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L'Usine de l'Energie

Brittany Ferries met à l'eau son premier navire au GNL

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Publié le , mis à jour le 14/12/2018 À 08H59

Images [ACTUALISE] La compagnie bretonne de ferries Brittany Ferries, qui opère cinq lignes transmanche, met à l'eau vendredi 14 décembre le Honfleur, un ferry fonctionnant au GNL. Ce navire et la logistique GNL spécifique mise en place avec l'aide de Total ont représenté un investissement de 200 millions d’euros.

Brittany Ferries met à l'eau son premier navire au GNL © neonbubble - Flickr - c.c.

La compagnie transmanche Brittany Ferries (455 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016, avec un effectif moyen de 2800 salariés), met à l'eau vendredi 14 décembre son navire "Honfleur", qui sera propulsé au gaz naturel liquéfié (GNL).

Long de 187 mètres, ce bateau devrait transporter jusqu'à 1 680 passagers, 550 voitures et 64 remorques, et disposer de 261 cabines, deux cinémas, des restaurants, bars, boutiques...

(photo: Britanny Ferries)

L'entreprise bretonne, qui a son siège à Roscoff (Finistère), avait présenté son futur ferry à Honfleur (Calvados) en juin 2017. Sa construction par le chantier allemand Flensburger Schiffbau-Gesellshaft ainsi que la logistique GNL mise en place représentaient un investissement de 200 millions d’euros, annonçait Jean-Marc Roué, président du conseil de surveillance de Brittany Ferries.

Répondre au durcissement des règles

Le choix du GNL par Brittany Ferries est une réponse au durcissement des règlementations mondiales et européennes pour la teneur en soufre des carburants et à la volonté de réduire son empreinte environnementale, l’utilisation du GNL permettant en outre une réduction de l’empreinte CO2 et d’oxyde d’azote.

L’organisation maritime internationale a imposé aux armateurs de passer à un carburant à 0,1 % de soufre à l’intérieur des zones dites SECA (Sulphur Emission Control Area) au 1er janvier 2015. En Europe, la zone SECA comprend le secteur Manche/mer du Nord/ Baltique, le terrain de jeu de Brittany Ferries qui opère cinq lignes transmanche.

A cette réglementation mondiale, s’ajoute une "couche" de réglementation européenne (un taux de 1,5 %) pour les carburants utilisés par les navires à passagers hors zone SECA. Pour être complet sur ce sujet il faut rappeler qu’en 2020, l’ensemble de la flotte mondiale (ferries, cargos …) de la planète se verra appliquer un taux de 0,5 % (contre 3,5 % aujourd’hui).

Pour se conformer à cette réglementation, les armateurs font appels à différentes technologies. Depuis 2015, Brittany Ferries utilise deux solutions : des filtres à fumées pour ses navires fonctionnant au fuel lourd et du gasoil à 0,1 % de soufre.

Logistique GNL en partenariat avec Total

En présentant le "Honfleur" qui doit entrer en service en juin 2019 sur la ligne Ouistreham/Portsmouth (la plus grosse ligne de la compagnie avec un million de passagers sur un total de 2,7 millions), Brittany Ferries avait insisté sur la "solution originale et innovante" mise en oeuvre en exclusivité avec le groupe Total reposant sur l’embarquement de conteneurs de GNL à bord du navire. "Si le Honfleur n’est pas le premier navire fonctionnant au GNL, la logistique qui va être mise en œuvre est une première mondiale, a expliqué Frédéric Pouget, membre du directoire et directeur du pôle maritime de Brittany Ferries à l’Usine Nouvelle. Contraints par des temps d’escale très courts et faute d’installation de soutage en GNL dans les ports que nous desservons, nous créons nous même notre propre station-service en quelque sorte. Nous mettons en place une chaîne d’approvisionnement spécifique."

Concrètement, les conteneurs de GNL doivent quitter par semi-remorque et par la route, le terminal méthanier de Dunkerque jusqu’à Ouistreham. Les semi-remorques seront chargés sur le navire et les conteneurs transférés dans des emplacement spécifiques sur le navire à l’aide d’un portique spécialement conçu qui restera sur le navire. Le GNL sera stocké à bord dans un réservoir à l’arrière du navire au niveau du pont numéro 7 éloigné des zones passagers. Deux conteneurs vides seront déchargés à chaque escale et remplacés par deux pleins.

Une propulsion au diesel électrique

Le mode de propulsion du Honfleur - diesel électrique - est différent de celui des autres navires de Brittany Ferries qui fonctionnent en mode diesel mécanique. Le Honfleur sera propulsé par deux moteurs électriques entraînant deux hélices mues par quatre groupes électrogènes (au GNL) d’une puissance totale de 28 mégawatts.

En 2016, Brittany Ferries a transporté sur ses dix navires battant pavillon français, quelque 2,7 millions de passagers, 900 000 voitures et 200 000 camions. La compagnie emploie entre 2 400 et 3 200 salariés (dont 1 600 à 2 300 navigants), les variations étant liées à la saisonnalité de l’activité.

L’histoire de Brittany Ferries remonte à l’affrètement d’un premier navire chargé d’oignons et de pommes de terre entre Roscoff et Plymouth le 2 janvier 1973, c’est à dire 24 heures après l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun. En investissant dans la construction d’un nouveau navire, ce qu’elle n’avait pas fait depuis 2009, la compagnie se déclarait l'an dernier "confiante dans l’avenir en dépit des défis que pose le Brexit", avait déclaré Jean-Marc Roué.

Claire Garnier
 

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