[Bonne résolution] Se lever tôt pour se mettre au sport : rien ne sert de courir, il faut arriver à temps.

Christophe Bys

Publié le

Si vous vous intéressez aux modes managériales, vous avez forcément entendu parler du Miracle morning. Se lever tôt pour faire du sport et méditer serait la clé pour être plus productif et mieux réussir. Si telle est votre résolution pour 2017, suivez les pérégrinations de notre journaliste, qui, pour vous, a décidé de tester cette mode venue de Californie. Pour son dernier jour, il a le choix entre le body pump qu'on lui a présenté comme étant une activité dangereuse et la course sur tapis roulant pour laquelle il a beaucoup de prévention. Une version hypermoderne du choix cornélien.

[Bonne résolution] Se lever tôt pour se mettre au sport : rien ne sert de courir, il faut arriver à temps.
Le matin, les couloirs du métro, les courageuses sont prêtes pour aller à la salle de sport.
© Christophe Bys

Je me réveille à l’heure prévue et arrive à la salle à l’heure. J’ai l’impression que depuis le début de la semaine, je dors moins mais je dors mieux. Je commence vraiment à prendre l’habitude. Dans le métro, je sais où je dois me placer pour être plus proche de la correspondance ou de la sortie, je suis presqu'en pilote automatique. Sortir de l'appartement est cependant toujours aussi pénible, surtout en hiver alors qu'il fait froid. Arrivé à destination, je me surprend à repérer dans le métro une jeune femme en baskets et survêtement à la sortie. Nous allons au même endroit incontestablement. J'appartiens à une nouvelle fraternité.

Maintenant, dans le métro ou dans la rue, quand je cours parce que je suis à la traîne, je ne me dis plus que je suis un abruti de parisien toujours pressé, je me fais croire que je m’entraîne.

Courir sur un tapis en regardant télématin

Vendredi matin, c’est body pump à la salle. J’ai promis à la rédactrice en chef de ne pas en faire quand j’ai commencé la semaine. Elle craint pour ma santé, un de ses amis a eu un malaise après cette actitvité au nom exotique. Je lui ai dit oui pour la rassurer, mais j’ai quand même envie de voir, de tester. J'ai tenu quatre jours alors que je pensai partir au bout de dix minutes, je peux bien faire du body pump.

Je pousse la porte. Ils sont trois en cours à jouer avec des haltères partout. On m'avait prévenu, le vendredi y'a pas grand monde. Je sens que ce body pump n’est finalement pas une bonne idée. Alors je décide de faire ce que j’ai toujours considéré comme l’activité réservée aux abrutis les plus indécrottables, le truc débilissime qui prouve que le monde tourne mal : courir sur un tapis roulant. Là encore on se retrouve avec un tableau de bord imaginé sûrement pas Airbus Industrie, tant les compteurs sont multiples.

Désarçonné, il remonte sur son tapis

Je découvre éberlué, qu’on peut courir en regardant la télé (ma voisine regarde télématin sur France 2 et je suis admiratif du décalage entre sa foulée sportive et le rythme plus que calme du talk show matinal de la chaîne publique). On peut aussi courir en ayant sur l'écran les rues de San Francisco (la classe !) avec le défilement des images qui s'adaptent au rythme de course. Après avoir fait l'idiot en tripotant tous les boutons pendant cinq minutes, il faut que je m'y mette. 

Alors ce sera course pédagogique. J'essaie de courir en écoutant un podcast en anglais qui traine dans mon téléphone. De quoi me donner bonne conscience, je fais un truc idiot mais j’améliore mon anglais. Je découvre que se concentrer sur son pas, sur son souffle, rend assez difficile l'écoute attentive du podcast. Entre les deux, il faut choisir. Je réussis à tomber du tapis entraînant mon smartphone dans ma chute, arrêtant progressivement ma progression en anglais. Je chute non pas parce que le tapis allait trop vite, mais parce que j'ai toujours été distrait et un peu comme les méchantes langues prétendaient qu'était Gérald Ford, incapable de marcher et de mâcher du chewing gum en même temps. Mais bon, c’est comme à cheval il faut remonter tout de suite.

Je comprends assez vite l’avantage du tapis. Pour s’entraîner, il est très agréable de pouvoir régler sa vitesse, la pente, voire la durée de course puis celle de récupération. Et puis là, pas de vent ou de pluie qui rendent la course pénible. Juste une salle bien chauffée. J’alterne marche rapide et course et ressors fourbu une fois de plus. J’avais oublié que j’avais mal au ventre, aux abdominaux depuis deux jours, des muscles tellement peu développés chez moi, que j’en ignorai l’existence avant qu’ils ne se rappellent à moi. 

C’est le dernier jour de travail de la semaine, rarement le plus productif. On ne saura donc pas si c’est la fatigue habituelle ou celle de la salle ajoutée à celle de la fin d’année qui me ralentit ce vendredi. Les courbatures sont là mais moins fortes, j’ai l’impression de récupérer plus vite.

En guise d'épilogue

J’avais initialement prévu d’y aller le samedi matin. Mais le samedi matin, je me suis réveillé après une bonne nuit et avec une envie dingue de rester au lit. Je me suis finalement levé à une heure indécente. Et l’après-midi je n’ai pas fait grand-chose.

En revanche, le dimanche, j’ai pratique l’activité physique préférée de ceux qui n’aiment pas le sport : la natation. J’ai eu l’impression de mieux nager et d’avoir gagné en puissance. Illusion ? Ou réalité ? Etant rétif au réductionnisme chiffré, je suis incapable de mesurer cette progression mais elle m'a semblé bien réelle.

Lundi 19 décembre quand mon réveil sonne à 7 heures, je ressens ce que je n’aurais jamais imaginé une semaine plus tôt : le regret de ne pas devoir aller à la salle, regret, qui, convenons-en, passe assez vite.

Le bilan de cette semaine ? Se lever tôt pour aller en salle a un effet sur le corps mais aussi sur le moral. Je me suis senti bien, moins stressé, plus calme et surtout même si j’ai peu dormi, j’ai mieux dormi.

Quelques conseils et un regret

Si vous avez envie de tenter l’expérience, allez-y plus progressivement : une fois par semaine, puis deux, voire trois, le temps que votre corps s’habitue. Organisez vous pour dormir plus tôt, pour recaler vraiment votre rythme de vie.

Et surtout, faites comme je l’avais fait, vérifiez auprès de votre médecin que rien ne s’y oppose, notamment du point de vue cardique.

Post scriptum très important : je me lève tôt et je fais du sport et toujours pas d'appel du board d'Apple pour remplacer Tim Cook. Me serais-je fait avoir ?

 

Je remercie ici toute l’équipe du CMG Sports Club Grands Boulevards pour leur patience et leur accueil. Merci aussi aux élèves réguliers dont j’ai sûrement perturbé le cours par mes questions naïves et mes problèmes techniques (avec les pédales, avec les cordes, les ballons….). et bravo à eux qui font ça tous les jours, sans avoir d’article à écrire.

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