Canberra rejette l'OPA d'ADM sur GrainCorp, dont l'action chute

SYDNEY (Reuters) - L'Australie a rejeté vendredi une OPA de 2,6 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros) d'Archer Daniels Midland (ADM) sur GrainCorp, une décision inattendue et rare qui résulte de la pression des céréaliers locaux.

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L'action GrainCorp a perdu le quart de sa valeur en conséquence car la décision de Canberra protège de fait le dernier groupe indépendant australien de la filière grain de toute tentative de rachat. Elle a terminé en baisse de 22% à 8,72 dollars.

Le secrétaire au Trésor Joe Hockey a motivé cette décision par des considérations d'intérêt national, l'organisme chargé d'examiner les investissements étrangers (Foreign Investment Review Board - FIRB) n'étant pas parvenu à dégager un consensus.

Joe Hockey a signalé que c'était la seule des 131 opérations d'investissement étranger importantes qu'il ait rejetée depuis son entrée en fonction.

Toutefois, il ne voit pas d'objection a priori à ce qu'ADM porte sa participation dans GrainCorp de près de 20% à près de 25%, une éventualité que le géant américain se dit prêt à étudier.

Cette décision est néanmoins un coup dur pour ADM, plus dépendant du marché américain que ses concurrents Cargill, Bunge et Louis Dreyfus et qui tentait par cette opération de prendre pied sur des marchés asiatiques en pleine croissance.

L'Australie est le deuxième exportateur mondial de blé et GrainCorp est la première société cotée de la filière grain, traitant le tiers environ de la production australienne.

L'opération avait été auparavant validée par la commission de la concurrence australienne et les analystes pensaient qu'elle ne rencontrerait plus d'obstacles.

Mais les agriculteurs ne voyaient pas d'un bon oeil cette transaction après que le groupe agroalimentaire canadien Viterra, filiale de la société de négoce de minerais Glencore Xstrata depuis 2012, a racheté en 2009 ABB Grain, premier groupe agroalimentaire australien à l'époque.

Plusieurs agriculteurs du sud de l'Australie se plaignent depuis lors de prix en hausse et de délais de livraison excessifs.

Lincoln Feast et Colin Packham, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten

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