Blanchiment: Danske Bank quitte la Russie et les pays baltes

par Tarmo Virki et Jacob Gronholt-Pedersen
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Blanchiment: Danske Bank quitte la Russie et les pays baltes
Danske Bank a annoncé mardi qu'elle allait quitter la Russie et les pays baltes après avoir reçu l'ordre de fermer d'ici huit mois sa filiale en Estonie, qui est au coeur d'un vaste scandale de blanchiment d'argent. /Photo d'archives/REUTERS/Ints Kalnins

TALLINN/COPENHAGUE (Reuters) - Danske Bank a annoncé mardi qu'elle allait quitter la Russie et les pays baltes après avoir reçu l'ordre de fermer d'ici huit mois sa filiale en Estonie, qui est au coeur d'un vaste scandale de blanchiment d'argent.

Le Danemark, l'Estonie, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis enquêtent sur 200 milliards d'euros de transactions, dont la plupart sont suspectes, effectuées via la division estonienne de la première banque danoise, à partir notamment de Russie et de plusieurs ex-républiques de l'Union soviétique.

L'autorité de tutelle du secteur financier estonien a demandé mardi à Danske Bank de fermer sa filiale locale et de rendre leur argent à ses clients d'ici huit mois.

Cette décision inattendue a contraint Danske Bank à un revirement complet, elle qui pensait certes réduire ses activités en Estonie mais continuer à servir les filiales de ses clients nordiques dans les pays baltes.

A la suite de l'annonce des autorités estoniennes, la banque danoise a annoncé dans un communiqué l'arrêt de ses activités en Russie, en Estonie, en Lettonie et en Lituanie.

En cumulé, Danske a dégagé en 2018 dans ces quatre pays un revenu de 657 millions de couronnes (88 millions d'euros) et un bénéfice imposable de 183 millions, montre son rapport annuel, soit dans les deux cas moins de 1% de l'ensemble du groupe.

La banque danoise emploie au total plus de 3.000 personnes dans ces pays et une grande partie de ces employés devraient être conservés car l'établissement ne fermera pas son important centre administratif en Lituanie.

En ordonnant à la banque de quitter l'Estonie, Kilvar Kessler, le patron de Finantsinspektsioon, l'autorité estonienne de régulation, s'est montré très critique à l'égard de Danske et a reproché au Danemark sa gestion d'un dossier ayant "porté un coup sévère" à la réputation du secteur financier estonien.

ENQUÊTE DE L'AUTORITÉ BANCAIRE EUROPÉENNE

Le régulateur estonien a été "la seule institution en Estonie ou au Danemark à réagir aux activités de Danske Bank", a-t-il affirmé.

Devant la presse, Kilvar Kessler a dit qu'il n'était "pas convaincu que de telles activités ne se poursuivraient pas au sein de Danske", en jugeant que l'autorité danoise du secteur financier avait traité Danske avec des "gants en soie".

Danske Bank, qui a vu son bénéfice chuter de plus d'un quart l'an dernier, a déclaré que sa décision de cesser ses activités en Russie et dans les pays baltes s'inscrivait dans sa stratégie de recentrage sur la région nordique. Elle a affirmé avoir intensifié ses efforts de lutte contre le blanchiment d'argent.

L'autorité réglementaire du secteur financier du Danemark n'a pas réagi dans l'immédiat.

Cette dernière et son homologue estonienne ont en outre appris mardi qu'elles faisaient l'objet d'une enquête de l'Autorité bancaire européenne (ABE). Celle-ci s'interroge sur une éventuelle violation de la réglementation européenne en matière de blanchiment d'argent chez Danske Bank.

L'affaire Danske Bank, qui porte sur les transferts de fonds entre 2007 et 2015, a soulevé des questions sur la supervision de la banque danoise, ce qui a amené la Commission européenne à demander à l'ABE d'ouvrir une enquête.

Celle-ci durera deux mois et si l'ABE conclut à une violation du droit de l'UE, elle peut faire des recommandations aux deux régulateurs pour corriger ces manquements.

(Avec Huw Jones à Londres; Catherine Mallebay-Vacqueur et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)

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