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Brésil : le F/A-18 revient en force face au Rafale

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L’avion de chasse américain, que l’on disait marginalisé dans la compétition qui l’oppose au Rafale et au Gripen NG, a opéré un retour en force. La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, aurait désigné le F/A-18 comme favori et les Américains font miroiter une grosse commande d’avions d’entrainement Embraer pour l’emporter.

Brésil : le F/A-18 revient en force face au Rafale © D. R.

Il y a quelques jours, un parterre de « congressmen » américains et quelques officiers de haut rang du Pentagone, ont assisté à une démonstration en vol du Super Tucano, l’avion d’entrainement brésilien fabriqué par Embraer. Démonstration apparemment réussie, qui avait lieu sur le terrain d’aviation de Jacksonville, en Floride. L’opération n’est évidemment pas innocente : elle est l’un des nombreux maillons de la compétition qui oppose le chasseur de Boeing F 18 Super Hornet au Rafale de Dassault et au Gripen NG de Saab pour rééquiper les forces aériennes du Brésil (FAB) avec une centaine d’appareils.

Un achat massif de Super Tucano

Pour convaincre les Brésiliens d’acheter le F 18, le gouvernement américain propose de passer un contrat avec Embraer pour l’achat d’une centaine de Super Tucano, voire le double selon certaines sources. Le constructeur brésilien – plus connu pour ses avions régionaux - est prêt à installer une chaîne d’assemblage à Jacksonville et à y créer des emplois. Par ailleurs, les Américains se disent prêts à transférer certaines technologies concernant le F 18, un appareil développé à la fin des années 70, mais dont la version Super Hornet date de 1995. Enfin, l’administration Obama fait, depuis plusieurs mois déjà, miroiter une offre pour participer au développement du KC 390, un avion de transport militaire de taille moyenne conçu par Embraer. « Cette offre à triple détente a de quoi faire réfléchir et le gouvernement brésilien, et son industrie », constate un connaisseurs du dossier. Et ce n’est pas tout : l’achat d’un avion de chasse étant un acte éminemment politique, les Américains sont prêts à soutenir le Brésil pour l’obtention d’un siège d’observateur à l’OTAN.

Rapprochement Brésil-USA

Est-ce pour toutes ces raisons que Dilma Rousseff, la nouvelle présidente du Brésil, aurait récemment déclaré sa préférence pour le F 18 ? L’information a été depuis démentie mollement… Son prédécesseur, Lula, avait lui fait le choix du Rafale en septembre 2009, mais sans apposer sa signature sur un contrat en bonne et due forme. Et début 2011, Dilma Rousseff a décidé de remettre à plat tout le dossier. « Dilma Rousseff a l’air d’être plus prête à se rapprocher des Etats-Unis que Lula », indique un observateur.

Sarkozy agace

Les deux concurrents du F 18 ne sont pas restés inactifs. Dassault comme Saab ont proposé aux Brésiliens de créer un centre de R&D à San Bernardo do Campo, dans la banlieue de Sao Paulo. L’usine principale et le siège d’Embraer se trouvent à une petite centaine de kilomètres de là, à Sao Jose dos Campos. Par ailleurs, Dassault, sous la pression du gouvernement français, a décidé d’offrir « 100% des technologies » du Rafale. Jamais l’avionneur français aura été aussi loin pour exporter un avion de chasse. De plus, le fameux radar à antenne active RBE 2 fabriqué par Thales a été récemment validé sur le Rafale. Cet équipement donnera au chasseur français des capacités équivalentes au F 18, notamment en matière d’acquisitions de cibles multiples.

Mais ces efforts risquent de ne pas suffire. Nicolas Sarkozy a forcé la main de Lula en 2009, et a fini par agacer les Brésiliens. De son côté, Embraer considère que le Rafale est un avion « trop développé » pour donner une vraie charge de travail à l’industrie locale. Et le renvoi à plus tard de toute décision ne joue pas en faveur du Rafale.

Guillaume Lecompte-Boinet

Zoom sur le F 18 Super Hornet
Conçu à l’origine par McDonnell Douglas, le F 18 Super Hornet est tombé dans l’escarcelle de Boeing quand ce dernier a racheté McDonnell en 1997. Comme le Rafale, le F 18 Super Hornet est un avion bimoteur de supériorité aérienne, mais d’une masse maximale de 30 tonnes (24 tonnes pour le Rafale) et capable de voler à Mach 1,8. Son grand avantage : il a été produit à plus de 1500 exemplaires et exporté dans une dizaine de pays (Australie, Canada, Espagne, Suisse…). En plus du dollar bas, les Américains peuvent évidemment jouer sur cet effet d’échelle pour proposer un prix beaucoup plus attractif que le Rafale.

 




 

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