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L'Usine Agro

C'est la saison des mariages dans les coopératives de l'alimentaire

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Pour pallier aux difficultés structurelles de leur secteur, les coopératives agricoles et agroalimentaires multiplient les fusions. Espérant ainsi peser plus lourd face à la grande distribution ou pouvoir se lancer à l’international. Même si les noces annoncées ne se concrétisent pas toujours.

C'est la saison des mariages dans les coopératives de l'alimentaire
D'Aucy et Triskalia ont annoncé un projet de rapprochement afin de former "la première coopérative agricole de Bretagne" avec un ensemble industriel de 3,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel.
© Triskalia

Récolte céréalière catastrophique, troubles du lait dans l’après-quota, pénurie de foie gras à cause de l’épidémie de grippe aviaire… Alors que plusieurs filières agricoles ont connu ou enregistrent toujours des difficultés, les coopératives agricoles et agroalimentaires (des entreprises contrôlées par les agriculteurs) tentent de rassembler leurs forces en consolidant le secteur. Ainsi, la Fédération Nationale des Coopératives Laitières (FNCL) a annoncé le 14 décembre son projet de fusion pour devenir une sous-section de Coop de France, qui regroupe toutes les coopératives agricoles, forestières, agroalimentaires et agroindustrielles françaises.

Cette dernière a d’ailleurs fait ses comptes. En 2017, son périmètre a augmenté d’1,87 milliard d’euros, suite aux quatre-vingt opérations de croissance externe réalisées par ses adhérents. Comme les rachats par InVivo, la première coopérative hexagonale, de Jardiland et du distributeur néerlandais de vins Baarsma Wine, ou encore, suite à la liquidation de Financière-Turenne-Lafayette, la reprise de son pôle salaison par Cooperl – Arc Atlantique, et des sociétés Conserverie du Languedoc et CCA du Périgord par Arterris.

Petites marges, et chiffre d’affaires total en chute

Pourtant, malgré la multiplication de ce types d’opérations ces dernières années, cela ne se traduit pas par une progression du chiffre d’affaires total de Coop de France, qui décroit chaque année de 1%. Il a notamment atteint, en 2016, 85,9 milliards d’euros contre 86,9 milliards en 2015, tandis que le résultat net chutait de 7%, à 903 millions d’euros. Avec une moyenne de 3,57%, le taux de marge reste faible quelles que soient les filières - de 1,7% pour le bétail et la viande, à 3,5% dans les céréales, ou autour de 3% pour les fruits et légumes, le lait, seuls les vins tirent leur épingle du jeu avec 5,35% - comparé aux 4% de marges dans la construction automobile, 8,4% dans l’aéronautique et spatiale, ou même 7,5% dans le reste de l’industrie agroalimentaire, selon Coop de France. Une faible rentabilité due, pour Pascal Viné, son délégué général, à une "situation structurelle".

L’émergence de "la première coopérative agricole de Bretagne"

De quoi expliquer les nombreux mariages entre coopératives (trente-un sur douze mois), en quête d’une taille critique. Et le projet de rapprochement annoncé le 12 décembre par D'Aucy (spécialisé dans les conserves de légumes, les ovoproduits et la fabrication de lardons) et Triskalia (légumes surgelés, alimentation animale, collecte de céréales, distribution spécialisée, volailles et activités laitières avec la marque Paysan Breton, partagée avec les coopératives Even et Terrena), afin de former "la première coopérative agricole de Bretagne" avec un ensemble industriel de 3,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, et 5 milliards visés pour 2025.

Pénurie de beurre et négociations commerciales tendues

Tous ces acteurs espèrent ainsi rééquilibrer le rapport de force avec la grande distribution, alors que la charte de bonne conduite pour les négociations commerciales, signée à la mi-novembre par tous les acteurs de l'alimentaire sous la pression du président de la République, dans le cadre des Etats Généraux de l’Alimentation, reste vaine, selon Coop de France. Cette dernière appelle donc ses adhérents à regarder aussi vers l’international et d’autres circuits de distribution, souvent mieux valorisés. C’est d’ailleurs ce qui a expliqué, en partie, la pénurie de beurre rencontrée dans l’Hexagone ces derniers mois…

Reste que les fiançailles annoncées ne parviennent pas toujours à déboucher sur des noces en bonne et due forme. Touchés de plein fouet par la grippe aviaire (avec plus d’1,5 million d’oiseaux abattus à titre préventif en début d’année), deux des cinq principaux acteurs du secteur du foie gras, Maïsadour (marque Delpeyrat, dans les Landes) et Terres du Sud (Lot-et-Garonne) avaient annoncé en janvier la création l'union de leurs coopératives d'ici la fin de l'année. Elle devait regrouper 14 000 adhérents, 7500 salariés, pour un chiffre d'affaires de 2 milliards d'euros. Après trois années de pertes, Maïsadour vient d’annoncer, pour l'exercice 2016/2017, avoir retrouvé un résultat net positif à 4,8 millions d'euros, malgré une baisse de 8,8% de son chiffre d'affaires à 1,336 milliard d'euros, pénalisé par la difficile récolte des céréales et la grippe aviaire. Mais la coopérative a préféré, pour l'instant, renoncer à la fusion avec Terres du Sud, et privilégier un "plan stratégique de reconquête et sécurisation", mis en œuvre jusqu'en 2026.

 

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