Bourgogne : Thomson relance la filière électronique

Le groupe développe ses activités professionnelles et grand public et contribue, avec d'autres, à la création d'entreprises.

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Thomson redonne le sourire à la Bourgogne. Le groupe, qui concentre à lui seul plus de la moitié des effectifs de la filière électrique régionale, annonce la création de 150emplois. Et ce plan de développement est le second en un an. En 1994, la branche professionnelle LCC (Le Condensateur céramique) a regroupé ses activités dans la région. Le siège social, d'une cinquantaine de personnes, a été transféré de Courbevoie (Hauts-de-Seine) à Dijon. Depuis la fermeture de l'usine de Marly-le-Roi (Yvelines), les trois établissements de LCC, à Dijon, Beaune et Seurre, sont devenus les seuls sites de production de l'Hexagone.

Une activité qui revient de loin

Cette fois, les projets de Thomson profitent aux établissements de la branche grand public, Thomson Consumer Electronics (TCE). Ce regain d'activité est lié au lancement de nouveaux produits. J2T (350salariés), à Tonnerre, dans l'Yonne, se taille la plus grosse part. Cette filiale à 50-50 avec le japonais JVC prévoit d'accroître de 40% sa production de tambours de lecture et d'enregistrement pour les magnétoscopes. Un plan de charge qui correspond à l'industrialisation d'un nouveau tambour hi-fi, conçu dans les laboratoires de J2T. L'entreprise annonce aussi le lancement, en septembre, d'une ligne complète de production et d'assemblage de magnétoscopes. Conséquence: 50 nouveaux emplois en mars et 50autres d'ici à la rentrée. De plus, pour éviter la multiplication des intérimaires, les syndicats ont signé un accord sur la modulation du temps de travail. L'une des quatre unités de la filiale Thomson Television Components, à Auxonne (Côte-d'Or) se trouve également renforcée. La nouvelle génération de décodeurs numériques, destinée au marché européen de la télévision par câble, sortira de ses ateliers. A la clé, une cinquantaine d'embauches à la fin de l'année. A Genlis (Côte-d'Or), l'établissement de Thomson Tubes and Display, qui fabrique des éléments pour téléviseurs, va également gonfler ses effectifs d'une vingtaine de postes. C'est dans cette usine que sera lancée une ligne pilote de fabrication des composants optiques permettant la lecture des CD et du futur vidéodisque numérique. Sur le site de LCC, à Beaune, une unité de production, réalisée à 50-50 par Thomson CSF et FDK (groupe Fuji), fabriquera des composants pour téléviseurs à base de ferrites doux. La filière électronique régionale revient de loin. Ces cinq dernières années, elle a perdu un millier d'emplois. Les syndicats avaient tiré le signal d'alarme auprès des autorités locales en 1993, lorsque LCC s'apprêtait à réduire ses effectifs pour la énième fois. Le président du Conseil régional, Jean-Pierre Soisson, à l'époque, avait confié une étude au Conseil économique et social régional. De cette initiative sont nés des contacts avec les dirigeants de Thomson. L'étude a été l'occasion de porter certaines faiblesses au grand jour. Parmi celles-ci, l'insuffisance des relations de partenariat avec l'enseignement et la recherche universitaire. Cependant, Thomson TCE accueille des étudiants du diplôme d'ingénieur de production, dispensé par l'ITII d'Auxerre. Et avec l'IUT du Creusot et la faculté des sciences et techniques de Dijon, plusieurs équipes travaillent dans la recherche en électronique. Autre écueil,"l'absence de structure fédérative capable de constituer une filière cohérente et organisée". L'exception à la règle est l'association Electronique Associés, qui rassemble une quinzaine de PME de Saône-et-Loire, la plupart issues de l'essaimage du téléphoniste JST après son achat par le groupe Bosch. Ces PME, spécialisées dans la téléphonie et la domotique (600salariés), réalisent ensemble des programmes de recherche. L'association a bénéficié d'une bourse Stride de l'Union européenne, qui a permis l'embauche de trois chercheurs sur contrat.

Les PME profitent d'une niche délaissée par les grands

Aujourd'hui, l'expérience connaît quelques cahots. "Toute la difficulté réside dans la diversité d'une production allant des composants électroniques à la téléphonie en passant par la connectique automobile", notent les auteurs de l'étude. La multitude des PMI est notamment issue des opérations d'essaimage de grands groupes, Thomson, JST, Merlin Gerin. A lui seul, Thomson a donné lieu, en dix ans, à trente opérations d'essaimage. C2B Magnets fait partie de cette génération d'entreprises qui ont su tirer leur épingle du jeu. Créée en 1985 par trois anciens cadres de TCE, la PME est devenue le leader français de la production d'aimants permanents de petite dimension pour l'automobile. Elle annonce un chiffre d'affaires de 35millions de francs et emploie une soixantaine de personnes. Aujourd'hui contrôlée par le groupe Pierre Synthétique Baïkowski Industries, C2B Magnets s'apprête à investir 33millions de francs dans une nouvelle usine à Auxonne. D'autres PME doivent leur réussite à l'exploration d'une niche délaissée par les géants de l'électronique. A l'exemple de Davey-Bickford, fabricant d'initiateurs pyrotechniques. Depuis un an, cette entreprise de l'Yonne a diversifié sa production en mettant au point un système de déclenchement des airbags et des rétracteurs de ceintures de sécurité. Preuve que les industriels du secteur ne manquent pas de ressources. Christiane PERRUCHOT



Chiffres clés

120établissements en Bourgogne travaillent dans l'électronique, dont 44 comptent plus de 20personnes.

La filière électronique emploie environ 5000personnes, dont 60% en Côte-d'Or, où Thomson possède cinq établissements.

Les six établissements de Thomson implantés en Bourgogne emploient 2800personnes, répartis entre les deux branches grand public (Thomson TCE) et électronique professionnelle (Thomson CSF).

USINE NOUVELLE N°2495

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