BordeauxDe nouvelles compétences dans la chimieFace à une dizaine de villes, la capitale de l'Aquitaine décroche l'Institut européen de chimie moléculaire. Ses compétences dans ce domaine n'y sont pas pour rien.

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Bordeaux

De nouvelles compétences dans la chimie

Face à une dizaine de villes, la capitale de l'Aquitaine décroche l'Institut européen de chimie moléculaire. Ses compétences dans ce domaine n'y sont pas pour rien.



Satisfaction affichée pour Pierre Bothorel, patron du Centre de recherche Paul-Pascal, un laboratoire bordelais du CNRS. La pression qu'il exerce depuis quelques années en tandem avec Alain Rousset, vice-président du Conseil général de la Gironde, vient une nouvelle fois de porter ses fruits. Alors que l'on croyait le dossier en panne, le projet de créer à Bordeaux un institut européen de chimie moléculaire, laboratoire de Polytechnique, est sur les rails.

200millions de francs vont être injectés dans la création de ce qui sera un grand centre de recherche et de formation en chimie. Le Conseil régional d'Aquitaine, que dirige Jacques Valade, maître d'ouvrage, apporte 80millions de francs, le Conseil général de la Gironde et la Communauté urbaine de Bordeaux 40millions de francs chacun. Seule la mairie de Bordeaux n'a pas encore confirmé son engagement. Dans un premier temps, l'Institut accueillera une soixantaine de chercheurs, essentiellement belges et français, de très haut niveau.

Ainsi, l'une des équipes de Polytechnique, celle que dirige Jean-Yves Lallemand, le meilleur spécialiste français des analyses de protéines par résonance magnétique, est attendue sur le site. Dans un deuxième temps, des équipes anglaises, canadiennes, suisses, allemandes viendront grossir l'institut, qui regroupera 225chercheurs.

Un projet suscitépar l'Ecole polytechnique

Au cours de ce mois de septembre, le choix d'un programmiste devrait être fait. Ce dernier rendra sa copie en février prochain. Dans la foulée, suivra le lancement du concours d'architectes. La construction du bâtiment est prévue pour la fin de l'an prochain. Pierre Bothorel, qui s'est vu confier officiellement en juillet dernier le suivi du dossier d'un point de vue scientifique, peut pousser un soupir de soulagement.

Les difficultés n'ont pas manqué. Le projet, suscité par l'Ecole polytechnique, qui souhaitait fédérer de nombreuses équipes pour créer un centre de chimie de haut vol, entraîne rapidement la candidature des métropoles des régions Paca et Rhône-Alpes. Bordeaux ne fait pas partie du paysage. En un temps record de quatre mois, Pierre Bothorel et Alain Rousset mobilisent les communautés scientifique et politique. Le consensus, si rare en terre bordelaise, pour une fois fonctionne à merveille. Pour autant, les handicaps demeurent. L'arrivée d'un nouveau ministre de la Défense, les mutations au sein de Polytechnique bloquent le dossier. Il faudra convaincre le nouveau président du conseil d'administration de l'Ecole polytechnique, en poste depuis février 1993, de la pertinence de la candidature bordelaise face à une dizaine de villes candidates, comme Nantes, Lyon, Strasbourg ou Lausanne. "La recherche fondamentale en chimie est l'un des atouts naturels de Bordeaux. Le Centre Paul-Pascal et le laboratoire de chimie du solide, tous deux labos du CNRS, représentent, avec les laboratoires universitaires, les piliers de la chimie", avance sans hésiter Pierre Bothorel.

Reste à dessiner les contours de ce que sera le futur institut. Maryse Dusselier, ex-secrétaire générale de l'Ecole d'ingénieurs chimistes de Rennes, vient d'être chargée par Polytechnique de coordonner le dossier et de préparer plusieurs scénarios concernant le statut juridique du futur institut, ses liens avec Polytechnique et son degré d'autonomie. A 33ans, cette licenciée en administration publique, titulaire d'autre part d'un DEA d'histoire, a du pain sur la planche.





La complicité entre Pierre Bothorel, patron du Centre de recherche Paul-Pascal, et Alain Rousset, vice-président du Conseil général de la Gironde, ne s'est pas nouée autour de l'Institut européen de polychimie. Le tandem a à son actif la création d'un boulevard technologique, le long du campus universitaire, sur les trois communes de Pessac, Gradignan et Talence. Depuis, sur l'avenue Schweitzer, à Pessac, les coups de pioche sont incessants. La construction de l'Enserb (Ecole nationale d'électronique), un investissement de 112millions de francs, sera réalisée en avril 1995. Et dans les prochaines semaines s'achèveront le chantier de l'Ecole supérieure de chimie, un investissement de 107millions de francs, ainsi que la construction du Laboratoire de chimie du solide, qui revêt une nouvelle appellation:

l'Institut de la matière condensée. Un investissement de 65millions de francs.

USINE NOUVELLE - N°2471 -

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