Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Boss digital

,

Publié le

Ce manager a su initier ou réaliser la transformation numérique d’une entreprise. Son travail a eu un impact significatif sur le développement de celle-ci.

Julien et Frédéric Lippi l’esprit collaboratif
Julien et Frédéric Lippi reprennent la société familiale charentaise en 2008. L’entreprise de clôtures ne va pas bien. Le chiffre d’affaires dévisse comme chez tous les acteurs français du secteur. Il faut réagir et remobiliser les équipes autour d’un projet. Ils ont la conviction que pour s’en sortir il faut « faire entrer leur PME de métallurgie dans le monde contemporain », explique Frédéric Lippi. Et revoir le mode de management du sol au plafond. Les deux frères, qui après l’ESC Bordeaux ont travaillé chez Rank Xerox et Logix pour Julien, Bull et PSA pour Frédéric, sont convaincus que le temps des organisations pyramidales est terminé et qu’il faut passer au collaboratif. Ils décident qu’internet, ses applications, ses outils, ses usages sont des alliés parfaits pour développer l’autonomie et l’initiative des collaborateurs. « Nous voulions élargir leur champ culturel », avance Frédéric Lippi. Ils lancent un grand chantier de formation. Les 250 salariés, de l’assistante au soudeur, sont formés aux outils du web : blogs, réseaux sociaux, sites, moteurs de recherche. Puis ils créent une « war room » où sont menés des projets web appliqués à l’entreprise, sur la base du volontariat. Pour les deux quadragénaires, les outils numériques sont des catalyseurs qui remplacent le réflexe hiérarchique par des collaborations horizontales. Certains salariés changent même de métier, comme cet ouvrier de production désormais le maître d’oeuvre des vidéos de formation. Toute l’entreprise est passée sur la suite Google apps. Les collaborateurs inscrits sur Google + animent leur cercle de réseau au sein de l’entreprise et au-delà. Pour les dirigeants, le numérique a accompagné la réforme de l’entreprise. « Nous ne sommes pas à Paris ici, mais en Charente. Le haut débit n’est arrivé qu’en 2010. Mais dans tous les services, internet a introduit un réflexe de veille permanente, qui fait que chacun est meilleur sur son métier. » Toutes les initiatives, numériques ou non, sont soutenues par une culture de la confiance. Depuis trois ans, entre les investissements et la forte concurrence des pays du sud de l’Europe, les résultats sont dans le rouge. Pas de quoi décourager les deux patrons, qui se sont lancé le défi de structurer l’aval de leur secteur, en faisant émerger des clôturistes comme il y a des cuisinistes. Dans l’entreprise, pour caractériser cette volonté de mouvement et de confiance même dans l’adversité, on a inventé un concept : la « lippitude ».

Le déclic

« Le levier du numérique s’est imposé lors de la réflexion sur le nouveau projet d’entreprise fondé sur la liberté et l’autonomie des salariés. »
Frédéric Lippi

