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Quotidien des Usines

CAOL'OPA de Dassault Systèmes sur le marché du haut de gammeL'éditeur français sera-t-il le SAP de la CAO ? Avec une croissance de 30 % en 1998, il devient incontournable dans les grandes entreprises et l'automobile, et pourrait réaliser de nouvelles acquisitions dans son secteur.

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L'OPA de Dassault Systèmes sur le marché du haut de gamme

L'éditeur français sera-t-il le SAP de la CAO ? Avec une croissance de 30 % en 1998, il devient incontournable dans les grandes entreprises et l'automobile, et pourrait réaliser de nouvelles acquisitions dans son secteur.



Bons résultats, grandes ambitions. Juste après avoir annoncé un chiffre d'affaires de 2,7 milliards de francs (413 millions d'euros) et un résultat net de 629 millions de francs pour 1998, en hausses respectives de 30% et 38% sur un an, Dassault Systèmes annonce deux nouveaux succès : la canadien Bombardier et l'allemand CargoLifter ont choisi Catia, l'un pour la conception de nouveaux véhicules ferroviaires destinés à Virgin Rail, l'autre pour un projet de dirigeable dédié au transport de marchandises. En Europe, l'éditeur s'est imposé chez la plupart des constructeurs d'automobiles depuis son entrée chez Renault, Audi, Fiat, Volvo et Rover. Dernier grand contrat en date, PSA, qui a décidé de généraliser l'utilisation du logiciel Catia. A terme, plus de 2 000 stations de CFAO dans le groupe utiliseront ce logiciel. Le projet, baptisé " Ingenum " (ingénierie numérique PSA Peugeot Citro'n) représente un budget global de 665 millions de francs sur trois ans. Il ne manque plus à Dassault Systèmes que les filiales européennes de Ford et General Motors (Opel) qui restent des bastions des éditeurs américains SDRC et Unigraphics. Pour maintenir sa croissance, l'éditeur de Suresnes n'a pas d'autre choix que de tenter de rééditer dans d'autres domaines industriels, comme la construction d'usine, les industries navales ou aéronautiques, ce qu'il vient de réussir dans l'automobile. Ces secteurs, qui travaillent sur de grands programmes, sont de gros consommateurs de solutions intégrées autour de la CAO. Ils ont les moyens d'acheter des solutions comme Catia (CAO-CFAO), Enovia (gestion des données techniques) ou Deneb (ingénierie assistée par ordinateur), réputées coûteuses.

Objectif : Airbus

Dassault Systèmes ne néglige certes pas le marché lucratif du milieu de gamme. Les produits de SolidWorks, une start-up américaine acquise il y a deux ans, dont les ventes ont augmenté de 57 % en 1998, contribuent pour une bonne part à sa croissance. Mais, pour le reste, l'éditeur français n'est entré que très modérément dans la guerre des prix qui lamine les résultats de certains de ses concurrents, et maintient volontairement une politique orientée vers le haut de gamme. Dans cette perspective, Airbus est dans tous les esprits. Dassault Systèmes, déjà présent chez Boeing, a longtemps trouvé porte close dans l'aéronautique européenne. Même si ce n'est aujourd'hui plus le cas, la partie s'annonce difficile. Primo, l'Europe de la CAO est loin d'exister : au sein d'Airbus, l'éditeur de Suresnes ne fait pas encore l'unanimité. Secundo, en France, la décision de la division avions d'Aérospatiale tarde : elle aurait dû être prise l'an dernier et a été reportée à cette année. " Rien ne sera décidé avant la fin de la privatisation. Personne n'osera engager sa responsabilité dans un choix aussi stratégique alors qu'une période délicate s'ouvre ", estime un proche du dossier, qui rappelle les " difficultés " que le constructeur avait connues avec son actuel logiciel.

Des prestations au-delà de la CAO

Si elle ralentit le processus, la privatisation n'en apportera pas moins un atout à Dassault Systèmes, via son nouveau partenaire, Matra Datavision (MDTV). Ce dernier, qui s'apprête à opérer en tant que société de services, est présent dans un certain nombre de comités stratégiques Aérospatiale-Matra. Une présence qui aura son poids une fois le rapprochement des deux géants finalisé. Si Dassault Systèmes s'imposait à Aérospatiale, il remporterait une nouvelle victoire face à son grand rival, Parametric Technology (PTC), avec qui il lutte pour la domination du marché mondial de la CAO. Depuis la reprise de Computervision, pionnier du secteur, par PTC il y a deux ans, Dassault Systèmes n'a cessé de s'attaquer à sa base installée. Avec des arguments qui semblent efficaces : Dassault Systèmes se compare aujourd'hui plus à un SAP, leader des progiciels de gestion (ERP), qu'aux concurrents de son propre secteur... " Nous voulons réaliser au niveau du cycle de vie du produit ce que les ERP font pour la gestion des ressources ", explique Bernard Charlès, président de Dassault Systèmes.

En clair, cela signifie être présent de la construction de l'usine à la maintenance des produits - des démonstrations ont montré l'intérêt des produits Web de l'éditeur pour les concessionnaires d'automobiles - sur des programmes susceptibles de durer des années, voire des décennies.



Une politique d'intégration tous azimuts

Soutenue tant par des développements internes - comme les produits dédiés au Web - que par des acquisitions, comme celles de SolidWorks ou Deneb, la stratégie de Dassault Systèmes dépasse aujourd'hui largement le cadre de la CAO. Simultanée à ses résultats, l'annonce d'un investissement de 6 millions de dollars (environ 10 % du capital) dans Invention Machine le prouve. L'activité de cette société, basée à Boston, qui développe des solutions uniques d'aide à l'innovation, est en effet très éloignée de la géométrie 3D. Manifestement très intéressé par cette start-up, dont les deux plus grands clients sont Intel et Procter & Gamble, Bernard Charlès n'exclut pas d'accroître sa participation. Avec 1,5 milliard de francs de trésorerie, l'éditeur en a les moyens, et peut envisager d'autres acquisitions. " Ce n'est pas une annonce d'intention, mais si une entreprise comme Alias/Wavefront (éditeur de logiciels de design et visualisation) était à vendre, nous examinerions l'opportunité ", déclare Bernard Charlès.

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