Bourse et économie : méprise sur la reprise

Il ne fallait pas être grand clerc pour prophétiser un G20 a minima comme nous l’avons fait la semaine dernière . Qu’en est-il sorti ? rien.

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Il ne fallait pas être grand clerc pour prophétiser un G20 a minima comme nous l’avons fait la semaine dernière . Qu’en est-il sorti ? rien, ou si peu de choses.

En revanche, il fallait être plus résistant pour aller contre le discours sur la reprise et l’euphorie des places boursières. Au gré de ces semaines pourtant, il a été difficile de partager l’optimisme ambiant. Non pas pour le plaisir de jouer les rabat-joie, mais parce que les batteries d’indicateurs n’étaient pas ultra positives et que, on a beau faire, les carnets de commandes des industriels restent désespérément en quête d’un plan de charge. Ajouté à cela le chômage en hausse dans la zone euro, et en France en août. A l’identique des Etats-Unis en septembre, selon l’enquête ADP 254 000 emplois ont été détruits le mois dernier et 551 000 dossiers de demandeurs d’emplois déposés. Difficile d’être optimiste.

Toujours aux Etats-Unis, l’indice PMI manufacturier de Chicago, recule de 3,9 points passant sous la zone de contraction de 50 à 46,9. Mauvais signe issu du nouveau chouchou des conjoncturistes en tant que révélateur avancé de la tendance industrielle américaine,.

Vrac en berne, défauts de crédits en hausse, taux minimaux

Autre indice symptomatique, le Baltic Dry Index (BDI) peine à dépasser les 2200 points. Certes, après son point bas entamé en octobre 2008 à 800 points (contre plus de 11 000 en avril 2008) il entame une très lente remontée depuis le mois de mai, mais au rythme du vracquier en mer. Indicateurs des échanges de matières non transformées, transportées en vrac, le BDI reste malheureusement relativement étal. Mauvais signe.

On évitera d’évoquer le budget 2010 pour la France, qualifié « d’hyperdéficit » et les inquiétudes déjà évoquées pour les titres d’emprunts pour la France auprès des marchés étrangers. Tout comme la lutte des banques centrales contre l’inflation à renforts de milliards et d’un loyer de l’argent à vil prix. D’ailleurs, même la très rigide Banque centrale européenne (BCE) ne prévoit pas de relever ses taux avant l’été 2010. C’en est presque ironique, sentant bien l’inanité de la chose, l’union Européenne renvoie aux calendes grecques, la discussion sur les déficits.

La coupe est pleine ? Non. Goldman Sachs fait état des défauts de paiement présents dans le résultat des grandes banques européennes. A 440 milliards d’euros, il est selon, les analystes de Goldman Sachs, en hausse de 41% (128 milliards d’euros) sur le premier semestre 2009.

Seules clartés, l’éventuel rehaussement des prévisions de croissance par le FMI pour le début 2010 et un léger rebond (+0,9%) de la consommation en août aux Etats-Unis et les promesses de ventes dans l’immobilier

L’industrie dévisse

A l’unisson de cette analyse, le directeur financier de Michelin s’est confié au Wall Street Journal pour avouer qu’il ne voyait aucun signe de sortie de crise. Engendrant, de facto, une baisse de l’action de 1,66%, suivie par Arcelor Mittal et Total, les plus fortes baisses du CAC cette semaine, mais sans oublier Saint-Gobain, Vinci etc. En résumé, le secteur industriel, les valeurs cycliques, dévisse à l’unisson du CAC. Les spéculations sur un CAC à 4000 points en fin de semaine annoncées par de nombreux commentateurs sont loin : jeudi 1 er octobre, il clôturait à 3270 points.

En l’état et au vu de ce qui précède, difficile de prévoir un regain dans les semaines à venir. Après le rallye estival en bourse, le principe de réalité de l’économie réelle reprend le pas. Et pour l’heure, les signaux ne sont pas franchement clairs concernant une reprise à court terme. Sur ce point, même les plus optimistes des opérateurs de marché en conviennent. C’est dire.

L’action de la semaine

Vallourec
connaît une période boursière difficile suite aux déclarations de son président du directoire Philippe Crouzet aux Echos. En annonçant attendre une forte baisse de la marge opérationnelle de l’entreprise sur les prochains trimestres, l’action a perdu 2,29% dans la semaine. Spécialiste des tubes sans soudure, Vallourec souffre comme de nombreuses entreprises du ralentissement économique, mais en ayant estimé que le point bas avait été atteint, le démenti du Président du directoire achève de plomber les opérateurs. Le principal marché de l’entreprise, le forage pétrolier, étant là aussi symptomatique de l’ambiance atone de la semaine.

Rumeur de la semaine

Toshiba hésiterait entre la France et l’Allemagne pour établir sa nouvelle usine de production de photovoltaïque. Pour l’heure, l’Allemagne semble avoir la préférence du groupe japonais, mais la France garde quelques atouts dans la manche. A suivre…

Fabrice Frossard

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