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L'Usine Matières premières

Bisbilles autour des exportations de chêne français

Franck Stassi , ,

Publié le , mis à jour le 08/02/2018 À 12H09

Première forêt européenne de chêne et troisième mondiale, la France voit de plus en plus ses grumes issues de forêts privées s’exporter sans transformation préalable, regrette la Fédération nationale du bois. Les industriels réclament des mesures urgentes de soutien à la création locale de valeur ajoutée.

Bisbilles autour des exportations de chêne français

La querelle entre scieurs et propriétaires forestiers est loin d'être éteinte. Selon les industriels du bois réunis au sein de la Fédération nationale du bois (FNB), 25% à 30% de la collecte française de chêne est exportée chaque année sans transformation. La FNB estime qu’en dix ans, la France est passée de 50 000 à 500 000 mètres cubes de grumes exportés.

"La Chine a mis à l’arrêt le développement de ses forêts et interdit la récolte locale du chêne", mais comme sa consommation n'a pas baissé, "tous les pays producteurs sont pris d’assaut. La plupart des pays ont mis en place des mesures de protection : quotas aux Etats-Unis, taxes en Russie, fermeture des frontières en Ukraine et en Bulgarie… Tous nos concurrents se protègent de cette ruée vers le chêne", lance le délégué général de la FNB, Nicolas Douzain. Il appelle aujourd’hui le gouvernement français à mettre en place, lui aussi, des quotas d’exportation par essence et par qualité, ainsi que des engagements pour favoriser le marché national et l’exportation de produits transformés. La Chine achète environ 17,5% des grumes de chêne français ; l’Europe et les pays tiers environ 7,5%.

Quel périmètre ?

La France produit aujourd’hui 1 million de m3 de chêne dans le circuit privé, et autant dans les forêts publiques. "On ne peut pas accepter que nos usines manquent de bois alors que les forêts françaises ont fait l’objet de subventions. Si on ne fait rien de façon urgente, notre filière de première transformation sera décapitée. Nous demandons des mesures de limitation de l’export des grumes, mais également de conditionner les aides aux propriétaires. Et il faut un dispositif de labellisation sur le made in France. On continuera à exporter, mais des produits transformés", poursuit Nicolas Douzain. La filière bois emploie 440 000 personnes en France, dont 26 000 dans la scierie de chêne. En l'absence de mesures politiques de protection, ces postes seraient menacés, alerte la FNB.

A la tête du Syndicat de la filière bois, créé en 2016 (229 millions de chiffre d’affaires, soit 80% de l’exploitation forestière en France) à l’initiative d’acteurs ayant quitté la FNB, Laurent Maréchaux tempère ce cri d’alarme. "Le chêne représente 25% de la forêt française et 12% du bois d’œuvre récolté, aux côtés d’autres espèces. Pour sauver la forêt française qui doit être reboisée, les propriétaires doivent revendre les essences qui n’intéressent pas les scieurs français comme le frêne, le hêtre, le peuplier, le châtaignier… ainsi que les petits volumes de chêne. Ces volumes de bois confèrent des revenus qui permettent de renouveler les forêts", indique-t-il. La forêt française est composée à 36% de résineux et à  64% de feuillus (dont 44% de chêne).

La compétitivité des usines en question

Les propriétaires privés regrettent le manque de compétitivité des scieries françaises, et suggèrent d’établir des contrats entre fournisseurs et industriels. 30 entreprises de transformation du bois ferment chaque année leurs portes depuis 2005, rétorque la FNB, qui s’est associée à plusieurs fédérations professionnelles (bâtiment, parquets, escaliers…) dans son offensive. 400 000 m3 de récolte de chêne ont été perdus entre 2007 et 2017, selon la FNB, malgré une hausse de 65% à 100% des prix selon les essences. "On sent encore les conséquences de la tempête de 1999", regrette Nicolas Douzain.

"Il n’est pas pas possible d’obliger à vendre aux scieries françaises. On ne peut pas passer sous silence l’export de bois de mauvaise qualité en Chine. De plus, les chênes de qualité inférieure et notamment les petits diamètres, de moins de 40 centimètres, n’intéressent pas ou peu les transformateurs français. De plus, si les scieurs acceptent de mettre le prix, ils disposeront toujours de la matière dont ils ont besoin. Nous avons rencontré le gouvernement. On pourrait faire des contrats de préférence envers les scieurs français. La FNB préfère un système dirigiste et coercitif. Deuxième chose, nous avons proposé de créer une bourse d’échange en ligne avec les scieurs, un système refusé par la FNB", lance pour sa part Laurent Maréchaux.

Au-delà de ces bisbilles, le rebond du BTP (60% des débouchés du bois) constitue en revanche une lueur d’espoir pour les scieries, avec un rebond de leur volume d’activité compris entre 5% et 10% depuis l’an dernier.


Stéphane Travert compte favoriser la transformation en France

Mercredi 7 février, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Stéphane Travert, a indiqué vouloir favoriser la transformation en France du chêne français issu de forêts privées. Le label "Transformation UE", porté par l'Association pour l'emploi des chênes et des feuillus (APECF), l'une des composantes de la FNB, pourrait être élargi à la forêt privée. S'applicant uniquement à l'essence chêne, il stipule que les entreprises labellisées doivent "être en capacité d’apporter la preuve de l’exécution de la première transformation industrielle sur le territoire de l’Union européenne". "Nous souhaitons encourager les acteurs de la filière à contractualiser pour sécuriser les approvisionnements en chêne et accroître la compétitivité des unités de première transformation à travers l'innovation et à travers l'investissement", a indiqué Stéphane Travert. Le président du conseil d'administration de l'Office national des forêts, Jean-Yves Caullet, est par ailleurs charger d'accompagner les fédérations professionnelles dans l'élaboration d'un plan forêt bois. Il s'était déjà vu confier, fin 2012, une mission sur l'avenir de la forêt française et de la filière bois, en préparation de la loi d'avenir sur l'agriculture.

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