Btampon a eu très chaud cet été

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Btampon a eu très chaud cet été
M. Chaffringeon, directeur de l’usine du site de Btampon à Pont d’Ain, et président du groupe.

L’usine Btampon, à Pont-d’Ain (Ain), est née en mars 2011 sur l’ancien site du chimiste AkzoNobel. L’unité de production de tampons hygiéniques, s’est vue quasi agonisante en juillet.
Le groupe suisse, spécialisé dans l’hygiène féminine et les applications médicamenteuses, a rencontré de grandes difficultés financières entraînant un décalage du versement des salaires aux salariés, des démissions en Suisse, et des incertitudes pour l’usine française, stoppée durant l’été.
A la fin de la trêve estivale, les travaux d’aménagement ont toutefois repris. Ils devraient s’achever d’ici à début octobre.

Bernard Chaffringeon, le président du groupe Btampon revient, pour L’Usine Nouvelle, sur la crise traversée par l’entreprise.
Comment une société aussi jeune que la vôtre a-t-elle pu connaître de pareils déboires ?
C’est simple ! Lorsqu’on lance un projet, il faut de l’argent pour le faire avancer très vite. J’ai souhaité la construction de cette usine dans l’Ain, de grands noms de la finance se sont intéressés à la démarche. Mais la Bourse est un milieu de requins, assez hypocrite. Mon tort a été de faire confiance à des gens qui, d’audit en audit, ont mis énormément de temps à répondre. J’ai appris à mes dépens que c’était une manière élégante de me refuser leurs investissements.
Face à ces refus, Btampon s’est retrouvé en cessation de paiement. En Suisse, une loi sociale existe. Si au bout de 10 jours, le salaire n’a pas été versé aux salariés, ils peuvent démissionner. C’est ce qu’il s’est passé pour les trois-quarts de nos salariés suisses.
En France, les salariés n’ont connu qu’un léger décalage de paiement des salaires, mais cela a suffi pour créer des inquiétudes. Nous avons profité des vacances pour fermer l’usine et trouver une issue… Mes deux lieutenants, Frédéric Sabrié, directeur financier, et Richard Guetty, directeur de la R&D, n’ont pas pris de vacances pour nous rendre à nouveau solvables.
Quelles ont été les solutions mises en place ?
La R&D nous a permis de contourner nos finances en berne. Lorsqu’on a des problèmes de trésorerie, tout le monde vous tourne le dos. Nous, nous nous sommes tournés vers le milieu pharmaceutique : ce secteur a l’habitude de passer des accords de partenariats.
Autrement-dit, nous avons cédé pour cinq ans (renouvelables) une licence d’exploitation d’une indication thérapeutique et d’une spécificité moléculaire, à un grand groupe pharmaceutique, mais nous gardons nos brevets. Cela nous a permis de générer un cash de droit d’entrée assez conséquent. Et de relancer les travaux dans notre usine de Pont-d’Ain.
Notre avantage, c’est d’avoir une vraie technologie, protégée. En période de crise - et quelque soit la crise -, une entreprise doit avoir une R&D active et efficace. Ce que nous produisons, des tampons hygiéniques, nous voulons le faire différemment de nos concurrents : anticiper un besoin non exprimé et innover.
Nous allons produire à Pont-d’Ain des tampons dont le voile couvrant libère des principes actifs, utiles à la gynécologie. Il faut donc que ces éléments pharmaceutiques se fabriquent en chambres blanches, dans des conditions cliniques. Ce n’est pas le cas chez nos concurrents.
Les perspectives pour l’usine de Pont-d’Ain restent donc bonnes ?
La construction a repris après les vacances, comme prévu et elle suit son cours. Nous projetions d’embaucher 250 personnes en deux ans, et je pense que nous atteindrons cet objectif. L’usine rentrera en production fin septembre/début octobre.
Pour l’instant, nous en sommes à une phase de restructuration, puisque nous avions un délai de six mois avant d’acquérir toutes les machines industrielles.
A l’heure actuelle, nous produisons de petites préséries. Lorsque l’unité de production sera mise en place, son grand atout sera sa flexibilité : nous pourrons, je le crois, nous adapter à la demande du marché et y répondre sans difficultés.
Propos recueillis par Amandine Ascensio

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