Bpifrance s’impose dans le capital investissement

Elle prend presque toute la place... En 2012, Bpifrance est intervenue dans le capital de 881 entreprises. Soit plus d’une opération sur deux d’investissement au capital des PME. Et ses fonds partenaires ont représentés plus de 44 % des collectes de fonds. Une omniprésence qui s’explique principalement par la plus grande aversion au risque des investisseurs privés.

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Bpifrance s’impose dans le capital investissement

"2012 a été l’année de tous les records", se félicite Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance. Cause de son enthousiasme : l’activité de fonds d’investissement de la banque publique qui n’aura jamais été aussi active que l’année dernière.

En tout, Bpifrance a investi dans le capital de 881 entreprises (principalement des PME), contre 844 l’année précédente, pour un investissement de 1,3 milliard d’euros (+3 %). Ces investissements ont été réalisés soit en direct via l’un de ses fonds sous gestion (Innobio, fonds Ecotechnologies, fonds bois, etc.), soit de manière indirecte en abondant les fonds de sociétés de gestion privées.

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En tout, 57 % des PME ayant fait appel à un investisseur en capital en 2012 ont bénéficié de fonds de Bpifrance. La proportion est encore plus élevée sur le seul capital-risque (autour de 95 %) et avoisine les 100 % dans les opérations d’amorçage.

2,2 milliards d’euros collectés

Même chose du côté des levées de fonds. Alors que les sociétés de gestion peinent depuis plusieurs années à collecter de l’argent auprès des grands investisseurs, Bpifrance a connu une augmentation de 65 % des montants collectés par ses fonds directs et indirects. Selon les chiffres de l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic), les levées de fonds globales ont, elles, reculé de 22 %.

En tout, les fonds liés à Bpifrance ont ainsi collecté plus de 2,2 milliards d’euros en 2012, dont 755 millions d’euros apportés en direct par l’établissement public, le reste ayant été levé auprès d’autres investisseurs. Ces fonds représentent près de 44 % de l’écosystème du capital investissement français qui a levé, en tout, 5 milliards d’euros en 2012.

La banque publique prend de plus en plus de place dans le paysage du capital investissement. Au point d’en devenir un acteur incontournable, sans lequel il aurait du ma à survivre en France.

Pallier la défaillance des acteurs privés

Cette aversion au risque de la part des acteurs privés s’explique à la fois par la mauvaise conjoncture économique, qui réduit les robinets du financement. Mais aussi par les réglementations prudentielles (Bâle III pour les banques, Solvabilité II pour les compagnies d’assurance) qui restreignent leur capacité à investir en capital.

Bpifrance vient donc pallier les défaillances des acteurs privées. Défaillances qui apparaissent de plus en plus grandes…

"Dans l’amorçage et le capital-risque, le poids de Bpifrance sera toujours élevé", remarque Nicolas Dufourcq. En effet, dans ces secteurs, qui concernent en majorité les start-ups technologiques, les rendements ne sont pas assez élevés pour que les acteurs privés n’interviennent seuls.

Quant au capital développement, qui concerne des PME plus matures, des failles de marché continuent d’exister. "Pour les PME régionales qui ont besoin d’ un petit ticket d’investissement, l’expérience montre que, sans le catalyseur de Bpifrance, elles ne trouvent pas de fonds", reprend le directeur général de l’établissement.

La banque publique compte également réactiver l’activité des fonds de retournement, dont l’objet est de prendre une part du capital d’une entreprise en difficulté pour la restructurer. Cette activité particulièrement risquée ne trouve en effet presque plus de souscripteurs.

D’ici la fin de l’année, Bpifrance devrait injecter 170 millions d’euros dans trois ou quatre équipes de gestion privées spécialisées dans le retournement. Une initiative qui fait suite au plan de résistance économique présenté par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, le 13 novembre.

L’enveloppe de Bpifrance, qui sera investie dans les fonds propres des entreprises en difficulté, doit compléter les 300 millions d’euros du Fonds de développement économique et social (Fdes), qui feront l’objet de prêts remboursables.

Arnaud Dumas

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