BPI, CSG, robotique : les révélations d'Arnaud Montebourg aux Assises de l'industrie

Le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a ouvert ce 17 octobre au matin, les Assises de l'industrie organisées par L'Usine Nouvelle, à Paris. Il s'est bien sûr exprimé sur l'urgence de relancer l'activité et la compétitivité des industries françaises.Il a annoncé à cette occasion plusieurs mesures et précisions, en particulier sur la robotique, la banque publique d'investissement et le transfert des charges.

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BPI, CSG, robotique : les révélations d'Arnaud Montebourg aux Assises de l'industrie

La robotique
A l’instar du plan de soutien au secteur automobile annoncé en juillet dernier, Arnaud Montebourg a indiqué que des dispositifs équivalents seront mis en place pour tous les secteurs, à commencer par celui de la robotique.

"Nous préparons un plan robotique. La France dispose dans ce domaine de compétences remarquables comparables à celles qui existent au Japon. Nous avons des inventeurs de génie mais, avec une atomisation des entreprises, les autres puissances, les autres Etats, viennent piocher dans ce secteur ", a précisé le ministre. Il a mis en avant l'objectif de s'imposer comme un leader dans ce domaine à l'échelle internationale.

Arnaud Montebourg n’a cependant pas précisé quand ce plan robotique serait mis en place. "Nos équipes y travaillent", a-t-il simplement déclaré. Quant à sa force de frappe, il a indiiqué "une puissance modeste mais avec des effets décuplés".

Le ministre a ensuite replacé ce plan dans un programme plus large et répété la volonté du gouvernement de faire son "travail de redémarrage, de mobilisation autour de l’industrie, en collaboration avec ses acteurs".

"C’est ce que j’appelle la politique du colbertisme participatif, on travaille ensemble pour reconstruire l’industrie en France", a ajouté Arnaud Montebourg.

La BPI
Alors que l’architecture de la Banque publique d’investissement devrait être dévoilée aujourd’hui en Conseil des ministres, Arnaud Montebourg a présenté sa vision de l’institution dans une allocution donnée aux Assises de l’Industrie. "Ce ne sera pas une banque comme les autres, la BPI sera moins gourmande et plus patiente. Aujourd’hui quand vous créez une entreprise, vous ne trouvez plus de financement. Les banques ne savent plus prendre de risques", a déclaré le ministre du Redressement productif.

Avec un fond propre pouvant aller de 35 à 40 milliards d’euros, la BPI, - qui regroupera les activités d’Oséo et du Fond souverain d’investissement -, permettra de financer l’innovation. "Ce sera une banque, pas une usine à subvention", a précisé Arnaud Montebourg.

Le ministre a tenu à rassurer sur le risque de conflit d’intérêt quant à l’utilisation de cette banque publique, détenue à parts égales par l’Etat et la Caisse des dépôts. "La BPI sera détachée des décisions politiques, afin d’éviter les financements politiques".

Le transfert de charges
Interrogé sur la mesure gouvernementale de transfert de charges, qui consisterait à alléger 40 milliards d’euros de cotisations patronales échelonné sur 5 ans et compensé par l’augmentation d’impôts, Arnaud Montebourg a maintenu la position du gouvernement : "Je suis favorable à une relance de la productivité et à une baisse des cotisations en échange d’investissements. Aujourd’hui la France est surendettée, les impôts, c’est le prix à payer."

Alors que dans l’industrie, 40 milliards d’euros correspond environ à 20% du coût du travail, ce transfert pourrait aider les industries à renouer avec la compétitivité. Si la TVA ne sera pas augmentée, l’option la plus sérieuse reste une augmentation de la CSG.

"Il y a un panier de solutions, différentes de la CSG et de la TVA. Je ne suis pas favorable à une augmentation générale qui empiéterait sur le pouvoir d’achat des Français. Même si on peut imaginer de relever certains taux réduit comme la restauration", a tempéré Arnaud Montebourg. Il a précisé qu’il est personnellement favorable à des mesures qui "soutiendraient les secteurs de l’économie qui sont exposées à la compétition mondiale en allant chercher des ressources dans des secteurs abrités de l’économie qui vivent des situations de rentes, en particulier le secteur bancaire."

Arnaud Montebourg a confirmé que dans la "trajectoire de compétitivité" dont parle le premier ministre, il y a bien "un transfert de charges prévues". Lui-même a formulé ses propositions car le "ministre du redressement productif ne peut pas ne pas apporter sa contribution sur ce sujet" rajoutant "qu’il était en situation d’humilité". L’arbitrage final n’est clairement pas chez lui.

Par Sophie Eustache, Anne-Sophie Bellaiche et Julien Bonnet

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