BP dément les rumeurs de départ de son directeur général

LONDRES (Reuters) - Une porte-parole de BP a démenti dans un communiqué les propos rapportés par le Times, soutenant que Tony Hayward, directeur général du groupe, quitterait ses fonctions dans les dix semaines qui viennent, le journal citant des sources proches de la compagnie pétrolière.

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"Il a le plein soutien du conseil d'administration et restera à son poste", a-t-il assuré.

Le numéro un de la "major" britannique fait l'objet de pressions croissantes en ce sens depuis le début de la marée noire dans le golfe du Mexique.

Le groupe a en outre annoncé mardi avoir conclu un accord portant sur la vente de sept milliards de dollars (5,4 milliards d'euros) d'actifs à Apache afin de lever des fonds pour faire face aux conséquences de la catastrophe écologique.

Cette cession fait partie du plan de BP consistant à vendre pour dix milliards de dollars d'actifs afin de financer en partie un fonds de 20 millions de dollars pour indemniser des dégâts de la marée noire causés par l'un de ses puits.

Apache va acquérir des actifs gaziers et pétroliers au Texas, dans l'ouest du Canada et en Egypte. Le groupe pétrolier britannique doit recevoir cinq milliards de dollars de dépôts en espèces le 30 juillet dans le cadre de l'accord.

Un peu plus tôt dans la journée, BP avait annoncé la vente d'actifs dans le gaz au Pakistan et au Vietnam, valorisés aux environs de 1,7 milliard de dollars.

Le titre BP clôturait mercredi en baisse de 1,5% à New York mais regagnait 1,3% dans les échanges d'après-bourse.

L'action BP a perdu 40% de sa valeur en trois mois depuis le début de la catastrophe qui a coûté la vie à 11 ouvriers et est à l'origine de la plus importante marée noire de l'histoire des Etats-Unis.

HAYWARD SUR LA SELLETTE?

Selon l'article publié par le Times, le départ du directeur général, fin août ou en septembre, permettrait à la firme de consolider ses défenses face aux convoitises d'ExxonMobil ou de Royal Dutch Shell.

Robert Dudley, qui dirige les opérations de nettoyage dans le golfe du Mexique, semble le mieux placé pour succéder à Tony Hayward, ajoute le quotidien.

Al Troner, président d'Asia Pacific Enrgy Consulting, basé à Houston, soutient toutefois que ce dernier n'est pas entièrement responsable du désastre, même s'il "semble avoir une fâcheuse tendance à tenir des propos maladroits."

La gestion de la catastrophe, qui alimente les tensions entre Londres et Washington, a été au coeur de la rencontre entre le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron.

"C'est le rôle de BP de colmater la fuite, de nettoyer les dégâts et de payer les indemnités appropriées", a déclaré David Cameron.

Les autorités américaines autorisaient dans le même temps la compagnie britannique a prolonger de 24 heures ses tests de pression sur le puits Macondo, dont la fuite a été colmatée jeudi à l'aide d'un nouveau dôme de confinement.

La veille, BP annonçait que la marée noire lui avait déjà coûté environ 3,95 milliards de dollars.

Karolina Tagaris, Anna Driver, Jean-Philippe Lefief et Catherine Monin pour le service français

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