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Cadre de vie : La longue marche des villes chinoises

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Enquête En Chine, l'urbanisation ne va pas de pair avec l'écologie. Et les industriels français se positionnent sur les métiers classiques du déchet et de l'eau.

Cadre de vie : La longue marche des villes chinoises © betta design - Flickr - C.C

En mars 2009, le vice-maire d'Huludao, une ville côtière du Liaoning, invitait des ingénieurs et des architectes français réputés à plancher sur son avenir « de ville durable ». Un an plus tard, leurs travaux furent présentés à l'Exposition universelle de Shanghai. Mais la ville demeure toujours l'égout de la Chine. C'est là que l'armée construit ses sous-marins nucléaires, que des pipelines acheminent le pétrole mandchou pour l'industrie chimique, qu'une usine de zinc intoxique les habitants depuis 1937... Un article récent du « Jing Jican Kao Bao » s'alarmait du taux de cancer anormalement élevé et de la forte quantité de métaux lourds présents dans son sol. Pour Bernard Terminet Schuppon, conseiller du Commerce extérieur de la France et installé en Chine depuis 1982, « ce projet de ville durable fut une utopie. Dans ce pays, l'environnement a un coût que les politiques locaux ne comprennent pas ou, du moins, ne souhaitent pas inclure dans leurs investissements car il fait baisser le PIB de la région. » Or c'est de ce PIB dont dépend la carrière des officiels locaux dans la hiérarchie du Parti communiste chinois.

La ville de Tianjin a, elle, sauté le pas en 2008. Et construit, dans sa banlieue, une « écocité » financée par des investisseurs singapouriens. Celle-ci devait être révolutionnaire : production de 25% de l'électricité via le solaire et l'éolien, réduction des déplacements grâce à la proximité des bureaux et des logements. Mais, un an et demi après être sortie de terre, elle reste une ville fantôme. Hormis des studios d'animation d'État, aucune entreprise, aucun commerce ne s'y sont installés. L'écocité se trouve en effet à côté d'une zone industrielle polluante mais reliée en trente minutes à Pékin par une ligne de train rapide. Dépités, les officiels ont raccordé le réseau à une centrale à charbon de la province du Heilongjiang, plus au nord. Les promoteurs ont cassé le prix du mètre carré. Et les mots « Tianjin eco-city » sont censurés sur le web chinois.

Dans l'agence pékinoise du cabinet d'architectes français A.S. Studio, Li Shuwen et son équipe étudient une « coulée verte » pour le quartier d'affaires de Jinan, la capitale du Shandong. Mais rien n'est gagné. Pour un projet similaire, réalisé sur la péninsule de Yuzhong, à Chongqing, en 2002, les officiels ont voulu un gratte-ciel (560 mètres), des opéras et des centres commerciaux, reléguant la verdure au second plan.

Marché de niche

Faute d'une prise de conscience réelle de l'épuisement des ressources naturelles ou du gaspillage des énergies, la protection de l'environnement reste en Chine un marché de niche, d'autant plus difficile à pénétrer pour les étrangers. Certains Français décrochent néanmoins des contrats. Phytorestore, qui créé des jardins filtrants pour traiter naturellement les eaux polluées et les boues, a conçu des bassins dans un lotissement de Wuhan. « Les promoteurs chinois aiment entourer leurs immeubles d'étangs artificiels car, en feng shui, l'eau symbolise la richesse. Les nôtres restent propres, plus besoin de changer l'eau », explique l'entreprise, qui termine, à Guilin, une piscine naturelle, la première de Chine. Elle équipera un hôtel construit par un milliardaire taïwanais, au milieu des rizières. « Notre objectif est la dépollution les lacs. » Vaste programme. En Chine, 90% des lacs et rivières sont pollués.

En 2011, dans le Guangdong, certaines entreprises chinoises de traitement des déchets ont eu recours à des sous-traitants pour rejeter dans les rivières les déchets les plus nocifs, causant la méfiance des habitants. Les mastodontes français des éco-industries sont désormais appelés à la rescousse. Veolia gère ainsi une décharge de déchets ménagers, sur la montagne de Datian, et en récupère le biogaz. À Foshan, il traite les « lixivias », ces effluents toxiques provenant des déchets enfouis. Degrémont, filiale de Suez Environnement, contrôle 200 usines de traitement d'eau à travers le pays et transforme les boues en matériau pour les cimenteries locales. Le besoin est immense. D'après l'OMS, plus de la moitié de la population chinoise est privée d'une eau courante de bonne qualité.

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