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Bruno Cercley cherche une nouvelle piste pour Rossignol

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Le nouveau président du fabricant de skis, remercié par son dernier actionnaire, l'américain Quiksilver, revient aux commandes pour tenter son redressement.

« Le pari est osé et nous ne sommes pas sûrs de réussir », annonce-t-il d'emblée. Pourtant, à 49 ans, Bruno Cercley veut tout tenter pour sauver le fabricant français de skis Rossignol, dont il vient de prendre la tête. Son ancien propriétaire, l'américain Quiksilver, a jeté l'éponge. Le nouveau patron, recruté par les repreneurs, le fonds d'investissement australien Macquarie et le groupe américain Jarden, se donne trois ans pour relever ce défi à haut risque. L'endettement de l'entreprise centenaire atteint 300 millions d'euros. Autant que son chiffre d'affaires en 2007. Trois ans plus tôt, les ventes avoisinaient encore 480 millions d'euros. Rossignol cumule les pertes depuis plusieurs années. En 2007, elles atteignaient 40 millions d'euros. « La tendance pour l'exercice 2008, clos fin octobre, ne devrait pas être meilleure », avance Bruno Cercley. Cet ingénieur de l'Estaca, spécialisé dans la construction aéronautique, n'a pas pris sa décision à la légère. Et pour cause : il connaît bien la maison pour avoir été membre du directoire en 2002, puis président de 2004 à 2005, avant d'être évincé par... le repreneur d'alors, Quiksilver. « J'ai toujours gardé un attachement particulier à Rossignol où j'ai conservé d'excellentes relations avec le personnel », confie-t-il.

Ainsi, dès qu'il apprend la mise en vente du fabricant, en mars, il s'intéresse de près au dossier. En quelques mois, il parvient à convaincre Macquarie et le groupe américain Jarden (skis Völk et K2), dont il dirige la filiale européenne Coleman, spécialisée dans le matériel outdoor. « J'avais besoin de partenaires financiers solides et sérieux, ne se décourageant pas au bout de six mois », souligne-t-il. Il crée alors la société Chartreuse et Mont-Blanc, en référence aux massifs historiques de Rossignol et Dynastar, pour assurer la reprise. Montant de l'opération : 100 millions d'euros contre 360 millions (dettes comprises) déboursés en 2005 par Quiksilver. Mais comment réussir à redresser un groupe de 1 600 personnes dans quatre usines, dont deux en France - à Sallanches (Haute-Savoie) et à Nevers (Nièvre) - là où les précédents propriétaires ont échoué ? Bruno Cercley ne veut rien s'interdire, mais se donne une période d'observation de deux mois avant de lancer un plan de retour à la rentabilité. « Ce serait malhonnête pour une société en perte de dire que nous n'allons rien changer », déclare-t-il. Mais si les actionnaires précédents ont supprimé 300 postes, le coût de la main-d'oeuvre n'est, pour lui, pas le problème majeur de l'entreprise. « 70 % de nos coûts proviennent des matières utilisées », souligne-t-il. La priorité sera donc donnée à la recherche et développement, au repositionnement du portefeuille de marques (Rossignol, Dynastar, Lange, etc) et à une réduction des ambitions sur le textile. « Je préfère miser sur la qualité, quitte à avoir moins de parts de marché et des prix plus élevés », assume-t-il. Bruno Cercley sait cependant rester modeste : bien que passionné de ski, il reconnaît, sans peine, « avoir été le plus mauvais skieur de la maison Rossignol » lors de son précédent passage. .

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