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L'Usine Auto

Bouffée d'oxygène pour GM&S Industry à La Souterraine

Julie Thoin-Bousquié , , , ,

Publié le

Renault et PSA se sont finalement engagés à augmenter leurs commandes auprès de l'équipementier GM&S Industry à La Souterraine (Creuse), menacé de liquidation judiciaire. Le tribunal de commerce de Poitiers doit examiner l'avenir du site lors d'une nouvelle audience mardi 23 mai.

Bouffée d'oxygène pour GM&S Industry à La Souterraine
PSA s’est engagé à augmenter ses commandes de 10 à 12 millions d’euros, et Renault ’est engagé pour sa part à doubler ses commandes pour les porter de 5 à 10 millions.
© D.R.

Un sursis pour les 283 salariés de l'équipementier GM&S Industry, à la Souterraine (Creuse). Les deux principaux clients de l'entreprise, PSA et Renault, se sont engagés à augmenter leurs commandes. Dans un communiqué, le nouveau ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé avoir obtenu dimanche 21 mai gain de cause auprès des deux constructeurs. "Le groupe PSA s’est engagé à augmenter ses commandes de 10 à 12 millions d’euros. Le groupe Renault s’est engagé pour sa part à doubler ses commandes pour les porter de 5 à 10 millions d’euros", a expliqué le ministre.

Renault a donc accepté de doubler son carnet de commandes, soit 10 millions d'euros au total, tandis que PSA a promis d'injecter 2 millions de plus, ce qui porterait sa promesse de commandes à 12 millions d'euros. Ces 22 millions d'engagements restent cependant bien en-dessous des 40 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisés en 2014, montant qui permettrait de conserver la totalité des 277 emplois. Les représentants des salariés avaient été reçus par le ministre de l'Economie, vendredi 19 mai en fin d'après-midi.

Un vrai changement du côté de Renault, qui avait diminué au cours des dernières années ses commandes auprès de GM&S Industry. PSA, de son côté, avait toujours maintenu ses volumes autour de 10 millions d'euros entre 2011 et 2016, selon une source interne au groupe. Au total, "ces engagements permettront d’atteindre un niveau de chiffre d’affaires sur 2017 proche de 25 millions d’euros, et rendent possible la continuité de l’exploitation et la poursuite des discussions sur la reprise de l’entreprise", a souligné le ministre de l'Economie dans son communiqué.

De 16 à 25 millions d'euros de commandes

Depuis décembre, les deux principaux clients de GM&S, les constructeurs PSA et Renault, évoquaient un volume de commandes annuel à hauteur de 16 à 17 millions d’euros pour 2017, ce qui permettait de maintenir, selon les estimations et si un repreneur se manifestait, l’équivalent d’une centaine d’emplois dans la Creuse. Inacceptable pour les salariés et syndicats, qui accusaient les constructeurs de s’être "désengagés en diminuant progressivement la charge de travail depuis plusieurs années", aboutissant à cette situation de crise.

"Il nous faudrait 40 millions d'euros de chiffre d'affaires, ce qui représente moins de 1% du chiffre d'affaires de l'emboutissage en France. Cela donnerait des perspectives à un éventuel repreneur. Notre volonté n'est pas de nuire à ces deux constructeurs, mais d'avoir du travail. Nous avons le sentiment qu'une déroute est planifiée pour aboutir à la fermeture de notre usine"déplorait en avril dernier Vincent Labrousse, délégué CGT. Dimanche, Vincent Labrousse a souligné que la décision de PSA et Renault était un"signe encourageant" de nature à rassurer un éventuel repreneur, mais a réaffirmé que "les menaces sur l'avenir de l'entreprise ne sont pas levées".

Gagner en compétitivité

Car l'usine doit toujours "adapter son organisation afin de gagner davantage en compétitivité", a rappelé le ministère de l'Economie dans son communiqué. Depuis plusieurs années, la détérioration de la compétitivité de l'usine de La Souterraine s'est combinée avec la multiplication des repreneurs. En 2008, l’usine a connu son premier redressement judiciaire depuis le début des années 2000. Elle est finalement reprise un an plus tard par le groupe Altia. Les commandes et le chiffre d’affaires connaissent alors une belle progression. Mais la joie est de courte durée. Cinq ans plus tard, en 2014, GM&S Industry est placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce, pour la deuxième fois. C’est un entrepreneur italien, Gianpiero Colla, qui verra son offre validée par le tribunal.

De multiples repreneurs

Le groupe français GMD s'est manifesté, en vain. Pour trois euros symboliques, Gianpiero Colla s’offre l’usine. Aidé par PSA et les pouvoirs publics, il promet investissements et nouveaux marchés. Mais il quitte finalement les lieux après y avoir empoché presqu’un million d’euros de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), rappelle le journal La MontagneSous son contrôle, le chiffre d’affaires a fini de se réduire comme peau de chagrin. Des emplois ont été supprimés. Les clients Plastic Omnium et Renault ont de leur côté réduit la voilure en diversifiant leur portefeuille de sous-traitants.

Le tribunal de commerce de Poitiers devrait examiner mardi 23 mai lors d’une nouvelle audience l’avenir de ce site spécialisé dans l’emboutissage et l’assemblage de pièces pour l’industrie automobile, qui représente le deuxième employeur privé de la Creuse. Selon les représentants des salariés, GMD serait à nouveau intéressé. Ils espèrent obtenir du tribunal un prolongement de la période d'observation.

 

 

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