BRM ne laisse rien au hasard

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BRM ne laisse rien au hasard

Le fabricant français de montres de luxe a trouvé la bonne recette. De la conception originale des mécanismes à l’usinage de plus petits composants, rien ne doit jamais défaillir.

Caché parmi les paillions dans la petite zone industrielle de Magny-en-Vexin (Val-d’Oise), l’atelier de Bernard Richards Manufacture (BRM) ne paie pas de mine. Mais une fois passée l’entrée, on pénètre dans un autre monde. Celui de la montre de luxe, qu’affectionnent tant les amateurs de courses d’automobiles. « Les hommes aiment les femmes, les voitures et… les montres ». Argument péremptoire du patron des lieux, Bernard Richards qui nous reçoit dans son bureau peuplé d’une dizaine de bécanes de course.

C’est en 1986 que ce diplômé de l’Ecole horlogère de Paris crée sa société de sous-traitance dont les clients sont des grands groupes spécialisés dans le luxe. « Je n’avais pas cependant la même vision du luxe, précise ce perfectionniste. Ils fabriquent des produits en série pour les vendre au plus grand nombre de clients possibles. Mes montres ne sont destinées qu’à une seule personne. »

Réactivité, indépendance… La suite est logique. BRM voit le jour en 2003 pour mettre en musique ce parti pris. Avec une organisation sur-mesure qui s’appuie sur 22 spécialistes de première main qui fabriquent des montres automatiques. Des bijoux technologiques, dont le prix moyen s’élève à 5 000 euros. Ou des stylos de collection, comme ce prototype à 8 000 euros la pièce qu’ont déjà réservé une cinquantaine de clients. Et d’autres articles luxueux pour les hommes tels que les gros boutons de manchette.

Chacun peut personnaliser sa montre, comme une voiture. Un configurateur lui permet sur le site Internet du fabricant à imaginer sa propre montre. En choisissant entre les différents modèles de boîtiers, de cadrans, d’aiguilles…, il pourra jongler avec 100 000 possibilités différentes. Un mois après, il recevra une montre unique qui lui rappellera éventuellement sa voiture de luxe. C’est grâce à ce configurateur que certains aficionados ont pu construire leur rêve en 2010 : quelques montres à 110 000 euros.

CAO, prototypes fabriqués à la main, moyens d’usinage adaptés, assemblage manuel… Rien n’est laissé au hasard chez BRM. Quelques 14 machines, dont sept centres d’usinage 5 axes Realmeca, assurent la fabrication à partir d’une barre, des pièces en titane, en inox ou en composite. « N’importe qui peut acheter ces machines, mais le secret de la réussite réside dans leur utilisation », explique Bernard Richards.

Lapalissade ? Pas du tout. Trois opérateurs aguerris pilotent ces équipements regroupés par type d’usinage et adaptés à la fabrication de petites pièces. Avec des tolérances qui varient entre 1 et 3 µm. Les montages d’usinage sont conçus sur mesure par BRM. Les usinages, qui nécessitent d’une demi-heure à une heure, sont réalisés avec des petits outils de coupe, Dixi par exemple, dont le diamètre n’excède pas le 0,3 mm.

Le secret de cette performance ? « Il ne faut ignorer aucun chaînon, avoue Bernard Richards. La moindre petite vis défectueuse peut détruire notre réputation en un clin d’œil. » Alors, l’entrepreneur n’a pas hésité à s’équiper d’un tour Tornos après avoir constaté que son sous-traitant n’était pas capable de respecter son cahier de charges draconien.

Le service après-vente n’est pas non plus oublié : la réparation d’une montre en panne est assurée en moins d’une semaine. Cette recherche de la perfection s’accompagne d’une veille technologique permanente. Dans le domaine des matériaux, par exemple. Des vis ultralégères en titane ont ainsi permis la mise au point d’une des montres les plus légères au monde. Cette dernière ne pèse que 40 grammes au lieu de 65 grammes en général… Ou la recherche de nouveaux mécanismes avec un ingénieur horloger, partenaire de Bernard Richards.

La crise a-t-elle touché ce monde qui fait rêver ? « Il y a trois ans, nous avions 7 000 commandes pour 2 000 montres fabriquées annuellement », explique Bernard Richards. En 2010, ils étaient 3000 à vouloir arborer une BRM. » Un millier l’attend toujours…

MIREL SCHERER

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