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Bouygues Telecom propose à ses salariés d'abandonner jusqu'à 23 jours de RTT

Cécile Maillard ,

Publié le

Sur la base du volontariat, les salariés de l’opérateur téléphonique pourront renoncer à des jours de congés contre des semaines de travail plus courtes et une très légère augmentation de salaire. Les RTT perdues varient selon la catégorie de salariés.

Bouygues Telecom propose à ses salariés d'abandonner jusqu'à 23 jours de RTT © Bouygues Telecom

La proposition fera-t-elle des émules dans les autres entreprises ? Bouygues Telecom négocie avec ses syndicats l’abandon des jours de RTT de ses salariés. Leur temps de travail annuel ne serait pas modifié, puisqu’il s’agit de retrouver de vraies semaines de 35 heures, au lieu de 39 aujourd’hui.

Les conseillers clientèle (1100 salariés sur les 5500 concernés par l’accord) pourraient renoncer à leurs 23 jours de congés et repasser aux strictes 35 heures hebdomadaires, avec en bonus une petite hausse de leur salaire (2%). La décision reposera sur le volontariat : ces travailleurs des plateaux téléphoniques pourront conserver leur situation actuelle ou choisir une solution médiane, de 37 heures par semaine, avec 12 jours de RTT, et 2% d’augmentation.

Après deux plans de départs volontaires, l’opérateur a perdu plus de 2000 emplois et les 23 jours de RTT accordés en 2000, dans la foulée des lois Aubry, soulèvent des problèmes de présence sur le lieu de travail. "L’objectif de la direction est de coller au plus près aux horaires de la clientèle, sans embaucher", critique le délégué CFDT Azzam Ahdab, opposé à l’accord. "Présents 23 jours de plus par an, les conseillers clientèle seront plus nombreux le soir, quand les clients appellent."

23 RTT en moins, ce sont 23 déplacements au travail en plus

Force ouvrière (FO), favorable à l’accord, met en avant un de ses effets positifs : "l’entreprise a vu les limites des centres d’appel fonctionnant en Asie ou au Maroc le soir ou le samedi, et souhaite redonner du travail à ses salariés et sous-traitants français", souligne Bernard Allain, secrétaire général FO du groupe Bouygues. Pour Force ouvrière, revenir à des semaines de 35 heures strictes sera moins épuisant pour ces conseillers clientèle. La CFDT, elle, souligne que travailler 23 jours de plus par an, implique 23 déplacements domicile-travail et gardes d’enfants supplémentaires.

Petit détail : ceux qui opteront pour les 35 heures strictes ne seront plus soumis à l’annualisation du temps de travail, qui autorisait une modulation des semaines entre 32 et 42 heures, en fonction des besoins. C’est ce qu’affirme la direction, mais la CFDT relève que ce point n’est pas précisé dans l’accord. Pour Force ouvrière, il est évident que toute heure effectuée au-delà des 35 sera payée au tarif des heures supplémentaires pour ces salariés.

Peu de techniciens et cadres intéressés

Si réorganiser le travail des conseillers clientèle est l’objectif majeur de la direction, les techniciens et agents de maîtrise sont également concernés par la proposition. Eux aussi travaillent actuellement 39 heures et bénéficient de 23 jours de RTT. Ils se voient proposer une seule option : une semaine de 37 heures, 11 jours de RTT et 2% d’augmentation. "Ils seront peu nombreux à opter pour le changement, 4 à 5 %,  prédit Bernard Allain (FO). Aujourd’hui, avec le compte épargne temps et la possibilité de se faire payer les jours de RTT non pris, ils bénéficient déjà d’une grande souplesse." Tous les salariés pouvaient se faire payer leurs jours de RTT non pris. Les supprimer sera une source d'économies pour la direction. Les cadres, presque tous au forfait-jour, pourront passer de 14 à 12 jours de RTT, avec une augmentation de 1,5% de leur salaire. Seuls les quelques cadres dirigeants n’auront pas le choix et perdront 8 jours de RTT (5 au lieu de 13).

Force ouvrière, qui pèse 37%, sera le seul syndicat signataire de l’accord. "On risquait que la direction dénonce l’accord précédent et impose la nouvelle organisation. On a préféré trouver un compromis et sauver le volontariat", explique Bernard Allain, qui espère aussi inscrire dans le marbre la nouvelle organisation, en cas de remise en cause des 35 heures par une nouvelle majorité politique en 2017. La CFDT craint des pressions sur les salariés, que le volontariat ne soit qu’un mot. D'ailleurs, un sondage organisé par les syndicats montre non seulement un rejet des nouvelles options,mais aussi la" peur des pressions". La CFDT a essayé de convaincre la CFTC de se joindre à elle pour s’opposer à l’accord (à eux deux, les syndicats représentent 59%). Mais le premier syndicat de Bouygues Telecom, non signataire, a fait savoir qu’il ne ferait pas jouer son droit d’opposition puisque le nouveau système repose sur le volontariat. Sauf pour les nouveaux entrants, à qui s’imposeront les 35 heures et 0 RTT pour les conseillers clientèle, les 37 heures et 11 jours de RTT pour les techniciens et agents de maîtrise, les 12 jours de RTT pour les cadres.

La direction espère une signature courant septembre, pour une application au 1er octobre. Son choix stratégique d’accepter le volontariat lui a permis de faire passer le changement d’organisation pour ses plateaux téléphoniques. Le turn over y est important, les salariés y seront rapidement majoritairement aux 35 heures strictes.

Cécile Maillard

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