Brésil en alerte

C'était il y a un an. Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, parvenait à convaincre le taïwanais Foxconn, principal sous-traitant d'Apple, d'investir au pays de la samba, avec la promesse de créer cinq usines pour 12 milliards de dollars. Un rêve de Brésil high-tech pas tout à fait réalisé mais dans quelques semaines les premiers iPad « made in Brazil » doivent sortir près de São Paulo. Les geeks cariocas ou paulistes les attendent avec impatience. Et pour cause : au Brésil, les produits Apple sont 40 % plus chers qu'aux États-Unis en raison de lourdes taxes à l'importation. Le projet, lui, a bien failli capoter, car il fait l'objet au Sénat d'âpres négociations sur les exonérations fiscales nécessaires. Cette histoire résume bien les défis de l'industrie au Brésil : diversification, compétitivité, réformes... Pour Dilma Rousseff, le secteur manufacturier est devenu une cause nationale. Début avril, elle a lancé la phase 2 de « Brasil Maior », un plan industriel initié en août 2011. Ce volet de 35 milliards de dollars prévoit des prêts bonifiés, des allègements fiscaux ou un soutien aux exportateurs. Objectif ? Accroître la productivité de l'industrie et surtout stopper son déclin relatif sur fond de croissance molle (3 % en 2011). Car le Brésil, tel un vulgaire pays de la zone euro, craint les affres de la désindustrialisation. C'est plutôt inattendu pour une nation perçue comme une puissance commerciale tropicale dotée de champions mondiaux (Embraer, Brasil Foods, Petrobras), sans oublier son secteur automobile, le sixième au monde. Mais dans les faits, la part de l'industrie manufacturière dans le PIB a chuté à 14,6 %, contre 18,03 % en 2003. Les explications, multiples, tiennent à l'exposition du Brésil aux matières premières (« mal hollandais »), à une R et D anémique, à une fiscalité archaïque ou aux effets de la crise mondiale. Depuis 2005, le real s'est apprécié de 45 % vis-à-vis du dollar, érodant la compétitivité de l'industrie et favorisant les importations. Rencontrant Barack Obama la semaine dernière puis lors du sommet des Amériques, Dilma Rousseff a dénoncé à nouveau le « tsunami monétaire » provoqué par l'excès mondial de liquidités (dollars surtout), du fait des politiques expansionnistes des pays riches. Le Brésil taxe les flux entrants de capitaux depuis 2009. Allant un cran plus loin, Brasilia a aussi relevé ses droits de douanes sur l'automobile. Désordre monétaire, regain du protectionnisme... Le Brésil écrit le menu du G20 de Mexico fin juin.

 

L'industrie perd pied. Pour Dilma Rousseff, le dollar faible est en cause.

 

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