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Quotidien des Usines

Brennilis : «Le démantèlement d’une centrale prend du temps»

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Entretien La centrale nucléaire de Brennilis, dans le Finistère, devait être la vitrine du savoir-faire d’EDF en matière de démantèlement. Plus de 25 ans après la mise à l’arrêt du réacteur, des doutes subsistent quant à la marche à suivre. D’ici à cet été, l’autorisation de reprendre les opérations pourrait être donnée, à l’exclusion du démantèlement du cœur du réacteur. En cause, la gestion des déchets hautement irradiés pour lesquels aucune solution pérenne ne serait mise en place avant…2025. Si le coût précis du chantier de Brennilis n'est pas dévoilé, EdF a provisionné 2 milliards d'euros en vue de la déconstruction de neuf réacteurs en France, dont celui-ci. Jean-Christophe Couty, à la tête de la centrale depuis septembre dernier, revient pour usinenouvelle.com sur sa feuille de route.

Brennilis : «Le démantèlement d’une centrale prend du temps»
Jean-Christophe Couty - Directeur de la centrale de Brinnelis

Quelles sont les grandes étapes qui vont régir le démantèlement total de la centrale ?

Le démantèlement d’une centrale se décompose en cinq étapes. On procède tout d’abord au déchargement du combustible, puis à la vidange des circuits. A Brennilis, ces opérations ont été effectuées en 1992. Viennent ensuite les étapes de démontage des bâtiments et des équipements, l’élimination de la radioactivité et enfin la reconversion du site.

On peut estimer aujourd’hui que 50 % du site de Brennilis a été démantelé. On est arrivé à la fin de l’étape de démontage des bâtiments : certains ont disparu, d’autres sont encore en place.

Un décret est attendu d'ici cet été pour reprendre les travaux et achever l’étape déjà commencée concernant le démantèlement de la station de traitement des effluents, l’assainissement du chenal et la déconstruction des échangeurs du réacteur. Avant la fin de l’année, nous devons déposer un dossier visant à obtenir l’autorisation de démantèlement total du site. Cette étape, qui concerne le bloc réacteur et l’enceinte, devrait pouvoir débuter dans les cinq ans à venir. La fin du démantèlement pourrait alors intervenir à l’horizon 2025.

Le démantèlement devait faire office de test et prouver que le cycle de vie d’une centrale n’est pas si difficile à gérer. Les obstacles auxquels le projet fait face n’envoient-ils pas un mauvais signal, notamment à l’étranger où le nucléaire français devait faire figure d’exemple?

Le démantèlement de Brennilis est à l’arrêt depuis 2007, sur décision du Conseil d’Etat, qui a fait valoir la nécessité d’une enquête publique.

A l’époque, elle n’était pas demandée par la loi française, mais par une directive européenne. Cette phase d’arrêt de quatre ans peut être vue comme un mauvais signal, mais le démantèlement d’une centrale prend du temps, il s’agit d’activités complexes qu’il faut mener de manière méthodique.

Dans son rapport rendu en mars 2010, la commission d’enquête a regretté l’absence d’infrastructures adaptées pour la gestion des déchets nucléaires provenant de la centrale. Comment y répondez-vous ?

99% des déchets nucléaires de la centrale seront traités dans le cadre de filières existantes. Le problème se pose pour 1% des déchets (reconnus comme étant radioactifs de haute activité à vie longue, ndlr), où la loi française prévoit la construction d’un centre de stockage à l’horizon 2025.

En attendant cette échéance, EDF a pris l’initiative de créer un espace d’entreposage des déchets, appelé Iceda, à Bugey, dans l’Ain. Il sera opérationnel en 2014. Le réacteur ne va pas y être entreposé en bloc. On va découper des parties, les conditionner dans des containers, puis les extraire vers le centre de stockage.

Quelles mesures de précaution seront prises pour les salariés qui travailleront sur le chantier de démantèlement ?

En période de pic, environ 120 personnes pourront travailler sur le site. En l’état, il n’y a plus de combustible nucléaire. En revanche, il y a des zones irradiées où l’on doit veiller à la protection des travailleurs. Des gilets de plomb leur sont remis et il existe des méthodes pour se prémunir de l’irradiation : effectuer l’opération dans un temps plus court ou en gardant ses distances. Des études sont par ailleurs en cours pour développer des robots qui pourront intervenir à la place du personnel dans des zones difficiles d’accès.

Propos recueillis par Marie Herbet

 
A voir aussi :

La centrale de Brennilis, sur le site internet d’EDF
Changement à la tête de la Centrale de Brennilis
Le bon filon du démantèlement


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