Brésil :coup d’envoi du train à grande vitesse

L’appel d’offres de la ligne São Paulo-Rio de Janeiro a été publié à la mi-juin. Les consortiums intéressés ont jusqu’au 16 décembre 2010 pour faire valoir leurs propositions. La Folha de S. Paulo croit savoir que des industriels asiatiques sont très intéressés par ce projet et cherchent à s’allier avec des partenaires brésiliens.

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Brésil :coup d’envoi du train à grande vitesse
La ville de São Paulo, bientôt reliée à Rio par un TGV.

Depuis quelques années, c’était un peu le serpent de mer ferroviaire des Brésiliens. Le projet de train à grande vitesse entre les capitales régionales de São Paulo et Rio de Janeiro excitait l’imaginaire des Brésiliens, mais rien de bien concret ne se manifestait.
Enfin, le gouvernement a donné son feu vert à la mise en route de cet énorme chantier : 511 km de voies ferrées, moyennant un investissement d’un peu plus de 33 milliards de reais (14,3 milliards d'euros).

L’appel d’offres a été publié au cours de la semaine du 12 au 18 juillet. Et le vainqueur, parmi les candidats qui se feront connaître, sera choisi le 16 décembre 2010, lors d'une cérémonie au siège de la Bourse des Valeurs de São Paulo (BOVESPA).

Le principal critère imposé par le gouvernement Lula, auquel tous les intéressés devront souscrire : le prix minimal en classe économique, pendant la totalité du trajet estimé à une heure et demie, de devra pas excéder 199,80 reais (87 euros). Les consortiums qui participeront à cette licitation, appelés à construire cette voie ferrée et à en assurer par la suite la gestion, devront se débrouiller pour parvenir à un tel prix.


AUCUNE LIMITE POUR LE CAPITAL ETRANGER

Le gouvernement a stipulé qu’aucune limite ne serait fixée en ce qui concerne la participation du capital étranger dans ce projet. Toutefois, il faudra qu’un quart au moins du matériel roulant soit produit sur le territoire national.

Le tracé de la voie ferrée a été retenu. Trois gares sont prévues dans l’Etat de Rio de Janeiro : outre deux gares dans la ville portant le même nom, une autre à Volta Redonda, où se dressent les hauts fourneaux d’une importante compagnie sidérurgique (CSN). Pour ce qui est de l’Etat de São Paulo : une gare à côté du petit aéroport de Campo de Marte dans la ville de São Paulo, une autre à hauteur de l’aéroport international de Guarulhos, deux à Campinas, sans oublier une gare à São José dos Campos où bat le cœur du constructeur aéronautique Embraer.

Pour viabiliser le chantier, le gouvernement a jeté les bases d’une société d’Etat, qui pourra prendre une participation dans le consortium vainqueur, dont le capital sera constitué en fonction des sommes que le gouvernement consacrera à l’évacuation des terrains situés autour des voies. La Banque Nationale de Développement Economique et Social, la BNDES, accordera des prêts et des financements correspondant à 60 % du montant du projet, ce qui suscite l’ire de plusieurs partis d’opposition. Ces formations politiques exhortent le président Lula à investir l’argent du contribuable, avant tout dans la modernisation des réseaux de transports urbains.

JEUX OLYMPIQUES EN 2016

Initialement, ce que les Brésiliens appellent le «trem bala » (le train à coup de feu) devait être la vitrine de la nouvelle puissance industrielle que Brasilia entend faire scintiller lors de la Coupe du monde de football en 2014. Mais il semble que le chantier sera terminé à l’aube des Jeux olympiques, en 2016.

Ce qui est sûr : les intéressés, dans la perspective du 16 décembre, ne devraient pas manquer à l’appel. La Folha de S.Paulo, quotidien édité dans la principale ville économique du Brésil, rappelle que les investisseurs et industries des pays suivants pourraient participer aux grandes manœuvres ferroviaires qui s’annoncent : Allemagne, France (Alstom, en particulier) et Italie.

La Folha de S.Paulo évente la possibilité d’une offensive asiatique. Le groupe Andrade Gutierrez, l’un des poids lourds du BTP, serait en train de négocier avec des Japonais: Mitsui, Toshiba, Hitachi, Mitsubishi et Japan Railway. Un autre groupe, Bertin, dans l’agroalimentaire, serait prêt à s’allier à Samsung et Hyundai, des entreprises sud-coréennes.
Reste à savoir quel sera le cheval de Troie choisi par les Chinois pour tenter leur chance dans le ferroviaire brésilien. «Jusqu’à maintenant, estime la Folha de S.Paulo, il semblait que les Chinois s’associeraient à Odebrecht.» Il s’agit d’un groupe jonglant avec plusieurs activités (BTP, extraction minière, pétrochimie). «Rien n’interdit de penser que les Chinois iront au combat seuls, sans s’allier à des partenaires brésiliens», suggère la Folha.

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