Bisphénol A : l’Anses invite les industriels à trouver des substituts

L’agence de sécurité sanitaire confirme les risques toxicologiques du bisphénol A pour certaines populations. Aux innombrables industriels concernés de trouver des solutions.

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Bisphénol A : l’Anses invite les industriels à trouver des substituts

"L’Anses persiste et signe." Marc Mortureux n’y va pas par quatre chemins. Le directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a présenté, ce mardi 9 avril, les résultats de la très attendue enquête sur les risques du bisphénol A sur la santé. Fruit de trois années de travail, menée par une centaine de scientifiques, elle confirme en particulier "le risque potentiel pour l’enfant à naître des femmes enceintes exposées".

Si le bisphénol A n’est pas le seul perturbateur endocrinien connu, il est sans conteste l’un des plus médiatisés. Il faut dire qu’il est omniprésent dans notre quotidien : dans les boîtes de conserve, les tickets de caisse et les reçus de retrait bancaire, les grandes bonbonnes d’eau, un certain nombre de récipients plastiques, les conduites des réseaux d’adduction d’eau ou bien encore dans quelques dispositifs médicaux. Il n’est en revanche présent que sous deux formes principales : la résine époxy (qui tapisse les boîtes de conserve) et le polycarbonate (un plastique dur et transparent).

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La balle dans le camp des industriels

Les conclusions de l’Anses sont assez alarmantes. Si l’agence pointe du doigt le risque alimentaire à 80%, elle précise que le bisphénol A cerne également la population via une "pollution diffuse", selon les termes de Marc Mortureux. Autrement dit, les voies respiratoires et cutanées sont également considérées comme problématiques. Parmi les effets identifiés, la modification de la glande mammaire chez l’enfant à naître pouvant favoriser un "développement tumoral ultérieur". Car ce sont bien les femmes enceintes qui présentent les plus grands risques potentiels.

Les experts de l’agence sont donc catégoriques sur les effets potentiels du bisphénol A. Ils admettent cependant un manque de recul scientifique sur les connaissances toxicologiques. Mais enjoignent de toute façon les industriels à mettre au point dès que possible des substituts. "Nous recommandons de diminuer le niveau d’exposition via les aliments au contact de bisphénol A, précise Dominique Gombert, directeur des évaluations des risques au sein de l’Anses. Et il est de la responsabilité des industriels de prouver l’innocuité des substituts avant de les mettre sur le marché."

Au moins 73 substituts identifiés

L’Anses ne se risque pas à indiquer la marche à suivre. Quels sont les contenants les plus problématiques ? Quelles priorités faut-il fixer ? Les données toxicologiques des substituts pourraient-elles être partagées ? L’agence se borne à dénombrer les candidats possibles à la substitution. "Il n’y a pas de substitut universel, reconnaît Dominique Gombert. Nous avons identifié au total 73 familles d’alternatives possibles". Il y en aurait 21 pour le polycarbonate, 18 pour la résine époxy, 34 pour le papier thermique et 33 pour les autres applications. Certains substituts peuvent s’adapter à plusieurs applications.

Dans son document, l’Anses précise que le règlement européen Reach, sur l’enregistrement des substances chimiques, n’est pas à même de garantir l’innocuité de ces alternatives. "Le recensement des données disponibles sur la toxicité des alternatives potentielles au bisphénol A indique que même si la plupart de ces composés chimiques ont été (pré)enregistrés sous Reach, ceux-ci n’ont pas pour autant fait l’objet d’essais complets dans le domaine de la toxicologie […]". D’autant que le comportement des perturbateurs endocriniens remet en cause une grande partie des méthodologies actuelles de toxicologie. La course à la substitution qui s’est engagée pourrait donc réserver quelques mauvaises surprises.

Olivier James

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