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Capitaine d'industrie numérique

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Fini les PDG de passage. Avec Philippe Vannier, PDG actionnaire majoritaire, Bull a désormais un dirigeant qui est là pour rester. C’est du moins le souhait de cet ingénieur électronique, entrepreneur dans l’âme.

Capitaine d'industrie numérique
Mon concurrent le plus redoutable? C’est le temps. Sur nos marchés, aller plus vite est un véritable atout.
© luc pérénom

En quelques mots

  • Voitures fétiches Les miniatures de ses premières voitures trônent dans son bureau, devant les fenêtres. Sa préférée ? La Fiat 500 qu’il a achetée à 17 ans, quand il était lycéen.
  • Patriote "Je suis viscéralement attaché à la France. Mais le pays gagnerait à pécher par orgueil. Nous n’avons pas à rougir face à nos concurrents."
  • Protecteur "L’Europe ne peut pas imposer ses contraintes à ses seules entreprises. Les produits importés doivent aussi respecter nos valeurs et nos exigences."

Pas si facile d’endosser les habits d’un capitaine d’industrie, surtout lorsqu’elle est numérique. Philippe Vannier, le PDG de Bull, en sait quelque chose. "Mon concurrent le plus redoutable ? C’est le temps, reconnaît-il. Sur nos marchés, aller plus vite est un véritable atout." Surtout dans le domaine de la sécurité informatique, l’une des spécialités du groupe français. "Là, ralentir n’est pas une option". Pas de quoi perturber cet ingénieur de formation aux commandes de Bull depuis 2010. Aller vite, décider vite, Philippe Vannier sait faire. "Mettre tous les actifs de Crescendo Industries (son fonds d’investissements) dans Bull s’est décidé en moins de deux mois", raconte l’entrepreneur. C’était en 2009. Sa société, I2E (rebaptisée Amesys), rachetée en 2004, comptait alors 1 000 personnes. Pour la développer, il voulait racheter les actifs de cryptographie de Bull. Qui n’était pas vendeur mais acheteur ! Finalement, c’est l’inverse qui s’est produit. En vendant I2E à Bull, il s’est fait payer en titres et en cash… Avec ce pécule, il monte à 25% du capital et s’impose comme actionnaire de référence.

À ce stade, certains se seraient contentés de gérer leur investissement de loin, par le biais de managers opérationnels. Pas Philippe Vannier. "Je n’avais pas envie de prendre ma retraite à 49 ans", sourit-il. Ça tombe bien, les autres actionnaires (France Télécom, Pothar Investissement, le FSI) qui l’accompagnent dans son aventure entrepreneuriale non plus. "Un bon ingénieur qui a toute sa fortune dans la boîte qu’il dirige fait forcément attention", avance, en fin connaisseur, Henri Conze, le doyen des administrateurs de Bull et ancien ingénieur de l’armement.

Au plus près du terrain

En bon ingénieur formé à l’école de Georges Charpak, Pierre-Gilles de Gennes et Jacques Lewiner (l’ESPCI), le dirigeant est animé par l’envie de fabriquer et de créer. Très tôt, il a aimé mettre les mains dans le cambouis. Lycéen déjà, lorsqu’il s’est offert une Fiat 500 qu’il bricolait. À l’ESPCI, où il a monté la junior entreprise de l’école et le premier forum étudiants-entreprises. Et chez Bull, où il n’hésite pas à mettre le nez sous le capot pour changer la culture de l’entreprise. "On ne le sent jamais aussi à l’aise que face à une question technique", témoigne Henri Conze. Et s’il se dit capable d’absorber rapidement un dossier, il continue à préférer le papier à l’ordinateur. Lorsqu’il nous reçoit dans son bureau, son PC portable attend bien sagement dans sa sacoche et, sur sa table de travail en forme d’aile de DC6 chromée et rivetée, on ne voit que du papier.

Fabriquer, redresser, entreprendre. Philippe Vannier est un ovni parmi les diplômés de l’ESPCI, qui tous embrassent à un moment ou à un autre une carrière dans la recherche ou l’innovation. Lui, le laboratoire ne l’intéressait pas. Jeune diplômé, il affiche très tôt sa préférence pour l’usine en allant faire ses armes chez Michelin comme responsable de la qualité, puis de la production du site américain. Entreprise où on lui confie, le temps de quelques semaines, un stagiaire nommé Édouard Michelin… Il dirige ensuite Chelton Telecom et Microwave, puis rentre en France chez Saft, la filiale batterie d’Alcatel. "J’ai démissionné lorsque Serge Tchuruk a décidé que l’entreprise serait sans usine et tout télécom. Je ne me suis pas inscrit dans ce modèle."

Philippe Vannier avait surtout envie de PME. Il part donc en 1996 redresser, en tant que directeur général pour le compte d’un actionnaire, une entreprise de 100 personnes, victime de plusieurs dépôts de bilan. En deux ans, il relance l’industriel qui devient l’unique fournisseur d’Airbus et d’Astrium pour les composants passifs hyperfréquence. Dans ce laps de temps, il aura aussi changé complètement la culture de l’entreprise en déléguant la prise de décision au plus près du terrain. "Ce sont les spécialistes métiers qui sont les mieux placés pour prendre des décisions", dit-il. En 2004, deux amis d’école – il a grandi à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) – lui suggère d’exercer ses talents pour son compte. Ensemble, ils lancent le fonds d’investissements Crescendo Industries, avec lequel il reprendra I2E puis Bull. On connaît la suite…

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