Bouygues soupçonné de corruption

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Le groupe de BTP est l'objet d'une enquête pour corruption et trafic d'influence. Le Canard enchaîné affirme mercredi que des irrégularités ont faussé l'attribution du chantier du futur ministère de la Défense.

Bouygues soupçonné de corruption
Le projet du futur siège du ministère de la Défense.

C'est un des plus importants marchés publics de la décennie. Quand Bouygues a remporté l'appel d'offres pour la construction du "Pentagone français" en février 2011, le groupe s'est félicité de cette "excellente nouvelle". Mais le Canard enchaîné révèle mercredi que deux juges d'instruction enquêtent depuis février sur des accusations de corruption et trafic d'influence dans le cadre de l'attribution de ce marché.

Un haut responsable du ministère de la Défense est soupçonné d'avoir transmis le cahier des charges à Bouygues, avant que ses concurrents n'aient pu le consulter. Un renseignement anonyme a alerté les enquêteurs de la Division nationale des investigations financières. Seuls 130 personnes avaient accès à ce cahier des charges, selon Bruno Viellefosse, délégué pour le regroupement des états-majors et des services centraux du ministère.

Une enquête préliminaire a été ouverte dès octobre 2010, quatre mois avant l'annonce de la victoire de Bouygues. Après ces premières investigations, le parquet de Paris a décidé en février d'ouvrir une information judiciaire, pour "corruption active et passive", "trafic d'influence" et "atteinte à la liberté d'accès et à l'égalité des candidats dans les marchés publics".

L'enquête vise le groupe de travaux publics, la source de la fuite au ministère de la Défense mais également leur intermédiaire. Cet entrepreneur de BTP, connu des enquêteurs pour d'autres affaires de corruption, aurait mis en relation les deux personnes.

Les travaux pas encore commencés

Quelles pourraient être les conséquences de cette enquête ? Le permis de construire devait être déposé en juillet, en vue de son obtention fin 2011. Les travaux sont censés commencer en janvier 2012, pour une livraison des bâtiments à la fin de l'été 2014.

Bouygues et le ministère de la Défense ont affirmé ne pas avoir connaissance de cette enquête. L'affaire est sensible, ce contrat pèse plusieurs milliards d'euros. Le règlement de ce contrat doit se faire de manière originale : l'Etat ne commencera à payer qu'en 2014, lorsque les nouveaux bâtiments seront livrés. Pendant 27 ans, il devra alors débourser une redevance annuelle comprise entre 100 millions et 150 millions d'euros. Sur 27 ans, cela représente un total compris entre 2,7 milliards et 4 milliards d'euros.

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