Bpifrance confiante sur la conjoncture française en 2019

PARIS (Reuters) - La banque publique bpifrance, qui a bénéficié d'une bonne fin d'année en dépit de la crise des "Gilets Jaunes" qui a secoué l'Hexagone, juge peu probable un retournement de conjoncture en 2019, a déclaré son directeur général Nicolas Dufourcq.
Partager
Bpifrance confiante sur la conjoncture française en 2019
La banque publique bpifrance, qui a bénéficié d'une bonne fin d'année en dépit de la crise des "Gilets Jaunes" qui a secoué l'Hexagone, juge peu probable un retournement de conjoncture en 2019, a déclaré son directeur général Nicolas Dufourcq. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Selon des chiffres publiés par l'Insee mercredi, l'économie française a résisté mieux que prévu au dernier trimestre de 2018 avec une progression de 0,3%, identique à celle du troisième trimestre, mais les économistes anticipent un nouveau ralentissement en 2019.

"On aurait pu imaginer que la crise des 'Gilets Jaunes' allait dégrader le profil de la macroénomie française mais pour l'instant, cela n'est pas le cas", a déclaré Nicolas Dufourcq à l'occasion de la publication jeudi du bilan d'activité 2018.

Bpifrance, qui est détenue à parité par l'Etat français et la Caisse des dépôts et consignation (CDC), a enregistré un "bon" début d'année et ses perspectives de croissance pour 2019 sont "assez significatives".

"Ce n'est pas du tout une année où on anticipe un retournement. Les moteurs de l'économie française sont absolument toujours là et il y a en particulier un moteur qui n'était pas là en 2018 qui est la relance keynésienne de la consommation", a expliqué le dirigeant en faisant référence aux mesures favorables au pouvoir d'achat des deux derniers mois.

L'année 2018 a été marquée pour bpifrance par une activité record en termes de financement, représentant un total de 19 milliards d'euros (+9%), en dépit d'un léger recul des aides et prêts à l'innovation (-10,2%).

PAS DE DÉSENGAGEMENT D'ORANGE À L'ORDRE DU JOUR

Ce poste devrait renouer avec la croissance dès 2019 pour évoluer entre 1,3 et 1,4 milliard d'euros (vs 1,2 milliard en 2018) avec entre autres le lancement du plan "Deeptech" visant à faire émerger des pépites issues du monde académique.

Bpifrance, qui cumule les casquettes de banque, de fonds d'investissement, de conseil et d'accélérateur de start-ups, a continué de faire évoluer son périmètre de participations en 2018 avec un total de 496 millions d'euros de cessions parmi les grandes et moyennes capitalisations, en net repli par rapport aux 1,5 milliard inscrit l'année précédente.

D'éventuelles nouvelles cessions parmi ces grandes entreprises cotées devraient rester limitées en 2019.

"Nous avons 1,5 milliard de liquidités. Donc nous n'avons pas besoin à court terme de faire des cessions stratégiques", a expliqué Nicolas Dufourcq, qui anticipe en revanche deux à trois introductions en Bourse à l'horizon des trois prochaines années au sein de l'ensemble du portefeuille.

Interrogé sur le cas particulier d'Orange, dans lequel la BPI détient un peu moins de 10%, il a indiqué qu'un désengagement du premier opérateur télécoms français n'était pas à l'ordre du jour.

Au chapitre des investissements, la banque, qui devrait avoir réalisé un résultat net proche du milliard d'euros en 2018, espère se renforcer à nouveau dans le secteur de la transition énergétique afin de revenir à un niveau d'exposition d'environ 200 millions d'euros, tout en convoitant le secteur qu'elle juge stratégique de l'enseignement privé.

Bpifrance, dont les équipes ont été mobilisées en 2018 par des changements de gouvernance dans plusieurs entreprises "systémiques" comme Nexans ou Ingenico, surveille par ailleurs l'activité des fonds activistes.

"Tous les fonds d'investissement regardent la croissance du nombre de tickets d'activistes dans le monde entier", a expliqué Nicolas Dufourcq.

"Nous serons certainement amenés à regarder cela. Il y a beaucoup d'entreprises françaises qui sont potentiellement fragiles face à des fonds activistes", a-t-il ajouté.

(Gwénaëlle Barzic, avec Inti Landauro, édité par Jean Terzian)

Sujets associés

LES ÉVÉNEMENTS L’USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Le modèle coopératif façon Mondragon

Le modèle coopératif façon Mondragon

Nouveau

Dans ce nouvel épisode de La Fabrique, Nathan Mann nous dévoile les coulisses de son reportage au Pays basque espagnol. Il s'y est rendu pour nous faire découvrir Mondragon, la plus grande...

Écouter cet épisode

Vendre la Joconde, chiche !

Vendre la Joconde, chiche !

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Stéphane Distinguin, auteur de "Et si on vendait la Joconde" sorti ce 19 janvier 2022 aux éditions JC Lattés, répond aux questions...

Écouter cet épisode

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Dans le podcast "Inspiration", Julie Manou Mani, journaliste et productrice, répond aux questions de Christophe Bys. Elle revient sur sa reconversion vers le journalisme après des études...

Écouter cet épisode

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

En 2020, année de la crise Covid, la recherche française aura été au centre de toutes les attentions. En cause, l'incapacité de la France à développer son propre vaccin....

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L’USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

LE CNAM

Ingénieur chef de projet bâtiment H/F

LE CNAM - 18/01/2022 - CDD - PARIS

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS