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Bretagne : DCNS Lorient, la frégate du Morbihan

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Premier employeur industriel du département, le constructeur naval bénéficie d’un plan de charge qui fait les beaux jours de la sous-traitance locale.

Bretagne : DCNS Lorient, la frégate du Morbihan © Grâce au programme Fremm, le plan de charge du constructeur est assuré jusqu’en 2022.

Lorient vit au rythme de DCNS. Il suffit de se poster à la principale porte d’entrée du chantier pour comprendre que tout va bien. Le ballet des véhicules est incessant. Premier employeur industriel du Morbihan, DCNS occupe une emprise de 46 hectares proche du centre-ville. Le constructeur naval doit y construire, dans le cadre du programme Fremm, 12 frégates multifonction pour le ministère de la Défense. Une commande complétée par celle du Maroc, qui a décidé de se doter de l’un de ces bâtiments. Le plan de charge est assuré jusqu’en… 2022 ! « Nous livrons une frégate tous les dix mois. Cela représente 3 millions d’heures de travail pour le chantier. Cinq navires sont en cours de réalisation », précise Jérôme Hémonet, le directeur de la communication du chantier. À Lorient, DCNS emploie 2 000 salariés : 200 postes supplémentaires ont été créés au cours des deux années écoulées, principalement en production.

Ce contrat Fremm fait les beaux jours de la sous-traitance locale. Quelque 800 salariés, répartis entre les entreprises lorientaises de peinture et les ateliers de chaudronnerie et de tôlerie, interviennent tous les jours sur le site. DCNS passe également des contrats avec des sociétés du secteur tertiaire pour compléter les activités de son bureau d’études et de conception des bâtiments de surface et des sous-marins, qui compte pourtant une centaine de salariés.

« Sofresid Engineering travaille pour DCNS depuis une vingtaine d’années, explique LoïcBruneau, son directeur à Lorient. Un tiers de nos 100 collaborateurs se charge d’études pour la construction des Fremm. On intervient aussi dans des calculs de structures. Même pendant les périodes de baisse de charge, le chantier nous a maintenu sa confiance, c’est une relation saine et pérenne. »

DCNS Lorient, dont le quart des collaborateurs sont des cadres, a absolument besoin de ces compétences extérieures pour maintenir son rythme de production et décrocher de nouveaux contrats en France et à l’étranger. Plusieurs pays s’intéressent d’ailleurs aux frégates Fremm, comme le Canada. Rien n’est encore signé mais si une commande de ce type arrive, le chantier devra davantage faire appel à ses équipementiers et à ses sous-traitants.

Une politique de l’alternance

Pour les préparer, il lui faut bien les connaître. L’équipe de la direction du chantier est membre de plusieurs structures professionnelles, notamment Bretagne Pôle Naval qui regroupe une centaine d’entreprises de la région spécialisées dans le naval et les énergies marines renouvelables. « Avec DCNS, nous entretenons des relations très étroites pour anticiper au mieux les pointes de charge, les éventuelles baisses d’activité et comprendre comment adapter nos entreprises », explique Anne-Marie Cuesta, la déléguée générale de Bretagne Pôle naval.

Dans le domaine de la formation, qu’il juge évidemment capitale, DCNS Lorient a poussé à la création d’une nouvelle licence pro en alternance à l’IUT de la ville. Sa spécialité : la construction navale. La première promotion, composée d’une vingtaine d’étudiants, vient de terminer un cursus long de dix-huit mois. Plusieurs d’entre eux vont rejoindre les rangs de DCNS ou d’entreprises faisant partie de son environnement. « En outre, ajoute Jérôme Hémonet, nous mettons le paquet sur l’alternance, puisque 112 jeunes, du niveau bac pro à bac + 5, sont actuellement en formation dans les différents services de l’entreprise. »

Pour optimiser la productivité, moderniser les installations industrielles tout en améliorant les conditions de travail de son personnel, l’entreprise a su multiplier les investissements partout dans le chantier. « Nous y engageons depuis plusieurs exercices une enveloppe comprise entre 8 et 10 millions d’euros par an. Les retombées en termes de travaux sont essentiellement locales », assure Jérôme Hémonet.

Les jeunes Lorientais n’ont pas été oubliés par l’industriel. Jérôme Hémonet est personnellement très engagé dans l’opération Le Printemps de l’entreprise, qui se déroule tous les ans dans la ville et les communes suburbaines. Le dirigeant y fait découvrir aux lycéens et aux étudiants toutes les facettes du groupe. Le service des ressources humaines peut même être amené à les aider à rédiger un CV ou à se présenter à un entretien d’embauche… Un exercice qui pourra leur être utile s’ils souhaitent un jour postuler pour de vrai chez DCNS.

Les principaux investissements en cours

  • Batscap, filiale du groupe Bolloré, agrandit son usine de production de batteries au lithium métal polymère d’Ergué Gabéric (Finistère). L’investissement s’élève à 250 millions d’euros avec 300 emplois supplémentaires à la clé.
  • Le groupe coopératif Even engage une enveloppe de 19 millions d’euros pour agrandir sa laiterie située dans le prolongement de ses bureaux à Ploudaniel (Finistère). Even veut étendre la gamme vendue sous la marque Paysan Breton.
  • Le chinois Synutra va construire, en 2014, une tour de séchage du lait à Carhaix (Finistère), avec la collaboration du groupe Sodiaal. Ce projet prévoit un investissement de 100 millions d’euros et la création de 100 emplois.
  • Roullier, le spécialiste de l’agrofourniture, va créer à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) un vaste centre de R & D moyennant une enveloppe de 40 millions d’euros. Ce laboratoire interviendra dans le secteur des engrais et des fertilisants. Opérationnel en 2016, il se traduira par la création de 120 emplois supplémentaires.

 

Brest, base avancée de SDMO 

« À un salarié SDMO correspond un poste et demi chez nos sous-traitants et équipementiers, principalement de proximité », précise Jean-Marie Soula, le PDG du fabricant de groupes électrogènes implanté à Brest (Finistère). Filiale de l’américain Kohler depuis 2005, SDMO compte 1 200 salariés en France. Privilégier au maximum les partenaires locaux fait partie intégrante de la stratégie de l’industriel. Ceux-ci sont très présents dans la tôlerie pour la fabrication des capots et des châssis des groupes électrogènes. La chaudronnerie l’Industrielle du Ponant, à Plouédern (Finistère), intervient depuis des années pour le groupe. Les investissements réguliers réalisés chez SDMO profitent aussi à son environnement économique. Le groupe sort d’un programme lourd de 25 millions d’euros qui lui a permis de doubler la taille de sa principale usine brestoise. « L’architecte, les entreprises de gros œuvre et de second œuvre étaient tous de la région », explique Jean-Marie Soula. SDMO, qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 500 millions d’euros, est aussi un partenaire de premier plan pour l’hôtellerie. Son centre de formation, installé à Brest, accueille tous les ans, pendant plusieurs jours, 650 installateurs et vendeurs venus du monde entier. 

 

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