Bonduelle et Fleury Michon au secours de l’élevage français

Bonduelle et Fleury Michon, deux groupes familiaux emblématiques de l’agroalimentaire lancent dans les prochains jours des gammes de produits élaborés mettant en avant l’origine française de leurs viandes. Une réponse des industriels à la crise que traverse l’élevage français ?

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Effet de mode ou réelle prise de conscience des problèmes de l’élevage français ? En l’espace d’une semaine, deux marques emblématiques de l’agroalimentaire français lancent une gamme de produits élaborés mettant en avant l’origine française de leurs viandes, en partenariat avec les éleveurs.

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Pour trois de ses salades composées (taboulé, salade de pâtes et piémontaise), Bonduelle a choisi de modifier l’origine de ses approvisionnements en viande de volaille. "Nous voulions acheter au plus près de nos consommateurs, à condition que la filière française puisse s’adapter à nos exigences de qualité et de traçabilité", explique Pascal Bredeloux, le directeur de la brande produits frais du groupe nordiste.

Après "un long travail sur les exigences qualitatives", le spécialiste des légumes a pu faire affaire avec un volailler français. Selon nos informations, le groupe sarthois LDC est désormais son fournisseur en poulet.

"C’est la première fois, avec Bonduelle, que des produits traiteurs frais vont arborer le label Volaille française", s’est félicité Gilles Le Pottier, le délégué général de l’association de promotion de la volaille française (APVF). Pour cela, le groupe a dû adhérer à l’APVF pour pouvoir utiliser le logo. Après cinq références et trois recettes lancées fin septembre, le groupe qui achète 500 tonnes de volailles par an, devrait élargir dans les prochains mois à d’autres produits l’origine française du poulet utilisé, notamment dans son offre de plateaux repas. Une stratégie qui devrait aider Bonduelle à augmenter ses parts de marché dans un rayon traiteur en plein développement. "Nos études consommateurs ont montré que les intentions d’achats étaient plus fortes avec le logo volaille française", affirme Pascal Bredeloux.

Contractualisation tripartite

Dans la charcuterie, Fleury Michon a décidé d’aller plus loin encore. Le groupe vendéen vient de mettre en place un système de contractualisation tripartite avec des éleveurs de porcs bretons et l’abattoir Abera (groupe Avril) dans le cadre d’une nouvelle gamme baptisée "J’aime le jambon", lancée dans les prochains jours.

Pour l’instant, 21 éleveurs sont engagés dans cette filière qualité, représentant un volume de 2 000 porcs abattus par semaine. Dans le cahier des charges figurent notamment une alimentation en soja non OGM, la restriction de l’utilisation d’antibiotiques ou l’amélioration du bien-être animal. Fleury Michon s’engage à soutenir financièrement les éleveurs sur une durée d’achat minimum de trois ans. "En échange d’investissements dans leurs élevages, nous leur versons une prime et une plus-value de 7,5 euros par porc par rapport à la cotation du marché du porc breton (MPB)", détaille Alex Joannis, le directeur général de l’activité charcuterie de Fleury Michon.

Représentant pour l’instant 2 % des volumes de porc achetés par Fleury Michon, la filière devrait passer à 5 % en 2016, si le succès est au rendez-vous. Le produit devrait être plus cher de 15 à 20 % en moyenne en rayon. Le consommateur aura la responsabilité de la réussite du projet .

Pour Fleury Michon, qui affirme acheter au total 70 % de jambons français, l’origine France n’est pas une fin en soi. "Acheter français est un acte citoyen, mais pas forcément un gage de qualité supérieure", explique David Garbous, le directeur du marketing stratégique de Fleury Michon. "Nous souhaitons travailler le plus possible en proximité, mais le plus important pour nous est la qualité des matières premières, issues de filières certifiées et contrôlées", poursuit Alex Joannis.

Entre les lignes, pointe un problème d’inadéquation entre l’offre et la demande, souvent reproché aux éleveurs français. "Nous avons un réel problème de manque d’approvisionnements en porc français bio et dans la filière qualité Bleu blanc cœur, alors que la demande est là", regrette Patrick Le Rüe, le directeur marketing de la branche charcuterie de Fleury Michon. Faute de matières premières suffisantes, le groupe affirme devoir s’approvisionner au Danemark en porc bio et en Espagne en porc Bleu Blanc cœur.

Le salut des filières d’élevages en France passera par une montée en gamme des productions et, vraisemblablement aussi par d'avantage de contractualisations entre les intervenants. Les initiatives de Bonduelle et Fleury Michon, bien que marginales encore, semblent montrer l’exemple. Mais elles devront être confirmées sur la durée pour crédibiliser le discours des industriels.

Adrien Cahuzac

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