Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Aéro

Capitaine courage

Olivier Cognasse ,

Publié le

Entretien Après avoir retrouvé ses premières amours en prenant la direction du chantier naval STX de Saint-Nazaire, fin janvier, Laurent Castaing affronte sa première tempête dans un contexte de crise.

Un coup dur ! Laurent Castaing n'aura pas savouré bien longtemps son premier succès à la tête du chantier de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), où il a été nommé fin janvier. Début mars, le directeur général de STX France avait le plaisir de présider une conférence de presse avec son alter ego de MSC, Erminio Eschena. L'armateur italo-suisse confirmait qu'il reprenait à son compte la commande du « X32 », effectuée par la compagnie libyenne GNMTC avant que le régime de Khadafi ne tombe. Et patatras ! Moins d'un mois plus tard, STX France perd la commande de deux navires de croisière de luxe passée avec Viking River Cruises, quelques jours seulement après l'annonce d'importantes mesures de chômage partiel pour mai et juin.

Jusqu'à ce coup du sort, la nomination de Laurent Castaing avait tout du retour de l'enfant prodigue. Ce polytechnicien de 51 ans avait quitté le chantier naval en 2005 pour rejoindre le port de Nantes-Saint-Nazaire, avant de devenir, en 2008, le président du directoire du port du Havre. « Il a fait du chemin depuis qu'il nous a laissés. C'est un homme de terrain. Les gens le trouvent brillant, facile d'accès », juge Jérôme Dholland, délégué syndical CFDT du chantier. « Je pense que je ne suis pas le seul à apprécier son retour, assure, Joël Batteux, le maire (PS) de Saint-Nazaire. C'est un homme doté d'une forte puissance de travail, qui jouit d'une cote de popularité indéniable. Il se caractérise par une grande intelligence et une grande simplicité. »

 

Dialogue musclé

 

Laurent Castaing est lucide. « Nous devons mener une révolution industrielle à Saint-Nazaire. Il faut savoir si on la fait dans la continuité ou dans la rupture... », a prévenu celui qui se considère avant tout comme un ingénieur. C'est son second retour à Saint-Nazaire. Responsable d'atelier de 1985 à 1990, il avait quitté la construction navale pour GEC-Alsthom et le ferroviaire. Il dirigeait le site du Creusot (Saône-et-Loire) quand « L'Usine Nouvelle » lui avait décerné, en 1998, le prix de la meilleure usine. « Cela couronnait une révolution industrielle de ce site », assure-t-il. L'usine avait en effet réduit de moitié les cycles de production de bogies. Revenu à Saint-Nazaire entre 1998 et 2004, il a été successivement directeur industriel et directeur général adjoint de STX France.

Aujourd'hui, Laurent Castaing met volontiers en avant « son expérience exceptionnelle à la tête du port du Havre ». C'est peu dire qu'il a dû affronter le syndicat majoritaire des dockers, la CGT des ports et docks. « Il nous a mis des bâtons dans les roues lors de toutes les négociations. Laurent Castaing a un vrai problème de relations avec les partenaires sociaux. C'est un être que j'aurais aimé ne jamais rencontrer », assène le secrétaire général de la CGT du port, Laurent Delaporte. Une exception dans un concert de louanges.

À la direction du port du Havre, Hervé Cornède, membre du directoire, n'a pas vu la même personne. « Nous avons eu un véritable chef d'entreprise. Il a notamment permis la plus grande implantation de MSC en France. » La constructrion de ce terminal a représenté un investissement de 170 millions d'euros.

Même son de cloche auprès d'Antoine Rufenacht, l'ancien maire (UMP) du Havre. Pour lui, « c'est une personnalité forte et attachante, qui a très bien dirigé le port dans une période difficile. Il a apporté sa culture entrepreneuriale. Il a négocié avec doigté et avec fermeté pour appliquer une réforme impopulaire [la réforme portuaire, ndlr]. »

Laurent Castaing se veut proche de ses équipes : « Je ne suis pas un patron qui crée des distances avec les salariés ni même avec les syndicats. » Mais, ajoute-t-il en vieux briscard, « la bagarre avec les syndicats fait partie du dialogue social ».

Quand il ne travaille pas, il n'en a jamais fini avec la mer. « Je l'ai rencontré quelques fois sur le port de Pornichet. C'est un fin régatier », confie Joël Batteux. Le « voileux » pratique aussi l'aviron. Mens sana in corpore sano !

 

« C'est un homme doté d'une forte puissance de travail, qui jouit d'une cote de popularité indéniable. » Joël Batteux, maire de Saint-Nazaire

 

EN QUELQUES MOTS

Trophée En 1998, à la tête de GEC-Alsthom au Creusot, il reçoit le prix « Usine Nouvelle » de la meilleure usine. Passion Il aime tout ce qui touche à l'eau : les ports et la construction navale. Il pratique la voile et l'aviron. Environnement Il milite pour la défense du littoral dans le milieu associatif. Il est prêt à défendre l'environnement en général. Convivialité Le matin, il rencontre ses collaborateurs directs et les invite à prendre un café dans son bureau. « Cela vaut tous les courriels du monde. »

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle