[Bourget 2017] Pourquoi Airbus a décidé d'équiper ses avions de boîtes noires éjectables

Airbus proposera des boîtes éjectables pour l’A350 dès la fin 2019. Le système doit selon le constructeur améliorer la récupération des données après un accident. Il  sera généralisé à tous les longs courriers de l’avionneur.

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[Bourget 2017] Pourquoi Airbus a décidé d'équiper ses avions de boîtes noires éjectables

"Nous avons voulu prendre le taureau par les cornes", justifie Charles Champion, le responsable ingénierie de la division avions commerciaux du groupe Airbus. La disparition inexpliquée du MH 370 le 8 mars 2014, comme tant d’autres accidents auparavant, a une fois de plus souligné le problème de la récupération des boîtes noires, en particulier en mer. Pas moins de 42 accidents en mer ont eu lieu ces 20 dernières années, d’après le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civbile (BEA). Raison pour laquelle Airbus a annoncé mercredi 21 juin, à l’occasion du salon aéronautique du Bourget, avoir développé des boîtes noires éjectables. Elles seront proposées d’abord pour l’A350 dès 2019, et seront peu à peu déployées pour les autres longs courriers, l’A380, l’A330 et l’A321LR.

Dans le détail, Airbus prévoit l’installation de deux boîtes noires aux fonctions indentiques, enregistrant chacune à la fois les voix du cockpit et les données de l’appareil, alors que les enregistreurs actuels sont séparés. L’une des boîtes noires sera fixe et positionnée à l’avant de l’appareil, dénommée CVDR, pour "cockpit voice and data recorder". La seconde, éjectable et capable de flotter, sera présente dans la queue de l’avion, appelée « ADFR », pour "automatic deployable flight recorder" : elle pourra être éjectée automatiquement, par un simple ressort, via des capteurs qui détecteront les déformations du fuselage en cas d’impact et de choc hydrostatique si l’appareil s’échoue en mer. Dans les deux cas, la capacité d’enregistrement des voix passera à 25 heures, contre deux heures aujourd’hui.

Vers des avions connectés

Pour maximiser les chances de retrouver la boîte noire éjectable, celle-ci sera munie d’une balise de détresse ELT, transmettant l’identification de l’avion et sa position. Les boîtes noires seront en outre munies d'un transmetteur ULB de positionnement avec une autonomie de 90 jours, contre 30 aujourd'hui. "Sous l’eau, il est très fréquent que les signaux de la balise remontent mal, c’est pour cela qu’il est souvent difficile de localiser les boîtes noires", précise Charles Champion. Des phénomènes de déformation du signal amplifiés par la salinité de l’eau et la réfraction optique. Ces développements ont été réalisés avec deux partenaires industriels : l’entreprise américaine L3 Technologies, spécialisée dans les systèmes électroniques, et DRS Leonardo, filiale de l’italien Leonardo basée aux Etats-Unis.

Ces boîtes noires éjectables répondent à une série de recommandations que vont édicter l’Union européenne et l’organisation de l’aviation civile internationale (OACI) dans les cinq années qui viennent. "A plus long terme, grâce aux avions connectés, nous pourrons avoir accès aux données du vol, mais ce n’est pas encore au point", affirme Charles Champion. C’est le grand défi pour le secteur aérien des prochaines années : être en mesure de connaître en temps réel le positionnement des avions et les informations du vol, même dans les régions les plus reculées du monde et en plein milieu des océans. Ce qui passe par l’utilisation de constellation de satellites comme Irridium, en particulier pour améliorer le système ADS-B des transpondeurs – assurant le suivi en vol – mais qui manque d’efficacité.

Olivier James Grand reporter Aéronautique - Défense

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