Bosch Vénissieux accepte de revenir sur les 35 heures

Les salariés de l'usine rhodanienne vont travailler une heure supplémentaire par semaine sans compensation financière pour éviter une délocalisation. Une décision qui pourrait inciter d'autres entreprises à revoir leurs accords internes, à l'instar du gro

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Les salariés de l'usine Bosch de Vénissieux (Rhône) ont accepté de travailler une heure supplémentaire par semaine pour éviter une délocalisation vers la République tchèque. 98 % des 820 salariés de l'établissement ont validé la proposition de la direction. La mise en place du nouveau dispositif doit intervenir le 1er janvier 2005.
Ce texte, signé en juin dernier entre la direction et les syndicats CFE-CGC et CFDT, majoritaires dans l'établissement, prévoit en plus de l'allongement du temps de travail hebdomadaire, une réduction de 12 % de la masse salariale et une baisse de 25 à 20 % de la majoration des horaires de nuit. Les augmentations générales de salaires et la prime d'intéressement seront par ailleurs suspendues pendant trois ans.
Selon la direction de Bosch France, l'accord permet de consacrer à l'établissement de Vénissieux un investissement de 12 millions d'euros. L'installation d'une ligne de montage d'une nouvelle pompe à injection diesel, qui devait être réalisée dans une usine tchèque du groupe, « ouvre la voie à une pérennisation du site », estime Luc Hervé, le directeur des ressources humaines de l'entreprise.
Mais ce protocole ne fait pas l'unanimité. Pour la CGT, qui a refusé avec FO de le parapher, il s'agit d'un « véritable chantage à l'investissement et à l'emploi ». A la CFDT, en revanche, on juge que cette disposition « répond à une situation exceptionnelle » et qu'elle ne « remet en cause ni les 35 heures, ni les accords de branche ».
Cette révision des 35 heures pourrait cependant inciter d'autres entreprises à s'engager dans cette voie. Déjà, le groupe Doux, numéro un français de la volaille, est revenu au printemps dernier sur les termes de son accord interne sur la durée hebdomadaire du temps de travail signé en 1999. La dénonciation de l'accord « a fait perdre aux salariés 23 jours de RTT ainsi que 500 euros par an environ du simple fait de la suppression du paiement du temps de pause », a affirmé à l'AFP Slimane Khaoui, le responsable CFDT (majoritaire) du volailler.
Côté pouvoirs publics, on reste prudent. Interrogé par France Inter sur les cas des groupes Bosch et Doux en France, le secrétaire d'Etat au Budget, Dominique Bussereau a expliqué qu' « à partir du moment où il s'agira d'accords d'entreprises, de branches (...), le gouvernement laissera les salariés et leur direction agir ensemble ».
Marion Deye

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