BOISCE QU'ISOROY VA FAIRE DE ROL TECHEn achetant Rol Tech à Saint-Gobain, Isoroy renforce sa position européenne dans le secteur du contre-plaqué. Mais il doit d'abord redresser sa nouvelle filiale.

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CE QU'ISOROY VA FAIRE DE ROL TECH

En achetant Rol Tech à Saint-Gobain, Isoroy renforce sa position européenne dans le secteur du contre-plaqué. Mais il doit d'abord redresser sa nouvelle filiale.



La croissance externe se confirme pour Isoroy. Début 1994, la filiale de l'allemand Glunz acquérait le fabricant de panneaux de particules Torsyl. Isoroy entame cette fois l'année en s'emparant de l'une des dernières activités bois de Saint-Gobain: Rol Tech entrera dans son giron avant la fin du mois. Une opération qui porte Glunz au deuxième rang européen du contre-plaqué, derrière le finlandais Kymmene. Reste à redresser la situation de Rol Tech. Ce dernier est lourdement endetté. Ses pertes d'exploitation atteindraient 7 à 8% des ventes (360millions de francs). Noèl Ancian, P-DG d'Isoroy, envisage d'augmenter le capital d'environ 50millions de francs dans les semaines qui vont suivre l'officialisation de l'achat. "Nous conserverons l'identité commerciale et les marques de Rol Tech", assure-t-il. Ce qui ne l'empêchera pas de revoir de fond en comble la gestion industrielle. Exploitant déjà treize usines de transformation du bois, dont deux de contre-plaqué, Isoroy va intégrer les trois sites de production de Rol Tech. Le groupe fournira une bonne part du bois exotique via ses exploitations forestières: 140000mètres cubes de grumes par an provenant du Gabon, auxquels s'ajouteront les produits d'une concession nouvellement acquise en Guinée équatoriale. Des économies d'échelle pour son approvisionnement, qui constitue le premier poste des dépenses et pour lequel Rol Tech est totalement tributaire des intermédiaires. Estimant le ratio chiffre d'affaires/homme insuffisant pour cette entreprise de 520employés, Noèl Ancian devra tôt ou tard en tirer les conséquences. Bien qu'il ne soit question d'aucun plan social pour le moment, l'amélioration de la productivité menace à terme l'emploi. D'après Saint-Gobain, un sérieux élagage a été accompli, avec un effectif réduit de près d'un tiers en deux ans. Mais Isoroy table aussi sur sa politique agressive à l'exportation pour améliorer les résultats. Malgré un marché perturbé par l'augmentation des matières premières et les guerres de prix avec les Indonésiens, le groupe a gagné des parts de marché en Espagne, en Italie et en Grande-Bretagne. Le leader français des panneaux a ainsi fait bondir ses exportations de 28% en 1994. Des efforts qui lui ont permis de remonter la pente. Après des pertes de 90millions de francs en 1993, le résultat dégage de légers bénéfices, avec un chiffre d'affaires de 2,5milliards de francs.

Pascale LEROY-PAULAY





USINE NOUVELLE N°2487

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