[Bonne résolution] Se lever tôt pour se mettre au sport : mon ennemie, c'est la corde à sauter

Christophe Bys

Publié le

Si vous vous intéressez aux modes managériales, vous avez forcément entendu parler du Miracle morning. Se lever tôt pour faire du sport et méditer serait la clé pour être plus productif et mieux réussir. Si telle est votre résolution pour 2017, suivez les pérégrinations de notre journaliste, qui, pour vous, a décidé de tester cette mode venue de Californie. Pour ce quatrième jour, il doit faire face à l'humiliation de la corde à sauter et à la fatigue qui s'installe tout en enchaînant deux cours aux aurores. Finira-t-il médaille d'or aux jeux olympiques seniors ?

[Bonne résolution] Se lever tôt pour se mettre au sport : mon ennemie, c'est la corde à sauter
Une activité intitulée le foam roller que j'aurais préféré à la corde à sauter.

Le lever est difficile et il faut que je me motive beaucoup pour sortir du lit quand mon réveil sonne. Enfin, je ne le précède plus, je dois en convenir, le manque de sommeil me frappe et les courbatures sont là et bien là. Il est hors de question que j’abandonne en cours de route : le sentiment de bien-être que je ressens depuis deux jours me motive aussi incontestablement, l’effet des endorphines ?

Faire des pompes normalement, un rêve ?

Le résultat de tout ça est que j’arrive en retard à la salle. Ce jeudi, on refait le même genre d’exercices que lundi matin mais avec un autre professeur, un peu moins avenant mais toujours aussi pro. On enchaîne des figures, certaines sont assez difficiles et pour tout dire inexplicables. Imaginez un banc d'une quinzaine de centimètres de hauteur et d'un mètre de longueur posé sur le sol. Vous posez votre bras gauche dessus, le droit touche le sol et vous faites une pompe, puis vous rampez de sorte à inverser la position initiale (bras droit sur le mini-banc et bras gauche à terre) une pompe et on enchaîne. Ce n'est pas que je sois obsédé par les pompes au sol, mais déjà en faire une série de cinq me semble un objectif délirant en temps normal, toutes ces variantes me laissent pantois.

Dans le groupe, nous sommes ce jeudi un tout petit nombre, cinq ou six, lundi on était deux fois plus. Une jeune femme avec laquelle j’avais échangé trois mots vient me voir et m’interroge : "alors vous tenez ?" Quand je lui réponds que je viens tous les jours, elle juge que c’est trop pour un débutant, me confiant qu’elle vient deux fois par semaine plus une fois le week end.

Et quand arrive la corde à sauter c'est le drame

La musique continue à rythmer les séances. Il faut passer à l’exercice suivant, sauter à la corde, le truc que je n’ai jamais su faire avec le 'grimper à la corde". J'ai un problème avec les ficelles, faudrait que j'en parle à un psy. Ça s’emmêle, je n’arrive pas à sauter à pied joints, j’ai l’impression d’être un enfant de six ans pataud. "Le corps est un enfant rebelle", je me dis, en tentant désespérément de décoller du sol.

Le coach passe et m’explique qu’il faut se tenir droit et se regarder dans la glace. L'horreur : depuis le début, j'évite les mirroirs omniprésents dans les salles. je courbe le dos, je baisse la tête. Pas question de s'admirer en positioin de faiblesse. Je n'ai plus le choix, il reste à côté.

A l’énervement de ne pas y arriver s'ajoute la vision d'un truc volumineux qui doit être mon corps, lutter pathétiquement avec une ficelle et la gravité : ce n'est pas demain que je m'envolerai, je suis lesté. Je me dis que j’ai beau savoir désaisonnaliser des données, résoudre des équations différentielles ou connaître la querelle qui opposa Keynes à Pigou, face à ce morceau de cordelette, je suis condamné à l’humilité la plus complète. J’enrage. Le corps est un enfant rebelle, je me répète et je continue en enchaînant difficilement de sauter de cordes... heureusement on passe à autre chose, mais on y reviendra. 

De l'eau et des courbatures

On l’oublie mais le corps est composé à 80 % d’eau, paraît-il, faire du sport en club le confirme. Je transpire tellement ce jeudi matin, que j’ai l’impression d’en avoir plus que 70 % en sortant et mardi soir après le cocktail où il fallait ajouter un peu de champagne à l'eau. 

Je sors de ce cours fourbu, avec les courbatures que je ressentais le mercredi en plus accentué. J’ai très mal à un muscle des fessiers et aux épaules. J’avais vu sur le programme qu’il y avait un cours d’une demie-heure de stretching. Je décide d’y aller pour voir l’effet. Au rythme RBnB succèdent la guimauve de balade façon James Blunt : pour un peu on pleurerait en étirant les bras, les jambes... ça fait un bien fou. Je sors de là en meilleur état que je suis entré.

La journée va être longue quand même. Je réalise que j’ai fait beaucoup en vingt-quatre heures. Même si le stretching a soulagé les douleurs, je suis bien courbatu. Mais le sport maintient son effet, je me sens calme, très calme, moi qui suis d’un naturel excité tendance râleur. Je me découvre une forme de sagesse que je ne m’imaginai pas et malgré la fatigue je réussis à bien travailler.

Le plus difficile de la journée sera le pot de départ organisé par un quintette de collègues qui volent vers d'autres horizons. Je me souviens de mon mardi soir et je suis très sage. Je trinque à peine, mange seulement un demi foie gras (c'est très peu pour moi) et m'éclipse avant tout le monde. Je n'aime pas les adieux et j'ai une bonne excuse, alors je file. 

Arrivé à la maison je tombe de sommeil. A 19 heures je m’endors comme une masse pour une trentaine de minutes. Requinqué, je m'endormirai aussi tard que les jours précédents. La nuit sera encore courte, mais bon demain c’est le dernier jour de la semaine. 

A suivre... 

A-t-on raté sa vie, si à cinquante ans, on n'a jamais fait de Body pump ? Quel sera le bilan de cette semaine après un ultime cours ? 

 

Je remercie ici toute l’équipe du CMG Sports Club Grands Boulevards pour leur patience et leur accueil. Merci aussi aux élèves réguliers dont j’ai sûrement perturbé le cours par mes questions naïves et mes problèmes techniques (avec les pédales, avec les cordes, les ballons….). et bravo à eux qui font ça tous les jours, sans avoir d’article à écrire.

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