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Bras de fer risqué entre Western Digital et Toshiba dans les mémoires flash

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Toshiba durcit le ton à l’égard de Western Digital, son partenaire dans le développement et la production des mémoires flash NAND.  Au risque de se trouver empêché de vendre son activité dans ces puces et trouver l’argent nécessaire à son sauvetage.

Bras de fer risqué entre Western Digital et Toshiba dans les mémoires flash
Usine de mémoires flash à Yokkaichi, au Japon, commune à Toshiba et Western Digital
© Toshiba

La tension monte entre Western Digital et Toshiba. Le géant américain du stockage de données menace de mettre son veto à la vente des mémoires flash NAND de son partenaire japonais. Selon les informations de Bloomberg, le géant nippon de l’électronique réplique en brandissant l’arme de poursuite judiciaire. Une escalade qui traduit l’importance des enjeux pour les deux parties.

Partenariat depuis 2000

Ecrasé par une perte colossale (estimée à près de 10 milliards de dollars) dans le nucléaire aux Etats-Unis, Toshiba a besoin d’urgence d’argent frais pour reconstituer ses fonds propres, rétablir l’équilibre de son bilan financier et éviter la banqueroute. Il est contraint de sacrifier ce qui constitue son joyau : les mémoires flash NAND, dont il est le numéro deux mondial derrière Samsung Electronics.

Seulement voilà : il n’est pas seul à bord. Depuis 2000, il partage le développement et la production avec le spécialiste américain du stockage électronique de données SanDisk, racheté en mai 2016 par Western Digital. Un partenariat qui lui a donné les gains d’échelle nécessaires pour résister au rouleau-compresseur coréen Samsung Electronics, qui domine le marché, alors qu’il est l’inventeur de cette technologie en 1989.

Droit de regard de Western Digital

Western Digital, qui a choisi de poursuivre ce partenariat pour suivre la migration du marché du stockage de données des disques durs traditionnels vers les mémoires flash, estime avoir investi 13 milliards de dollars en développement et production avec Toshiba. Il revendique un droit de regard sur la vente de la part de son partenaire japonais et réclame la priorité pour négocier son rachat. Ce que Toshiba récuse.

Au terme de la phase d’enchères close en mars 2017, Toshiba a sélectionné les offres de quatre candidats: Western Digital, le fabricant coréen de mémoires SK Hynix, le géant taiwanais de la sous-traitance électronique Foxconn, et le groupe américain de semiconducteurs Broadcom. Ces candidats sont en train de constituer des consortiums impliquant des fonds d’investissement et/ou des partenaires japonais. Toshiba doit faire son choix en juin avec l’objectif de finaliser la transaction avant mars 2018.

Des offres de rachat du simple au double

Western Digital craint de ne pas emporter la mise. Il a fait l’offre la plus faible : 13,8 milliards de dollars, contre 27,5 milliards de dollars pour celle de Foxconn, l’offre la plus élevée. Or après avoir déboursé 19 milliards de dollars pour avaler SanDisk, il n’a guère les moyens de rivaliser avec son compétiteur taiwanais. Pour financer l’opération, il cherche à associer des partenaires nippons comme la banque de développement du Japon (DBJ) et le fonds d’investissement stratégique INCJ.

Le groupe américain, numéro un mondial des disques durs, fait de sa diversification dans les mémoires flash NAND un axe stratégique de transformation. Cette technologie de stockage électronique de données tend en effet à remplacer les disques durs traditionnels dans les PC portables et les datacenters. En 16 années de partenariat avec Toshiba, il a accumulé un savoir-faire et des brevets qu’il ne souhaite pas partager avec n’importe quel repreneur, surtout pas avec Broadcom. A-t-il son mot à dire sur la vente ? Les avocats sont partagés. Mais si le contentieux est porté devant la justice, Toshiba sera empêché de conclure la vente dans les délais. Au risque d’aggraver ses ennuis financiers.

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