Bruno Le Maire demande quatre garanties avant de valider la fusion Renault-Fiat-Chrysler

Dans un premier temps, le gouvernement français s'est montré favorable au projet de fusion entre Renault et Fiat-Chrysler (FCA). Le 28 mai, au micro de RTL, le ministre de l'Économie et des Finances a exposé plus en détails ses conditions. Bruno Le Maire a demandé quatre garanties tandis que l'éventuel mariage inquiète les syndicats.

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Bruno Le Maire demande quatre garanties avant de valider la fusion Renault-Fiat-Chrysler
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances. /Photo prise le 1er mars 2019/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Mardi 28 mai, Bruno Le Maire a demandé quatre garanties pour donner son feu vert à une fusion entre Fiat-Chrysler et Renault. Sur le plateau de RTL, le ministre de l'Économie et des Finances a décrit le projet comme une opportunité pour le groupe au losange et pour l'industrie automobile européenne.

"L'industrie automobile est confrontée à des défis technologiques qui sont les plus importants depuis ceux qu'elle a eu à affronter au début du 20e siècle", a déclaré Bruno Le Maire. "Cela va demander des dizaines de milliards d'euros d'investissement, donc il faut rassembler les forces pour faire face à ces investissements. Les entreprises qui survivront seront celles qui auront la capacité d'investir massivement dans le véhicule autonome, connecté et électrique."

"C'est à Jean-Dominique Senard de revenir vers moi"

Renault a annoncé la veille, lundi 27 mai, qu'il allait étudier avec intérêt l'ambitieux projet de fusion à 50-50 que lui a présenté le constructeur italo-américain et qui donnerait naissance au troisième constructeur automobile mondial. Le projet suscite beaucoup d'interrogations sur l'emploi et l'équilibre des forces dans le nouvel ensemble, notamment chez les syndicats de Renault et chez Nissan.

"C'est à Jean-Dominique Senard [président de Renault] de revenir vers moi dans les jours qui suivent, puisque j'ai donné mon accord à l'ouverture des négociations, sur les garanties qu'il a pu obtenir de la part de Fiat sur l'empreinte industrielle de Renault en France", a dit Bruno Le Maire sur RTL.

Première garantie demandée : préservation des usines

Première garantie demandée par le ministre de l'Économie : la préservation des sites industriels français. "Je demande zéro fermetures d’usines", a déclaré Bruno Le Maire. Fiat-Chrysler a déjà indiqué qu'il n'y aurait aucune fermeture d'usine dans le cadre de son projet. Mais les intentions du constructeur sont plus floues concernant la préservation de l'emploi...

Selon une source proche du dossier, FCA a proposé de garantir les emplois ouvriers, laissant la place à d'éventuels réductions d'effectifs chez les ingénieurs et les personnels administratifs, ainsi qu'à un compactage des usines existantes. Le gouvernement français tolérera-t-il des suppressions de postes ? Là aussi, la déclaration du ministre ne mentionne pas clairement l'emploi même si le gouvernement a dit être vigilant sur le sujet.

Le mariage Renault-Fiat-Chrysler devra se faire avec Nissan pour le gouvernement

Le ministre de l'Économie a fixé comme autre garantie que la fusion entre Fiat et Renault se fasse dans le cadre de l'alliance avec Nissan. Un chantier auquel va devoir s'atteler Renault puisque le constructeur japonais et allié de Renault aurait été écarté des premières négociations. Mercredi 29 mai, le président et le directeur général du groupe français doivent néanmoins se rendre au Japon pour un conseil opérationnel de l'alliance.

Troisième condition : que les intérêts français soient bien représentés dans la future gouvernance à la tête du nouvel ensemble, même si la participation de l'État s'en trouverait diluée de moitié à 7,5%. Le sujet inquiète aussi la CGT qui a exigé que l'État conserve sa minorité de blocage dans la nouvelle structure éventuelle.

Enfin, Bruno Le Maire a demandé à ce que le nouveau groupe participe à la commande des futures batteries européennes plutôt que les batteries chinoises. La France et l'Allemagne sont effectivement prêts à subventionner à hauteur de 1,2 milliard d'euros les premières lignes de production pour créer un "Airbus des batteries".

Avec Reuters (Gilles Guillaume et Simon Carraud, édité par Benoît Van Overstraeten)

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