Budget: des sénateurs veulent prévoir une croissance plus faible

PARIS (Reuters) - La commission des finances du Sénat français demande au gouvernement de prévoir l'hypothèse d'une croissance économique inférieure à 2,5% par an à partir de 2012, dans la loi de programmation des finances publiques.

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Budget: des sénateurs veulent prévoir une croissance plus faible

Cette demande a été bien reçue mercredi par le ministre du Budget, François Baroin, qui pourrait compléter le texte en ce sens, ont précisé les président et rapporteur de la commission.

"La demande minimale, voire minimaliste que nous formulons c'est qu'il y ait un scénario différent du scénario habituellement optimiste", a déclaré Philippe Marini (UMP), rapporteur général de la commission, à des journalistes.

Le gouvernement prévoit qu'une accélération de la croissance à 2,0% en 2011 et 2,5% les années suivantes permettra de réduire le déficit public à 4,6% du produit intérieur brut en 2012, 3,0% en 2013 et 2,0% en 2014 (après 7,7% en 2010 et 6,0 en 2011).

Mais si la croissance se maintenait à 2,0% à partir de 2011, le déficit ne serait réduit qu'à 5,0% du PIB en 2012, 3,8% en 2013 et 3,0% en 2014, estime la commission des finances.

"On s'est trop longtemps raconté des histoires, qui étaient des conventions de langage, avec des hypothèses de croissance que l'on qualifiait de 'volontaristes'", a déclaré le président de la commission des finances, le centriste Jean Arthuis.

"En retenant l'hypothèse de 2%, on ne dit pas qu'on se limite, on espère que la croissance sera supérieure, mais ça ne sert à rien de préparer des programmations budgétaires avec le haut de la fourchette."

Selon Philippe Marini, "François Baroin nous a dit que l'objectif était intangible, que c'était 3% au 31 décembre 2013. Nous lui avons donc demandé, dans l'hypothèse ou le scénario de croissance serait à 2% par an, quels efforts supplémentaires à faire, quels ajustements supplémentaires à faire".

Si le texte était effectivement complété en ce sens "nous pourrons estimer à bon droit qu'il y a deux scenarii alternatifs, un avec la croissance à 2,5% et l'autre à 2%, ceci sera certainement une information plus sincère", a-t-il ajouté.

Avec une croissance à 2%, la dette publique atteindrait 86,1% du PIB fin 2011, 87,9% fin 2012, 88,6% fin 2013 et 88,5% fin 2014. Le gouvernement prévoit pour sa part 86,2% fin 2011, 87,4% en 2012, 86,8% en 2013 et 85,3% fin 2014.

Les trois composantes du déficit public - Etat, collectivités locales et comptes sociaux - verraient leurs déficits baisser moins rapidement que prévu par le gouvernement si la croissance restait à 2%, en particulier les comptes sociaux du fait d'une moindre amélioration de l'emploi.

Jean-Baptiste Vey, édité par Gilles Trequesser

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