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Calcul intensif : PME, encore un effort !

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En deux ans, l’initiative HPC-PME, qui vise à introduire le calcul haute performance dans les PME, a convaincu une trentaine d’entreprises. Elle entame une nouvelle phase en se décentralisant, afin d’accélérer le rapprochement entre spécialistes du calcul intensif et PME. Objectif, à terme, impliquer une centaine d’entreprises.

Calcul intensif : PME, encore un effort ! © D.R.

Une nouvelle phase de HPC-PME, lancée en 2010 par l’Inria, Genci et Oséo, a été annoncée lors des rencontres Inria-Industrie sur le thème de la simulation et du calcul intensif, mardi 11 juin. L’occasion aussi de faire un premier bilan de cette opération visant à introduire le calcul haute performance dans les PME.

Une trentaine de PME, dont les trois-quarts emploie moins de 25 personnes, se sont engagées dans des projets dans le cadre de HPC-PME, dont le but est d’utiliser la modélisation et le calcul pour mettre au point un produit ou un procédé (ce ne sont pas des projets de recherche). Si l’on écoute les commentaires des participants et organisateurs, et avec un brin de mauvais esprit, on dira que cette première vague a surtout permis d’identifier les difficultés et les obstacles sur le chemin des PME vers le calcul intensif.

Le calcul intensif reste trop cher

Difficultés liées au manque de compétences internes, bien sûr, mais aussi au coût des logiciels, et à la difficulté d’accès à des équipements de calculs adaptés à leurs besoins. "Les budgets nécessaires restent souvent hors de portée des PME, et la nécessité de travailler sur la durée est incompatible avec la faible visibilité des entreprises en période difficile", reconnait  Jean-Christophe Gougeon, responsable sectoriel "technologies logicielles" chez Oséo. Plus positivement, les animateurs de HPC-PME ont mis en  évidence la nécessité d’accompagner les entreprises dans l’organisation, le financement, et la maîtrise des risques de leur projet.  

La plupart des projets sont encore en cours, mais quelques entreprises ont accepté de témoigner de leur expérience. HydrOcean, à Nantes, fait partie des entreprises (une vingtaine sur les 30) qui sont venues à HPC-PME avec déjà un logiciel de calcul. Le spécialiste de la simulation des écoulements de fluide travaille sur une adaptation de son produit à des calculateurs dotés de processeurs graphiques (GPU), ce qui augmenterait la vitesse de calcul d’au moins un facteur dix. Avec de nouvelles applications industrielles à la clé.

Un argument commercial

Le cas de Danielson Engineering , société qui conçoit des moteurs automobile et des moteurs de drones, correspond sans doute mieux à l’objectif de HPC-PME. L’entreprise de 120 personnes s’est progressivement mise à la simulation, et vient de franchir le pas vers le HPC, en particulier pour des études de combustion 3D. "HPC-PME nous a aidé à dimensionner nos équipements de calcul", indique Rui Da Silva Lourenco, responsable Calculs chez Danielson Engineering. L’entreprise a embauché un informaticien. Sa mission : développer des interfaces simples pour les logiciels de calculs, des interfaces "pour ingénieurs qui ne connaissent que la physique", souligne le responsable.

Le résultat est probant car, si l’on en croit Danielson Engineering, leurs compétences en calcul intensif sont désormais un argument commercial vis-à-vis de leurs clients constructeurs et équipementiers.

Thierry Lucas

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