Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Brexit, raisons et sentiments

Publié le

Brexit, raisons et sentiments © Pascal Guittet

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Depuis le 19 février et l’accord négocié par David Cameron avec ses 27 homologues dans cette Bruxelles qu’il "n’aime pas", voilà donc le Royaume-Uni engagé dans une terrible campagne référendaire. Le 23 juin, on saura s’il reste dans l’Union européenne. Les électeurs sont partagés. Les partisans des deux camps martèlent leurs vérités, avec l’échevelé maire de Londres, Boris Johnson, en héraut du "out".

Et sur le fond ? On ne saurait contester cette liberté de choix des Britanniques, elle figure dans le traité de Lisbonne. Mais si l’on s’en tient à la simple logique, les arguments en faveur du "in" l’emportent d’eux-mêmes. Citons en quelques-uns. Les bénéfices de l’appartenance au marché unique sont immenses pour Londres. Bien supérieurs à sa contribution nette au budget européen, de l’ordre de 10 milliards d’euros par an (environ à 0,4 % du PIB), qui irrite tant les europhobes. Par ailleurs, si au 10 Downing Street on exècre les réglementations européennes, la présence britannique à Bruxelles permet d’agir sur leur teneur et elle ne s’en prive pas. En cas de Brexit, Londres n’aura plus voix au chapitre.

Le paradoxe ? Quelle que soit la renégociation qui suivra (la Fondation Robert Schuman dénombre sept statuts possibles), Londres continuera probablement d’appliquer la plupart des règles européennes, comme le font la Suisse ou la Norvège. Ce sera le prix à payer pour accéder au marché unique, à quoi s’ajoutera une "cotisation" annuelle. Le royaume s’affranchira certes des règles (peu contraignantes) de l’Europe sociale. Mais, même sur la régulation financière si cruciale à ses yeux, sa marge de négociation sera étroite s’il veut que Londres reste la capitale financière de l’Europe. Ce sont ces facteurs objectifs qui conduisent une large majorité des milieux d’affaires, pas toujours europhiles, à choisir l’option du maintien. Ajoutons qu’au plan géopolitique, les dégâts d’un Brexit seraient terribles pour l’Union autant que pour le Royaume-Uni. Comme l’a dit un David Cameron mué en improbable avocat du "in" à la Chambre des communes, tous les leaders mondiaux qu’il rencontre s’alarment d’une sortie de son pays de l’Europe. Le seul, selon lui, à la voir d’un bon œil est Poutine.

Oui, mais voilà… tous ces arguments, si sensés soient-ils, ne parlent pas à une large part de l’opinion, chauffée à blanc par le parti europhobe Ukip et par les tabloïds. La raison reste inopérante. Les sentiments, dont profitent l’extrême droite sur le continent et Donald Trump aux États-Unis, sont le moteur des partisans du Brexit. Méfiance vis-à-vis des autres, conviction que des idées simplistes peuvent résoudre des problèmes complexes, bref, sentiments d’un improbable souverainisme. Contre cela, à Londres, à Bruxelles ou ailleurs, on ne sait pas faire grand-chose. 

Pierre-Olivier Rouaud

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle