Bruxelles enquêtera bien sur les équipementiers télécoms chinois

[ACTUALISÉ] - Le commissaire européen au Commerce extérieur Karel De Gucht a confirmé le 15 mai que la Commission était prête à ouvrir une enquête sur des équipementiers télécoms chinois.

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Bruxelles enquêtera bien sur les équipementiers télécoms chinois

Karel de Gucht a déclaré, dans un communiqué publié le 15 mai, que la Commission européenne (CE) avait consenti à un accord de principe sur une enquête anti-dumping et anti-subventions auprès d'équipementiers télécoms chinois, privilégiant toutefois une solution négociée avec la Chine.

"L'heure tourne", a déclaré un porte-parole de Karel De Gucht. "Nous laissons la porte ouverte à des négociations avec nos partenaires chinois depuis environ un an maintenant et nous espérons que les autorités chinoises fassent un pas en avant et s'adressent à nous sérieusement."

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Après les droits de douane imposés aux panneaux solaires chinois accusés d'inonder l'Europe, cette décision marquera une intensification des efforts de l'UE pour se protéger de ce qu'elle qualifie de dumping de la part de son deuxième partenaire commercial.

Près d'un quart du marché européen pour Huawei et ZTE

Huawei, société peu connue il y a dix ans, et sa concurrente plus petite ZTE contrôlent aujourd'hui près d'un quart du marché européen des équipements de télécommunications, avec une domination qui inquiète la CE dans les réseaux mobiles.

Les Etats-Unis et l'Australie ont de facto fermé leurs marchés à Huawei et l'Allemagne l'a exclu l'an dernier d'un appel d'offres pour la fourniture d'infrastructures à un réseau national de recherche universitaire.

Un porte-parole de Huawei à Bruxelles n'a pas souhaité commenter. La société a toujours jusqu'ici démenti les accusations de subventions illicites, expliquant qu'elle doit son avantage concurrentiel à ses coûts de production moindres.

Risques de représailles pour les équipementiers européens en Chine

La question est sensible car les équipementiers européens Ericsson, Alcatel-Lucent et Nokia Siemens Networks craignent des mesures de représailles de la Chine - ce qui a incité la CE, d'ailleurs, à agir de sa propre initiative. De plus, Huawei est un important pourvoyeur d'emplois au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, alors que la France et l'Italie sont favorables à des sanctions.

"Demain ce sera une décision politique", a dit une autre source. "En gros, la Commission dira qu'elle a tous les éléments nécessaires et qu'il ne lui est pas nécessaire d'ouvrir une enquête."

L'enquête sur les équipementiers télécoms, si elle est ouverte, marquera néanmoins un précédent car elle sera menée à l'initiative de la CE elle-même, et non à la suite d'une plainte de professionnels concernés.

Avec Reuters

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