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L'Usine Aéro

C'est parti pour l'usine du futur de Figeac Aero !

Olivier James , ,

Publié le

Reportage Pour honorer son plus important contrat, avec Safran, le sous-traitant a parié sur une production ultra automatisée plutôt qu’une délocalisation. Pas de panique, l’homme restera encore aux manettes.

C'est parti pour l'usine du futur de Figeac Aero ! © Figeac Aero

"L’usine du futur, ça fait trente ans que j’investis dedans. Un industriel qui ne pense pas à l’usine du futur, ce n’est pas un industriel, c’est quoi… un artiste". Il ne peut pas s’en empêcher, Jean-Claude Maillard : le PDG de Figeac Aero a le verbe libre, à mille lieux du politiquement correct, au grand dam de ses communicants. Alors que le concept d’usine du futur a fait florès dans l’industrie ces dernières années – poussé par les politiques –, le dirigeant affirme haut et fort que sa nouvelle installation ultra moderne construite sur le site historique de Figeac (Lot) s’inscrit ni plus ni moins que dans la stratégie de développement qui a fait le succès de ce sous-traitant aéronautique spécialisé dans l’usinage de pièces métalliques. Cet investissement de 37 millions d’euros permet au groupe de 2000 salariés d’atteindre un palier technologique encore rare dans le secteur, celui d’une production automatisée.

Annoncée depuis le printemps 2015, l’usine démarre sa production : la première virole de carter intermédiaire (VCI) sortira de l’usine en novembre. Cette pièce cylindrique de 2,10 mètres de diamètre, constituée de titane, est destinée au moteur Leap de CFM International (société à 50/50 entre Safran Aircraft Engines et General Electric) qui équipera tous les Boeing 737 MAX et environ la moitié des Airbus A320neo, selon deux versions différentes. Déjà commandé à 11 500 exemplaires, ce moteur représente l’un des principaux défis industriels de l’aéronautique : alors que 100 Leap doivent être produits en 2016, la montée en cadence prévoit la production de 2000 moteurs en 2020. Un équipement stratégique pour les avionneurs, puisque lié à leurs programmes les plus rentables, les monocouloirs. C’est pour suivre ce rythme inédit dans le secteur et proposer un prix compétitif que Figeac Aero s’est lancé dans cette usine du futur.

le Leap, le plus gros contrat de Figeac Aero

Il faut dire que ce contrat avec Safran – 500 millions d’euros – reste à ce jour sa plus importante commande. "Nous pouvions soit produire cette pièce au Maghreb, où nous sommes présents en Tunisie et au Maroc, soit investir dans une usine automatisée en France avec des technologies encore peu diffusées dans le secteur, explique Jean-Claude Maillard. Le low cost constitue un élément fondamental de compétitivité, pour les pièces simples produites à fort volume, mais le plus important reste d’investir dans l’outil de production français. Figeac Aero démontre que l’emploi créé à l’étranger peut doper la compétitivité du groupe et la croissance sur notre site de Figeac". D’ici à 2019, la nouvelle usine devrait produire 28 VCI par semaine.

En quoi cette usine de 7500 m² peut-elle être qualifiée de futuriste ? "C’est une usine connectée, capable d’optimiser les process en temps réel", résume Jean-Paul Duprat, chef de projet de cette installation. En permanence, un superviseur collecte les données issues des capteurs des différentes machines et des outils associés, tous munis de puces communicantes. Des informations qui définissent en temps réel l’état de santé du parc de machines et qui contrôlent les temps de cycle de production. "Il devient possible de détecter plus tôt les problèmes de non qualité, de corriger en amont les conditions de fabrication et de procéder à de la maintenance prédictive pour prévenir les pannes", argue Jean-Claude Maillard.

L’usine, encore en cours d’installation, accueillera une ligne de 12 machines d’usinage automatisé, et un parc de 5 robots pour des opérations telles que l’ébavurage, le montage et le traitement de surface. Pour mettre au point ce schéma industriel ultra automatisé, Figeac Aero s’est rapproché d’acteurs automobile – Renault et PSA – mais aussi de Safran Helicopter Engines (ex-Turbomeca) qui vient de mettre en service une ligne de production automatisée à Tarbes (Hautes-Pyrénées) et du Centre technique des industries mécaniques (Cetim). Résultat attendu ? "Nous pourrons produire des VCI 20% moins chères qu’avec les techniques actuelles et réduire le temps de cycle de production par deux, assure Jean-Claude Maillard. Cet investissement devrait être rentabilisé d’ici trois ans et générer un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros par an dès 2018".

Automatisation et low cost en première ligne

Déjà, des développements futurs sont à l’étude. "Les cobots devraient être installés d’ici à la fin 2017, prévoit Jean-Paul Duprat. Nous avons aussi un projet de chariots automatisés pour charger les pièces, via un système de géoguidage". Le groupe compte bien automatiser le maximum de tâches. A se demander si le dessein ultime ne prévoit pas la suppression pure et simple de l’être humain… Erreur. L’usine emploiera 60 personnes, contre 90 si Figeac Aero avait maintenu des process classiques. Figeac Aero prévoit d’ailleurs de former les nouvelles recrues. L'usine deviendra l'une des pièces maîtresses de son schéma industriel, qui doit permettre au groupe de poursuivre sa croissance soutenu - 23% par an en moyenne depuis cinq ans - et d'atteindre un chiffre d'affaires compris entre 650 et 750 millions d'euros en 2020, contre 252 millions d'euros en 2016

C’est ce que le patron de Figeac Aero tente de prouver : l’automatisation et la haute technologie dédiées à la production complexe en France et la production low cost de pièces simples pérennisent l’activité du groupe et, in fine, l’emploi sur le sol français. Alors que le sous-traitant investit dans cette usine ultra automatisée et qu’il multiplie les sites à l’étranger (Tunisie, Maroc, Mexique, Etats-Unis et bientôt la Russie), les effectifs sur le site historique de Figeac devraient passer de 1075 à 1500 salariés d’ici à 2020, contre 600 il y a cinq ans. Les autres sites français du groupe totalisent environ 500 emplois. Dans le même temps, les effectifs à l’étranger augmenteront, pour atteindre eux aussi 1500 personnes en 2020. Le pari industriel de Jean-Claude Maillard, l’un des plus frappants de l’aéronautique en France, semble bien ancré sur ses deux pieds.

A Figeac, Olivier James

 

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