l’eau
On retrouve du silicone dans les prothèses de jambe, mais pour l’eau cette fois-ci. Aqualeg, petite PME bretonne créée en 2011 a mis au point les premiers habillages de prothèses tibiales ou fémorales qui sont aussi adaptées à la marche. En d’autres termes, vous pouvez, avec la même prothèse, vous balader sur la plage et pratiquer tout type de sport aquatiques (voile, jet-ski, planche à voile, rafting, canoë, etc...). Le silicone a là un double avantage, puisque non seulement la texture est proche de celle d’un vrai muscle mais esthétiquement parlant, la ressemblance avec une jambe valide est parfaite.

Sports d’hiver
Si on a vu de nombreux athlètes en fauteuil pendant ces JO d’été, pour des sports tels que le rugby ou le basket, n’oublions pas aussi que de très belles performances sont réalisées chaque année en hiver, sur la neige ! On pense notamment à Yohann Taberlet, vice-champion du monde 2011 en slalom, que nous avions interviewé en 2008.

Il nous expliquait alors que l’assise de son fauteuil était composée de carbone, de Kevlar® (fibre d’aramide), de fibre de verre et de mousses à mémoire de forme, qui permettent un moulage du siège sur mesure. Il explique notamment que ces matériaux sont plus rigides et plus légers que les matériaux utilisés précédemment. Mais la chimie du ski c’est aussi le fartage. Plus la neige sera chaude et humide, plus le fluor sera nécessaire dans le fart pour aller vite. Avec une neige froide et compacte, on mettra moins de fluor.

Bref, le handisport et la chimie c’est aussi une longue et belle histoire, qui donne vie à de véritables exploits. Un grand bravo à tous les sportifs de ces JO paralympiques !

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