Jacques-Antoine Granjon le soldeur visionnaire
Le patron et fondateur de vente-privee.com crée sa première entreprise en 1985. À l’époque, le web est encore bien loin. Jacques-Antoine Granjon se lance dans le déstockage des invendus de marques. Ce n’est pas un geek, un homme qui vient du code comme ses amis d’aujourd’hui, Xavier Niel (Iliad) et Marc Simoncini (Meetic, Sensee). Mais près de trente ans plus tard, le soldeur est devenu comme eux une figure emblématique du numérique français. En 2011, il a cocréé l’École européenne des métiers de l’internet (Eemi) et, l’an passé, il a soutenu 101 projets de jeunes entrepreneurs numériques. Même s’il s’en défend et refuse de réécrire l’histoire, c’est bien en visionnaire de l’e-commerce qu’il a fait passer son activité sur le web en fondant Vente-privee. com, en 2001. « J’ai su très tôt que l’information ne circulerait plus sur papier, raconte-t-il. Dès le milieu des années 1990, j’ai compris que notre métier touchait à sa fin. Car, de plus en plus, ce n’était plus le produit qui comptait dans la valeur d’une marque, mais l’image créée autour pour susciter le désir d’achat. » La plupart de ses 2 100 salariés sont des chefs de produits et des designers web, installés à la Plaine-Saint-Denis, au nord de Paris. D’autres sont photographes et maquilleurs dans la Digital factory, les studios maison qui réalisent de A à Z la promotion audiovisuelle de toutes les ventes du site. De société de déstockage, l’entreprise s’est transformée en une start-up géante. Jacques-Antoine Granjon la dirige avec des convictions : celle que la mixité est un atout, avec 53 % des employés et 60 % des top managers qui sont des femmes, et l’idée qu’il est possible de développer un géant du numérique depuis le coeur de la Seine-Saint-Denis. Désormais, il se revendique « pure player du numérique » et se remet en question en permanence. Histoire de garder un temps d’avance sur les nombreux concurrents qui se sont inspirés de son modèle. Selon lui, vente-privee.com n’est plus seulement un acteur de l’e-commerce, mais « un média, puissant et prescripteur ». Avec une audience de 22 millions de membres et de 3,5 millions de visiteurs uniques quotidiens sur le site. Jacques-Antoine Granjon a poussé l’idée dans ses derniers retranchements en achetant deux théâtres parisiens et en montant un festival de musique acoustique cet été. Un moyen de se rapprocher de son rêve de toujours : devenir chanteur.

Le déclic

« En 2000, Carrefour a lancé l’opération “500 téléviseurs à 99 francs et pas un de plus !” J’ai pensé : lançons des ventes événementielles sur internet, pour que le plus grand nombre profite de nos qualités de négociateurs. »

Rafi Haladjian serial entrepreneur
Il se décrit comme un défricheur. Rafi Haladjian se dit mû par le goût de la découverte et l’envie de faire partie de l’histoire. Depuis les années 1980, il crée entreprise après entreprise pour démontrer l’intérêt de certaines technologies et leur impact sur la société. En 1994, il découvre le navigateur Mosaic et fonde l’un des premiers fournisseurs d’accès à internet, FranceNet. Il y a dix ans, il est intrigué par l’idée d’objet connecté. Il crée alors deux structures. Ozone pour couvrir Paris en Wi-Fi, et Violet qui conçoit le lapin Nabaztag, l’un des premiers objets communicants au monde. Trop tôt, même s’il en vend 180 000… Rafi Haladjian poursuit aujourd’hui sa quête avec Sen.se, sa 17e structure. Il y développe une plate-forme ouverte pour objets connectés. « Le meilleur moyen de trouver la killer app, c’est d’en développer un très grand nombre », résume-t-il. Cette fois, il imagine des languettes qui s’apposent sur n’importe quel objet pour se connecter au web via le dispositif central, Mother. Pas de produit dédié à une fonction précise, mais des modules polyvalents et une plateforme. Si le Nabaztag était un lapin, Mother, elle, est une matriochka : pour Rafi Haladjian, le design est essentiel. « Il faut faire des choses marrantes avec des yeux et des oreilles », explique-t-il. Pour Sen.se, il s’appuie sur une équipe de développeurs internes et la communauté. Même si ceux qui l’ont côtoyé le décrivent comme peu expansif, son bureau est installé dans la même pièce que ses employés. Rafi Haladjian passe la moitié de son temps à Shenzhen. Vexé que trois usines françaises l’aient repoussé, il s’est tourné vers la Chine pour produire Mother. Il aime traîner dans « ces dizaines de centres-villes de la géante chinoise ». Pour y dénicher son prochain projet ?

Le déclic

« À 20 ans, j’ai découvert la sémiologie et lu un livre fondateur : “Le Choc du futur” d’Alvin Toffler, qui décrit le passage de l’ère industrielle à une nouvelle ère technologique. »

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle