BP: les majors occidentales blêmissent

Trois mois après l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon, l'installation d'un entonnoir prend du retard. Alors que les deux puits de secours prévus par BP ne seront opérationnels que début août, tout le secteur de l'exploration-production s'inquiète des conséquences que la catastrophe fera peser sur l'activité.

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BP: les majors occidentales blêmissent

"Top Hat 10", c’est son nom. L'entonoir ainsi baptisé par BP a été déposé lundi sur le fond marin au dessus du puits Macondo. Cet immense chapeau doit permettre de récupérer l’intégralité du pétrole qui s’échappe de la fuite innondant le Golfe du Mexique depuis près de trois mois. Voire selon un autre scénario, stopper la fuite définitivement. Mais avant même le lancement de la phase de test, une énième fuite avait été détectée mercredi sur les conduits, obligeant BP à reporter le processus. Le groupe pétrolier espère donc commencer ce jeudi une vérification de la solidité du puits.

Le forage des deux puits de secours avance

Si le puits ne parvenait pas être colmaté définitivement à l'aide de l'entonnoir, le géant pétrolier compte voir entrer en œuvre début août le premier des deux puits de secours censés stopper définitivement la fuite. Toutefois, en attendant la réalisation du test sur le nouvel entonnoir, le forage du premier puits a été interrompu « par mesure de précaution », selon BP. Celui-ci ne se trouve en effet plus qu'à 1,2 mètre du conduit d'où s'échappe librement le pétrole depuis samedi.

Un nouveau moratoire jusqu'au 30 novembre

De manière générale, la suspension des forages aux Etats-Unis et le renforcement à venir de la législation sur les opérations offshore font craindre une «explosion» des coûts d'exploitation des nouveaux champs, aux Etats-Unis, mais aussi dans le reste du monde.

Un premier moratoire sur les forages en eaux profondes de six mois, décrété par le président américain Barack Obama après la marée noire dévastatrice dans le golfe du Mexique, avait été retoqué en juin par un juge de Louisiane. En outre, la justice américaine a refusé la semaine dernière une demande de l'administration de suspendre cette annulation. Qu’à cela ne tienne : l'administration Obama a instauré lundi un nouveau moratoire jusqu'au 30 novembre, basant sa décision sur le constat de l'«incapacité» du secteur pétrolier à empêcher et contenir une marée noire.

La menace d’un moratoire de 7 ans

La commission “resources naturelles” du congrès américain a par ailleurs proposé un ensemble de mesures qui empêcheraient BP de tout forage en eau profonde durant 7 ans. Le principe de la loi en gestation serait de priver des sociétés aux piètres statistiques de sûreté de tout permis d’exploiter en offshore profond. BP n’est pas nommée, mais la loi s’applique à toute entreprise ayant comptabilisé 10 décès ou plus ces 7 dernières années. L’explosion en avril de la plateforme Deepwater Horizon a tué 11 travailleurs. Selon le texte législatif, en outre, les décès doivent avoir eu lieu lors d’opérations d’extraction, de production ou de raffinage, et doivent avoir brisé les lois américaines concernant l’environnement et la santé.

Si la loi était appliquée, elle constituerait un véritable couperet pour BP. L’Amérique du Nord et le Golfe du Mexique figurent parmi les pierres angulaires de la stratégie du groupe. Plus de 10% du chiffre d’affaires du pétrolier viennent de l’exploration-production du Golfe du Mexique. Et cette part était vouée à augmenter dans les années à venir.

Reste que l’entrée en vigueur de la proposition de loi est loin d’être gagnée. L’approbation des deux chambres du congrès serait nécessaire, ainsi que la signature du president Obama. Or si les Etats-Unis souhaitent toujours augmenter leur production de pétrole, et réduire leur dépendance énergétique vis-à-vis du Moyen-Orient, ils trouveront peu de remplaçants à BP. La production américaine d’or noir a fortement augmenté l’année dernière dernière, en grande partie grâce à l’exploration-production de BP dans le Golfe du Mexique. Chevron et Shell y sont également actifs, mais Exxon Mobil y est pour sa part peu présent.

Autre facteur qui rendrait cette loi difficile à passer : son effet sur les autres majors pétrolières. Le texte à l’étude exclut de l’exploration en offshore profond toute entreprise ayant été condamnée à une amende supérieure à 10 millions de dollars par les autorités américaines pour des infractions aux lois environnementales ces sept dernières années. Une catégorie dans laquelle s’inscrit BP, pour la marée provoquée à Prudhoe Bay en 2006.

Néanmoins, depuis que la marée noire de Deepwater Horizon a débuté, on s’aperçoit que de nombreux anciens puits dans le Golfe du Mexique n’avaient pas été forés correctement et fuyaient depuis des années. Si d’autres majors pétrolières étaient considérées responsables de ces puits, elles pourraient alors tomber sous le coup de cette clause.


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