Boeing : les livraisons durement impactées par le retard du 787

Le constructeur de Seattle livrera 30 à 40 avions de moins que prévu en 2008 et perdra 3 à 4 milliards de dollars de chiffre d'affaires à cause du 787 Dreamliner.

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Boeing : les livraisons durement impactées par le retard du 787
A l'occasion de la publication de ses résultats trimestriels, le constructeur américain a précisé -en partie seulement- les conséquences du retard du 787 Dreamliner. Boeing a révisé en forte baisse ses prévisions de livraison et de chiffre d'affaires de la division Boeing Commercial Airplane (avions civils).
Au lieu de produire 515 à 520 appareils en 2008, les usines ne livreront que 480 à 490 avions, soit 30 à 40 de moins. Du coup, les objectifs de chiffre d'affaires pour BCA sont fortement révisés en baisse avec 35-36 milliards de dollars désormais prévus contre 39 à 40 milliards dans les plans initiaux.

Responsable : le décalage de six mois du calendrier du 787, dont le premier exemplaire ne sera livré qu'en décembre 2008 au lieu du mois de mai. Il est très probable que cet avion, qui doit entrer dans la flotte de la compagnie japonaise All Nippon Airways, soit le seul livré pour 2008 alors que le plan initial prévoyait entre 25 et 30 livraisons sur 2008. Du coup, l'objectif de Boeing consistant à livrer 109 Dreamliner sur la période 2008-2009 est fortement remis en cause, même si le constructeur continue de le nier.

La quasi-totalité de la charge industrielle se reporte sur 2009. Or la supply chain du 787, très éclatée entre le Japon, l'Europe et les Etats-Unis, est très tendue. Les grands partenaires du programme, l'américain Vought, l'italien Alenia, les japonais Mitisubishi et Fuji Heavy Industries, comme leurs sous-traitants, sont actuellement dans la phase délicate de montée en cadence, avec la mise en place de stocks intermédiaires tout au long de la chaîne.

En quête de nouveaux fournisseurs de rivets

Le retard de six mois du 787 est notamment dû à une pénurie de fixations, dont le fabricant est le groupe Alcoa. Une bonne partie de ces rivets en titane ont été spécialement conçus pour assembler les parties en matériaux composites du fuselage et de la voilure du 787. Qui dit nouveaux rivets, dit nouveaux process (homologation, réglages, etc...).

Boeing cherche en ce moment à élargir son panel de fournisseurs en homologuant d'autres usines que celles d'Alcoa, notamment en Europe. Par ailleurs, le constructeur travaille d'arrache-pied avec Honeywell pour régler les problèmes de mise au point des logiciels des instruments de vol, autre soucis du Dreamliner.

Mais selon le communiqué de Boeing, ce n'est apparemment pas terminé. Pour rattraper le retard, le groupe a aussi décidé d'augmenter d'environ 15 % ses dépenses de R& D pour 2008, en les portant à 3,3 milliards de dollars. La moitié de l'augmentation sera dédiée au 787.

Boeing reste flou sur plusieurs points : combien de Dreamliner sera-t-il vraiment en mesure de livrer en 2009 ? Beaucoup doutent qu'il puisse tenir ses objectifs. Ensuite, même si les résultats 2007 s'annoncent excellents, le constructeur de Seattle n'a toujours pas évalué les conséquences financières du décalage du 787, notamment en termes de pénalités de retard. Certains clients, comme la compagnie australienne Qantas, ont commencé à évoquer cette menace. L'impact éventuel ne toucherait le groupe qu'à partir de 2008. Boeing a toutefois confirmé ses prévisions de bénéfices par action pour l'année prochaine.

G. L.-B.

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